Présentation Générale:
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Titre : Serious Sam Shatterverse
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Développeur / Editeur : Behaviour Interactive / Devolver Digital
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Plateformes : PC - Steam
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Date de sortie : 31 août 2026
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Genre : FPS / Roguelite / Action / Coop
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Prix : 19.99€
La note des lecteurs sur ce titre :
ECOSCORE PGM
Transformer Serious Sam en roguelite avait quelque chose d'assez logique. Depuis toujours, la licence repose sur des affrontements frénétiques, des quantités absurdes d'ennemis et un héros qui règle généralement les problèmes avec suffisamment de munitions pour ravitailler une petite armée.
Shatterverse récupère cette philosophie et lui ajoute des runs, des armes à rareté variable, des affixes, des améliorations temporaires, une progression permanente et plusieurs versions de Sam aux capacités différentes.
Le mélange fonctionne parfois étonnamment bien. Le problème est justement ce « parfois ».
Car derrière ses bonnes idées et plusieurs séquences franchement grisantes se cache une boucle roguelite qui peine à produire ce sentiment indispensable du « encore une partie ». Plus les tentatives s'enchaînent, plus certaines faiblesses d'équilibrage et de progression viennent grignoter le plaisir initial.
Graphismes
Visuellement, Serious Sam: Shatterverse provoque une première impression assez particulière. Sam lui-même possède volontairement une modélisation très anguleuse, presque anachronique pour un jeu sorti en 2026. Pourtant, cette direction devient rapidement plus compréhensible lorsque les différentes versions du personnage apparaissent. Retro Sam, Cartoon Sam ou Alien Sam confirment que le jeu préfère jouer avec les différentes représentations de son héros plutôt que rechercher un réalisme quelconque.
Les environnements sont en revanche beaucoup plus propres. Les arènes sont lisibles, suffisamment colorées et laissent assez de place pour gérer les importantes vagues d'ennemis. Les explosions, impacts et gerbes de sang participent efficacement au chaos général.
Techniquement, ce n'est clairement pas une vitrine graphique. Artistiquement, l'ensemble possède toutefois suffisamment de personnalité pour que son aspect parfois daté ressemble davantage à un parti pris qu'à une véritable faiblesse.
Gameplay
C'est évidemment ici que Shatterverse joue sa partie la plus importante. Le cœur de Serious Sam reste présent. On court, on saute, on glisse, on utilise le grappin et surtout on tire sur tout ce qui bouge. Les ennemis peuvent arriver de plusieurs directions simultanément et obligent constamment à rester mobile. L'absence de dégâts de chute contribue d'ailleurs intelligemment à cette volonté de ne jamais casser le rythme.
Lorsqu'une séquence fonctionne, le plaisir est immédiat. Un fusil à pompe au bon moment, une arme automatique correctement améliorée ou une capacité ultime lancée au milieu d'une masse d'adversaires suffit à transformer l'écran en joyeux carnage.
Le système de loot ajoute une véritable dimension supplémentaire. Les armes disposent d'affixes modifiant leurs caractéristiques, tandis que certains bonus imposent de choisir entre puissance et contraintes. Une amélioration peut augmenter les dégâts tout en diminuant le chargeur, une autre modifier la cadence ou ajouter des propriétés particulières.
L'armurerie permet ensuite de débloquer durablement armes, affixes, renseignements et nouveaux Sam. Les accessoires apportent encore une couche supplémentaire avec leurs améliorations et leur système de recyclage. Sur le papier, tout est donc réuni pour créer une excellente boucle de roguelite. Et pourtant, quelque chose coince.
Certains ennemis provoquent des dégâts extrêmement élevés et peuvent faire basculer une situation en quelques secondes. Cela ne serait pas nécessairement problématique si chaque défaite donnait immédiatement envie de comprendre son erreur et de repartir.
Mais lorsque plusieurs tentatives ramènent au même mur, l'impression de progression finit par disparaître. La frustration remplace alors progressivement le plaisir. Le jeu n'est donc pas désagréable à jouer. C'est même tout le paradoxe : son gameplay peut être franchement plaisant avant de réussir presque aussitôt à casser l'élan qu'il venait de créer.
