Princesse Sarah, un classique de notre enfance (Nékomé)

Publié le 27 octobre 2026 à 16:03

Un dessin animé tiré d'un livre pour enfants

 

Cette série est adaptée du roman pour enfants La Petite Princesse, écrit en 1888 par Frances Hodgson Burnett. L'adaptation reste globalement fidèle à l'œuvre originale, tout en apportant quelques changements afin d'enrichir l'histoire.

Certains personnages ont ainsi été créés spécialement pour la série, comme Peter, le poney Jump ou encore le perroquet Bonaparte. D'autres ont simplement changé de nom : Marguerite, par exemple, s'appelle Ermengarde dans le roman. De même, le prénom de Sarah s'y écrit sans « h ».

On peut également relever quelques anachronismes très subtils, comme l'apparition d'un omnibus à la fin de la série, un moyen de transport qui n'existait pas encore en 1885.

 

L’histoire se déroule sur un peu plus d’un an dans la série, contre environ deux ans dans le roman. Sarah y est également plus âgée : elle a onze ans lorsqu’elle arrive à la pension, alors que dans la série, elle n’en a que huit.

Cependant, ces quelques différences n’altèrent en rien la trame de l’histoire et permettent d’offrir davantage d’anecdotes et de faits durant les 46 épisodes.

 

Princesse Sarah (小公女セーラ, Shōkōjo Sēra), littéralement traduit par Sarah, la petite princesse, est une série télévisée japonaise de 46 épisodes de 25 minutes. Créée en 1985 par Ryūzō Nakanishi et réalisée par Fumio Kurokawa, elle a été diffusée au Japon la même année, puis est arrivée en France en 1987. Depuis, elle a fait l’objet de nombreuses rediffusions.

Et qui pourrait oublier le générique entêtant de cette série ? En France, le même morceau est utilisé au début comme à la fin des épisodes. Au Japon, en revanche, la série propose un générique d’ouverture, Soupirs d’une fleur, et un générique de fin, Tournesol.

 

 

Dès sa première diffusion en France, sur La Cinq en 1987, la série rencontre un vif succès. Sa rediffusion sur TF1 en 1994 confirme cet engouement, tandis que son retour sur France 5 durant l’été 2002 enregistre des audiences record. En 2020, les aventures de Sarah séduisent de nouveau un large public sur YouTube.

En France, la série est d’abord éditée en huit DVD par AB Vidéo en octobre 2008. En novembre 2016, elle bénéficie d’une nouvelle édition sous la forme d’un coffret DVD réunissant l’intégralité de la série dans une version remastérisée et non censurée.

Cette édition offre une image et un son restaurés, les titres japonais originaux, les teasers de fin d’épisode ainsi que des séquences jusque-là inédites en France. Les bonus restent identiques à ceux des précédentes éditions, mais une option supplémentaire permet de choisir entre les génériques en VF et en VO.

La série paraît ensuite en Blu-ray chez AB Vidéo en 2018, en VF et en VOST.

 

Des personnages attachants

 

Sarah Crewe et son père arrivent en Angleterre, plus précisément à Londres. La jeune fille intègre le pensionnat de Mlle Mangin, réservé aux filles de familles aisées. Considérée comme une véritable princesse, elle profite de nombreux privilèges. Mais la mort de son père bouleverse son existence : Sarah perd son statut et devient domestique au sein du pensionnat. Elle doit alors mener une vie de labeur. Heureusement, elle pourra compter sur ses fidèles amis et sur sa grande force de caractère.

 

 

 

 

La force de cette série réside dans ses personnages attachants, que l'on prend plaisir à suivre au fil de leurs aventures. Si Sarah en est l'héroïne, de nombreux personnages secondaires occupent eux aussi une place essentielle et reviennent dans presque tous les épisodes : Becky, la jeune servante qui soutient Sarah dans leur misérable condition ; Peter, le petit garçon débrouillard qui lui vient souvent en aide ; Marguerite, son amie aussi maladroite que timide ; ou encore Lottie, la fillette qui voit Sarah comme une mère. Sans oublier Monsieur Carrisford, l'ami du défunt père de Sarah, et Sam Dass, son fidèle serviteur, ainsi que tous ces petits rôles qui viennent enrichir et rythmer cette belle histoire.

