Savoie Retrogames 2026 : Paul Cuisset redonne vie à Darkstone : « Ce n’est pas un remake, c’est une restauration »

Publié le 5 octobre 2026 à 17:45

Le créateur de Flashback revient sur l’un de ses jeux emblématiques avec DarkStone Restoration, une restauration pensée pour préserver l’œuvre de 1999 tout en l’adaptant aux machines et aux habitudes des joueurs d’aujourd’hui.

Paul Cuisset est l’un des grands noms de la « French Touch » du jeu vidéo. Programmeur, game designer et figure majeure de Delphine Software, il a participé à plusieurs titres qui ont marqué les années 1990, parmi lesquels Les Voyageurs du Temps, Operation Stealthet Croisière pour un cadavre. Il est surtout connu comme le créateur de Flashback, immense succès sorti en 1992, mais également pour Fade to Black, Moto Racer et bien sûr Darkstone

Sorti à l’origine en 1999, Darkstone proposait un action-RPG mêlant exploration, combats, quêtes, donjons et collecte d’équipement. Plus de 25 ans plus tard, Paul Cuisset a décidé de replonger lui-même dans son œuvre avec DarkStone Restoration.

Restaurer plutôt qu'un Remake !

Lors de notre rencontre, Paul Cuisset insiste immédiatement sur une nuance essentielle : il ne s’agit pas d’un remake. L’objectif n’est pas de reconstruire Darkstone sous une nouvelle forme, mais de reprendre le jeu d’origine afin de lui permettre de fonctionner correctement sur les ordinateurs modernes.

« L’idée au départ, c’était de refaire tourner ce jeu qui a été fait en 1999 et qui ne tourne plus, ou mal, sur les machines d’aujourd’hui », nous explique-t-il.

Et la démarche va particulièrement loin puisque le créateur ne s’appuie pas simplement sur une émulation de l’ancien jeu. Le code original est repris, recompilé et adapté, notamment au niveau des différentes bibliothèques nécessaires à son fonctionnement.

Le but : conserver Darkstone, mais lui permettre de profiter des PC actuels, des résolutions modernes, des écrans larges et d’une interface capable de s’adapter aux nouveaux formats.

Le jeu de 1999, avec le confort de 2026

Cette restauration ne consiste cependant pas uniquement à rendre l’ancien programme compatible avec Windows moderne. Paul Cuisset profite également de ce travail pour apporter de nombreuses améliorations de confort, aujourd’hui communément appelées « quality of life ».

Interface plus lisible, adaptation aux différentes résolutions, prise en charge moderne des contrôleurs, améliorations de l’inventaire ou encore différents automatismes : l’idée est de supprimer certaines lourdeurs liées à l’âge du titre sans transformer ce qui faisait son identité.

« L’objectif est d’améliorer le jeu et pas de changer sa nature, mais de le rendre plus accessible au public d’aujourd’hui », résume Paul Cuisset.

Une philosophie particulièrement intéressante à l’heure où de nombreux classiques reviennent sous la forme de remakes parfois profondément différents de leurs modèles.

Une restauration encore en chantier

DarkStone Restoration est actuellement disponible en Early Access sur Steam. La campagne solo est déjà jouable intégralement, mais Paul Cuisset poursuit encore le développement et les tests de plusieurs fonctionnalités.

L’un des principaux chantiers concerne notamment le multijoueur jusqu’à quatre joueurs.

« Le jeu peut se jouer à quatre en multi », nous précise-t-il. Cette partie est encore en développement et n’est donc pas considérée comme totalement opérationnelle. Les joueurs qui souhaitent participer aux essais peuvent toutefois accéder à la version bêta et contribuer aux tests.

Une manière également d’associer la communauté à cette restauration et de recueillir des retours avant l’intégration définitive des différentes fonctionnalités.

Préserver un morceau de l’histoire du jeu vidéo français

Derrière DarkStone Restoration se cache finalement une démarche qui dépasse la simple ressortie nostalgique. Paul Cuisset retourne directement dans le code d’un jeu qu’il a lui-même conçu il y a plus d’un quart de siècle afin de lui offrir une nouvelle vie, sans chercher à effacer son âge ni à remplacer l’œuvre originale.

C’est précisément ce qui rend le projet particulièrement intéressant : retrouver le Darkstone de 1999, avec son identité et ses mécaniques, mais débarrassé d’une partie des contraintes techniques qui rendaient son utilisation difficile sur les machines modernes.

À une époque où la préservation du patrimoine vidéoludique devient un véritable enjeu, voir l’un des grands créateurs français reprendre lui-même le code de son jeu pour le transmettre à une nouvelle génération possède forcément une saveur particulière.

Darkstone n’est donc pas remplacé : il est restauré. Et lorsque l’artisan chargé de la restauration n’est autre que son créateur original, difficile d’imaginer démarche plus fidèle à l’œuvre de départ.