Bande Son
La partie sonore accompagne correctement le carnage sans véritablement prendre le dessus sur celui-ci. Les musiques savent soutenir les phases les plus intenses et restent cohérentes avec l'action permanente recherchée par le jeu. Les bruitages des armes, impacts et explosions jouent finalement un rôle plus important encore puisqu'ils participent directement à la sensation de puissance. La bande-son ne constitue pas un élément mémorable de l'expérience, mais elle ne vient jamais non plus réellement la desservir. Même dans les moments où le jeu commence à montrer ses limites, la musique reste l'un des éléments qui continuent correctement à accompagner l'action.
Histoire et narration
Uber Mental a fracturé les murs entre les univers. Les différentes versions de Sam doivent désormais coopérer au sein du programme Serious afin de traverser le Shatterverse et éliminer cinq lieutenants responsables du chaos. Voilà essentiellement ce qu'il faut retenir.
L'histoire sert surtout à justifier la structure multivers et la présence de plusieurs déclinaisons du héros. Chacune dispose cependant d'une identité, d'une capacité ultime et de caractéristiques particulières.
Retro Sam peut notamment utiliser des clones tandis qu'Alien Sam privilégie davantage le corps-à-corps. Cartoon Sam pousse encore plus loin le délire en transformant son ultime en gigantesque canon.
Les répliques permanentes participent également à l'identité de la licence, avec cet humour volontairement excessif qui peut rappeler par moments Duke Nukem ou Borderlands. On ne vient clairement pas chercher une grande narration dans Shatterverse. Le scénario remplit principalement son rôle de prétexte au carnage.
Durée de vie et rejouabilité
Sur le papier, la structure roguelite permet évidemment à Shatterverse de proposer une durée de vie importante. Il faut débloquer les différents Sam, améliorer les capacités, récupérer de nouveaux affixes, enrichir son arsenal et progresser à travers plusieurs actes. Chaque run peut également être modifiée par les améliorations obtenues en cours de route.
Le problème vient moins de la quantité de contenu que de l'envie de continuer à l'explorer. Une première mission peut déjà dépasser la vingtaine de minutes, et certaines tentatives beaucoup plus courtes donnent pourtant le sentiment d'avoir extrêmement peu progressé.
Pour un roguelite, c'est un problème majeur. La répétition n'est pas une faiblesse en soi dans ce genre. Elle devient problématique lorsque le joueur commence à considérer le chemin à refaire plutôt que les nouvelles possibilités qu'il pourrait découvrir. La durée de vie potentielle est donc bonne. La capacité du jeu à donner envie d'en profiter est beaucoup plus discutable.
Eléments techniques
Shatterverse ne demande que 10 Go d'espace disponible selon sa fiche Steam, ce qui reste particulièrement raisonnable pour une production moderne. La configuration minimale repose sur une GTX 1050 Ti ou une Radeon RX 560X pour du 1080p en qualité basse à 30 images par seconde. La recommandation grimpe cependant jusqu'à une RTX 2080 ou une Radeon RX 7600 pour viser le 1080p à 60 images par seconde en qualité élevée.
Depuis sa sortie, Behaviour Interactive continue également d'apporter différentes corrections. Une mise à jour publiée le 9 septembre corrigeait notamment plusieurs problèmes d'interface et apportait différentes améliorations de confort.
Ce sont surtout plusieurs détails de finition qui viennent dégrader l'expérience : certains textes disparaissent trop rapidement, quelques formulations françaises sont maladroites et l'intégration générale manque parfois de polish. Rien qui rende le jeu injouable, mais suffisamment de petites aspérités pour rappeler que l'ensemble aurait mérité davantage de finition.
