Avec Fatales, publié aux éditions Akata en août 2026, Tomoko Yamashita nous invite à plonger dans des histoires où la mort et le désir ne sont jamais très loin l’un de l’autre.
Ce recueil de sept nouvelles, mêlant récits inédits, boy’s love et textes issus de fanzines, offre un panorama de l’univers de l’autrice. Le point de départ est séduisant : explorer ce que l’humain a de plus intime et de plus inavouable. Si la promesse est tenue sur la forme, elle peut cependant laisser un léger goût d’inachevé sur le fond.
Un trait mêlant poésie et immersion
C’est le premier atout du recueil, et sans doute le plus évident. Le dessin de Yamashita est fin, détaillé, riche en nuances, et pourtant toujours limpide : on lit chaque case sans effort, sans jamais se perdre dans la complexité du trait. Cette clarté donne à l’ensemble une véritable dimension poétique.
L’image ne se contente pas d’illustrer le récit, elle dit quelque chose des silences, des tensions et des non-dits. Cette patte artistique donne au recueil une identité forte et reconnaissable dès les premières pages.
La vérité de l'humain sans excès
Au-delà de l’esthétique, Fatales frappe par sa justesse. Les récits abordent la psychologie humaine dans toute sa brutalité : pulsions, failles, désirs qu’on n’ose pas formuler. Cependant, à chaque instant, l’autrice évite la tentation du gore gratuit.
La violence reste avant tout psychologique, suggérée plutôt qu’exhibée, ce qui la rend d’autant plus dérangeante et plus vraie. On sent une vraie profondeur dans l’observation, une humanité qui ne cherche ni à juger ni à enjoliver.
Un format laissant peu de place à la profondeur
C’est ici que Fatales peut décevoir. Si l’idée de départ est excellente, les nouvelles restent en suspens : elles effleurent leurs sujets sans tenter de réellement les creuser. Pour qui espérait une véritable exploration de la psyché humaine, la frustration peut être réelle.
Il faut toutefois rendre justice au format : le récit court n’est pas fait pour s’attacher durablement à des personnages ni pour déployer une analyse approfondie. Peut-être l’ambition de Yamashita n’était-elle d’ailleurs pas là, mais plutôt dans l’instantané, la touche, l’impression laissée au lecteur.
En conclusion
Fatales est un recueil qui séduit par son graphisme et par la sincérité de son regard sur l’humain, mais qui peut laisser le lecteur sur sa faim quant à la profondeur de l’exploration.
Une lecture troublante et très intéressante, qui donne surtout envie de découvrir ce que l’autrice pourrait accomplir sur un format plus long.