 

Comme dans toutes les belles histoires, des personnages malveillants s'acharnent également sur Sarah. Parmi eux figure Mlle Mangin, incapable de supporter la force de caractère de la jeune fille. Il y a aussi Lavinia — qui rappellera sans doute une certaine Nelly Oleson aux plus anciens —, cette peste blonde qui jalouse Sarah dès leur première rencontre, entourée de ses deux suivantes qui lui obéissent au doigt et à l'œil. Sans oublier James et Marie, le couple d'employés de maison, toujours prompts à confier les tâches les plus ingrates à Sarah et Becky. Difficile d'apprécier ces personnages, tant ils semblent prendre plaisir à rendre Sarah malheureuse par tous les moyens.

 

Une dénonciation de la société de l'époque

 

On observe une véritable solidarité entre les personnages les plus pauvres, comme Peter et Becky, qui viennent en aide à Sarah. Au marché, notamment, Peter lui permet de faire de bonnes affaires grâce à ses combines. Becky, quant à elle, l’aide à accomplir les tâches les plus difficiles. Lorsqu’elles sont privées de repas, elles partagent également leur nourriture.

Les personnages les plus aisés, en revanche, font preuve de bien peu de compassion envers les plus démunis, y compris les enfants. À leurs yeux, ces derniers ne font partie que du décor, sans réellement appartenir à leur monde. Personne ne semble s’émouvoir en voyant Sarah s’effondrer sur le trottoir sous le poids de son panier, pas plus qu’en croisant une jeune mendiante affamée.

L’œuvre dénonce ainsi clairement l’hypocrisie sociale. La richesse procure de nombreux privilèges et une position avantageuse, tandis que la pauvreté n’attire que le mépris et l’indifférence. Lorsque Sarah perd sa fortune, la cruauté de Mlle Mangin peut enfin se manifester ouvertement, alors qu’elle la dissimulait tant que Sarah était riche.

 

Cette histoire se déroule dans le Londres de l’époque victorienne, au milieu du XIXe siècle, en pleine révolution industrielle et durant l’apogée de l’Empire britannique des Indes. Sarah a d’ailleurs vécu en Inde avant de venir s’installer en Angleterre. 

Tout au long des épisodes, les inégalités entre les classes sociales sont particulièrement marquées. D’un côté, les élèves du collège, toutes issues de familles aisées ; de l’autre, une population plus modeste, qui travaille dans les rues ou au service des familles fortunées. La série met notamment en lumière de nombreux enfants pauvres, affamés et contraints de voler pour survivre. Beaucoup travaillent dès leur plus jeune âge afin d'apporter un soutien financier à leur famille souvent nombreuse. Ce qui était véridique à l'époque. 

 

Les jeunes filles de cette époque étaient élevées selon les traditions afin de devenir de futures épouses. Elles devaient être cultivées puisqu'elles suivent des cours de matières générales mais aussi de bonne tenue et de danse. A aucun moment, l'une d'entre elle évoque un futur métier. Elles doivent se conduire selon les codes de l'époque.  Leurs parents vivent leur vie mondaine sans elles confiées à ce pensionnat. 

La force de caractère de Sarah

 

 

Sarah nous montre que l'imagination permet d'affronter toutes les épreuves en illuminant les moments les plus cruels. Elle lui offre une échappatoire à sa misérable condition, tout en l'aidant à préserver son espoir.

Elle est convaincue que l'âme d'une princesse réside en chacun de nous, dans notre capacité à faire preuve de générosité, de bienveillance, de courage et de maîtrise de soi face à l'adversité. Au pensionnat, elle est d'ailleurs d'abord surnommée « Princesse Sarah », puis « la Princesse diamant ».
Malgré sa condition de servante, elle conserve une attitude digne et s'efforce de faire le bien en restant toujours bienveillante. On peut parfois se demander comment elle parvient à garder autant de calme et de résilience...

Sarah dénonce la société victorienne et capitaliste de son époque, fondée sur les apparences et l'hypocrisie, où la valeur d'une personne dépend de sa fortune plutôt que de son caractère ou de ses qualités. Elle incarne ainsi la noblesse des sentiments et la force d'un esprit indomptable, ce qui fait d'elle une véritable princesse, sans couronne ni somptueuse robe.