Accessibilité
Le jeu propose une interface et des sous-titres français, ce qui constitue évidemment un bon point. Malheureusement, la localisation donne parfois l'impression de ne pas avoir été entièrement adaptée. Certaines formulations sont étranges et plusieurs indications utilisent directement la nomenclature QWERTY alors que le joueur utilise un clavier AZERTY. Devoir interpréter ou remapper ses touches alors que le jeu est officiellement localisé en français est difficilement défendable en 2026.
Le gameplay reste en revanche assez simple à comprendre. Les mécaniques du roguelite sont progressivement présentées et l'armurerie explique correctement le fonctionnement des armes, affixes et améliorations. La difficulté et surtout certains pics de dégâts peuvent toutefois constituer une barrière supplémentaire pour les joueurs moins habitués au genre.
Sentiment du testeur
C'est probablement la catégorie la plus compliquée à juger, parce que Serious Sam: Shatterverse n'est absolument pas un mauvais jeu. Et c'est justement ce qui rend son cas frustrant. Il possède des qualités évidentes. Le gunplay fonctionne. Les combats peuvent être très amusants. Le système d'affixes est intéressant. Les différentes versions de Sam possèdent suffisamment de particularités pour donner envie de les essayer.
Il existe réellement des moments où tout s'aligne et où le jeu devient exactement ce qu'il devrait être : une gigantesque machine à produire du chaos. Puis quelque chose se brise. On reprend trop de dégâts. Une tentative se termine brutalement. On recommence et on retrouve le même mur. La sensation d'avancer s'efface peu à peu.
Dans un The Binding of Isaac, mourir fait partie intégrante du plaisir parce que chaque tentative permet malgré tout d'apprendre quelque chose, d'expérimenter un nouveau build ou simplement de vouloir repartir immédiatement.
Avec Shatterverse, cette envie n'est pas toujours là. Le plus révélateur reste probablement que même après avoir reconnu ses qualités, le sentiment final demeure le même : difficile d'accrocher suffisamment pour avoir envie de continuer.
La coopération aurait potentiellement pu changer considérablement cette perception. Malheureusement, plusieurs recherches successives n'ont permis de trouver aucune escouade disponible. Pour un titre proposant le jeu jusqu'à cinq joueurs et sorti seulement depuis quelques semaines, c'est particulièrement regrettable. Il serait injuste de démolir Shatterverse. Mais il serait tout aussi malhonnête de prétendre que ses bons moments suffisent à effacer ses problèmes.
| Critères | Notes |
|---|---|
| Graphismes | 7/10 |
| Gameplay | 12/20 |
| Bande son | 7/10 |
| Histoire et narration | 5/10 |
| Durée de vie et rejouabilité | 6/10 |
| Eléments techniques | 6/10 |
| Accessibilité | 6/10 |
| Sentiment du testeur | 11/20 |
| Note finale | 60/100 |
J’aime en 5 points
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Gunplay nerveux
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Sam alternatifs
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Affixes variés
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Carnage permanent
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Univers assumé
J’aime moins en 5 points
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Progression frustrante
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Dégâts déséquilibrés
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Matchmaking désert
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Traduction maladroite
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Runs peu gratifiantes
Conclusion
Serious Sam: Shatterverse est probablement plus frustrant qu'un mauvais jeu, parce qu'il possède suffisamment de qualités pour montrer régulièrement ce qu'il aurait pu devenir. Son gunplay est efficace, ses armes sont plaisantes, les différents Sam apportent de véritables variations et transformer l'écran en gigantesque champ de bataille reste toujours aussi jouissif.
Le passage au roguelite n'était donc absolument pas une mauvaise idée. C'est son exécution qui laisse un goût d'inachevé. La progression peine à produire suffisamment de satisfaction, certains affrontements provoquent des pics de difficulté discutables et la répétition finit parfois par donner davantage l'impression de perdre son temps que de construire une nouvelle tentative.
Le résultat possède donc de bonnes bases, mais il lui manque cette mécanique presque magique des meilleurs représentants du genre : mourir et avoir immédiatement envie d'appuyer sur « recommencer ». Avec Shatterverse, cette envie existe parfois. Puis elle disparaît presque aussi vite qu'elle est arrivée.