Costume impeccable, flegme à toute épreuve et bonnes manières érigées en art de vivre : Monsieur Pof détonne dans les allées survoltées de la Paris Manga. Le célèbre créateur de contenu, véritable ambassadeur de l'élégance sur les réseaux sociaux, a accepté de répondre aux questions de Petits Gamers Magazine. Entre son regard exigeant sur l'industrie vidéoludique, ses combats personnels contre les jeux chronophages et ses astuces pour éviter le redoutable « rage quit », rencontre avec un gentleman qui prouve que l'on peut garder son sang-froid, même la manette en main.
Petits Gamers Magazine : Comment parvient-on à survivre à l'effervescence et à la foule d'un événement comme la PM ?
Monsieur Pof : Je dirais qu'il n'y a pas à survivre ou à ne pas survivre à une telle chose. Vous savez, cela me donne surtout l'occasion de rencontrer ma communauté et mes abonnés. Je suis donc assez reconnaissant d'avoir cette opportunité.
Avez-vous tout de même trouvé un endroit convenable pour prendre le thé au milieu de ce salon ?
Heureusement, non. Il faut avouer que le seul moment que j'aurais eu pour prendre le thé aurait été à la porte d'embarquement avant d'arriver à Paris. Malheureusement, un bagage abandonné a créé une certaine effervescence atomique !
Si vous deviez exceptionnellement troquer votre célèbre costume-cravate pour la tenue d'un personnage de pop culture, qui auriez-vous l'audace d'incarner ?
Je dirais le Marsupilami. Cela m'a l'air d'être un costume original et assez rebondissant.
Nos lecteurs se posent une question cruciale : à quoi joue Monsieur Pof quand il pose sa tasse ? Êtes-vous plutôt jeu calme, de gestion, ou avez-vous un penchant secret pour l'action frénétique ?
Pendant longtemps, j'ai eu une certaine addiction pour un jeu de stratégie appelé Teamfight Tactics (sur League of Legends). C'est un grand mal chronophage qui s'est emparé de la plupart de mes journées et contre lequel je lutte aujourd'hui pour procéder à une certaine désintoxication, afin de pouvoir me focaliser sur mon art. J'entretiens donc une relation d'amour et de haine avec le jeu vidéo, mais je fais de mon mieux !
Face à un niveau impossible ou un game over injuste, un gentleman se laisse-t-il aller à un rage quit ? Comment exprimer sa frustration manette en main, tout en conservant ses bonnes manières ?
Je dirais que, dans la mesure du possible, il faut éviter toute détérioration matérielle. Même si je sais que cela peut paraître difficile, car les jeux vidéo d'action s'emparent de vos nerfs avec plus de rapidité et d'efficacité que quiconque. Plus on arrive à rester impassible face à la rage que peut produire une défaite, mieux on se porte et plus on préserve son cocon familial.
Que regardez-vous en premier dans un jeu ? L'histoire, la beauté des graphismes ou la bande-son ?
En premier lieu, je dirais que c'est le gameplay de manière générale : l'aisance, l'expérience de jeu et malheureusement l'addictivité. Le jeu réussira-t-il à me faire revenir ou m'en lasserai-je ? Récemment, j'ai joué à Baldur's Gate et je dois avouer m'être arrêté à la moitié de l'aventure. Il me semble que l'on peut considérer cela comme un échec de la part des game designers, car ils sont censés créer une volonté d'aller jusqu'au bout sans cesser. Je suis un client assez exigeant et difficile à conquérir en matière de jeux vidéo. Comme je tente de m'en dissocier, c'est un exercice assez compliqué.
Quel est le personnage de manga ou d'anime qui incarne le mieux l'élégance et le savoir-vivre selon vous ? Un majordome comme Sebastian dans Black Butler, peut-être ?
Oui, je dirais effectivement Sebastian de Black Butler. Je pensais également à quelques personnages de One Piece, mais il est vrai qu'ils sont tous assez barbares. Je resterais donc sur votre précise et perspicace suggestion.
Quel manga conseilleriez-vous à un jeune lecteur qui souhaiterait développer son esprit critique et son sens du style ?
Pour l'esprit critique, Death Note est une œuvre qui fait soupeser le bien et le mal, et questionne la logique. C'est un très bon moyen de se faire remuer les méninges. Pour ce qui est du style, tout dépend de l'esthétique souhaitée, mais beaucoup de protagonistes peuvent constituer un modèle exemplaire dans ce domaine, cela dépend de tout un chacun.
Pour le mot de la fin : quel conseil donneriez-vous aux jeunes joueurs qui nous lisent pour allier leur passion du jeu vidéo et l'art des bonnes manières, notamment lors des parties en ligne ?
Pour concilier les deux, je suggérerais un cosy game. J'ai récemment joué à Animal Crossing, et cela peut véritablement stimuler la créativité, le calme et le pacifisme. Je conseillerais donc de se tourner vers ce genre de jeu.
L'avis du rédacteur
Ici, chez Petits Gamers Magazine, nous avons l'habitude de décortiquer des gameplays nerveux et d'arpenter des salons bondés. Mais s'il y a bien un créateur dont j'apprécie tout particulièrement les vidéos pour m'évader, c'est Monsieur Pof. Son flegme, son élégance intemporelle et son célèbre costume-cravate dénotent merveilleusement bien avec la frénésie habituelle de notre milieu. Le croiser dans les allées bouillonnantes de la Paris Manga était l'occasion rêvée de confronter le savoir-vivre et la pop culture. Derrière le personnage chic et courtois se cache un joueur exigeant, avec ses propres failles face à la défaite.
Par Erodi Shijin