 

 

 

Dans cette série, Emilie occupe elle aussi une place centrale. Il s'agit de la poupée de Sarah, que cette dernière considère comme sa propre fille. Pour Sarah, Emilie incarne le seul lien qui la relie encore à son père : ils l'ont trouvée ensemble, après de longues recherches. Elle lui parle comme à une enfant, malgré son silence, et s'accroche à cette poupée qu'elle humanise, lui imaginant une vie lorsqu'elle est absente.

Présente du début à la fin du dessin animé, Emilie peut ainsi être considérée comme un personnage muet à part entière.

 

 

 

Heureusement, Sarah garde espoir, et la vie finira par lui sourire. Cette histoire s'apparente en réalité à un conte de fées. La bienveillance de certains personnages permet à Sarah de survivre et d'illuminer son quotidien malheureux.
Dans certains épisodes, nous avons véritablement l'impression d'être plongés dans un conte de fées, notamment lorsque la mansarde de Sarah se transforme en une chambre de princesse. Elle-même croit alors vivre un rêve !

Tout au long du récit, nous espérons que sa situation s'arrangera et connaîtra une issue heureuse plutôt que tragique. Nous souhaitons que la chance tourne enfin pour Sarah et qu'elle puisse retrouver une vie de petite fille de son âge.

 

Tout comme Miss Amélia, la sœur de Mlle Mangin, elle éprouve de la pitié pour Sarah et prend parfois sa défense. Contrairement à sa sœur tyrannique et cruelle, Miss Amélia finit par s’opposer fermement à elle face à son attitude odieuse.

Verdict : un retour en arrière dans nos souvenirs

 

 

Princesse Sarah est une série animée emblématique de notre enfance, du moins pour les quarantenaires. On la regarde toujours avec le même plaisir, tant elle nous replonge dans nos souvenirs : certaines scènes marquantes, le générique ou encore ses personnages inoubliables.

Les dessins, simples et traditionnels, n'ont recours ni à la 3D ni aux images de synthèse. Les expressions sont parfois un peu figées, comme dans beaucoup de dessins animés de cette époque, mais les regards sont incroyablement expressifs. La bande sonore, sobre et efficace, accompagne parfaitement les moments de joie comme les passages plus tristes.

L'adaptation reste fidèle au livre, que j'ai lu à plusieurs reprises. Elle l'enrichit certes par l'apparition de quelques personnages supplémentaires, mais ceux-ci s'intègrent naturellement à l'histoire. Pour une personne n'ayant pas lu le roman, ces ajouts ne sont absolument pas choquants.

Princesse Sarah, malgré une intrigue en apparence simple, porte aussi un regard critique sur la société victorienne, fondée sur les apparences et la richesse, souvent au détriment de la valeur humaine de chacun. La résilience et le courage de Sarah illustrent ce qu'est une véritable princesse : une personne qui se distingue par son caractère, et non par ses tenues ou ses coiffures. L'auteure du roman insiste également sur l'importance de l'éducation et des études pour les jeunes filles.

Par moments, Sarah peut paraître agaçante, notamment par sa petite voix parfois geignarde ou son attitude soumise face à ses ennemies, malgré sa grande force de caractère. N'oublions toutefois pas qu'il s'agit avant tout d'une série destinée aux enfants : avec notre regard d'adulte, nous percevons certaines nuances qu'un enfant ne remarque pas forcément.

 Cependant, Princesse Sarah restera un dessin animé marquant des années 80, nos ramenant en arrière à chaque visionnage. Qui n'est jamais tombé par hasard sur un épisode rediffusé et n'est pas resté devant retombant en enfance ou adolescence ? Les paroles du générique lui revenant en tête aussitôt et le pire, lui restant en tête ! Ce dessin animé sans scène de violence, de combat, de sang, représente certaines codes de l'époque un peu comme Candy avec une gentille héroïne qui garde toujours espoir. Il nous offre une parenthèse d'innocence et de positif. 

 

Par Nékomé 

 


Note Nékomé