Présentation générale
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Titre du jeu : S.T.A.L.K.E.R. 2: Heart of Chornobyl
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Développeur / éditeur: GSC Game World
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Plateforme : PC / Xbox Series / PS5
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Date de sortie : 20 novembre 2024 (PC et Xbox) / 20 Novembre 2025 (PS5)
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Genre : FPS / Horreur
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Tarif : entre 60 et 70 €
La note des lecteurs sur ce titre :
Résumé des épisodes précédents
Le Monolithe est l'essence de tout !
Pour comprendre la série S.T.A.L.K.E.R., il est essentiel de retracer son évolution. Tout a commencé avec Oblivion Lost, un jeu de tir tactique en équipe basé dans un monde futuriste, développé sur le moteur propriétaire X-Ray. Le projet a ensuite été rebaptisé S.T.A.L.K.E.R. : Oblivion Lost, toujours situé dans un futur proche, mais cette fois dans la zone de Tchernobyl, avec une intrigue impliquant un monolithe provenant de l'espace. Finalement, le jeu a pris le nom de S.T.A.L.K.E.R. : Shadow of Chernobyl, souvent abrégé en SoC par les fans (à noter qu'à l'époque, ils utilisaient le nom russe mais qu'apr_s les évenements de février 2022 ils ont décider d'utiliser le nom ukrainien de Tchernobyl). L'histoire s'est alors solidifiée : le joueur se réveille dans la zone d'exclusion de la centrale sans souvenir, muni uniquement d'un message sur son PDA : « Tuer Strelok ». Le périple débute dans la zone du cordon, où l'on réalise diverses missions pour Sidorovich, dans l'espoir d'obtenir un meilleur équipement pour affronter les dangers de la zone profonde et retrouver Strelok. Alerte spoiler : en réalité, nous sommes Strelok. Le jeu nous conduit à retracer son parcours jusqu'au cœur du réacteur 4, en quête du Monolithe, capable d'exhausser n'importe quel vœux. Selon la manière de jouer, plusieurs vœux peuvent être exprimés, mais toutes les fins se révèlent désastreuses. Il faut explorer minutieusement pour découvrir la vérité sur le monolithe et détruire ceux qui le contrôlent.
Un Ciel Éclairci pour un Avenir Prometteur
Ensuite, le deuxième volet, S.T.A.L.K.E.R.: Clear Sky, est sorti en septembre 2008, utilisant la version 1.5 du moteur X-Ray et se déroulant avant les événements du premier jeu. Cette fois, l'aventure commence dans la zone des marais, où le joueur travaille pour la faction Clear Sky, un groupe de scientifiques déterminés à étudier la zone. Cet opus introduit la gestion des factions et un système de guerre entre elles, auquel les joueurs peuvent choisir de participer. Le jeu propose également des "émissions", des tempêtes psi mortelles qui obligent les personnages à se cacher dans des refuges spécifiques pour survivre. De plus, des détecteurs sont nécessaires pour dénicher les artefacts. Dans cette aventure, le joueur incarne Scar, un stalker mercenaire dont l'objectif est d'éliminer Strelok, afin de l'empêcher d'atteindre le cœur de la zone. C’est son PDA que Strelok avait dans le premier épisode.
Voir Pripyat et mourir !
En novembre 2009, le troisième épisode, S.T.A.L.K.E.R. : Call of Pripyat, ou CoP pour les fans, est sorti, se déroulant juste après les événements du premier jeu. Cette fois-ci, nous incarnons un agent des services de renseignement militaire ukrainiens, envoyé pour enquêter sur la mystérieuse disparition de plusieurs hélicoptères dans la zone. Notre mission inclut également l'évacuation des potentiels survivants vers Pripiat. Au cours de notre investigation, nous croiserons des personnages emblématiques, notamment Strelok, qui nous demandera de l'aider à s'échapper avec les survivants afin de révéler la vérité sur l'origine de la zone au gouvernement.
Le retour du messie ?
Après 11 ans d'attente depuis la sortie du dernier jeu, GSC Games World a enfin confirmé le développement de S.T.A.L.K.E.R. 2 lors de la conférence Xbox à l’E3 2020. Le jeu, construit sur Unreal Engine 5, suscite une impatience grandissante après des mois de rumeurs en ligne. Ce quatrième opus de la série se déroule une décennie après les événements de "Call of Pripyat". Suite aux révélations de Strelok concernant l'origine de la Zone, une expérience ratée liée à la Noosphère, un champ psychique englobant la Terre. Avec les outils appropriés, cette force pourrait être contrôlée, ouvrant la voie à la rédemption de l'humanité ou à sa chute, selon les perspectives. En réponse à cette situation, le gouvernement ukrainien a décidé de reprendre le contrôle de la Zone, déployant des forces spéciales et établissant divers laboratoires.
Initialement prévu pour une sortie en décembre 2022, Stalker a dû être repoussé en raison de la guerre en Ukraine, qui a séparé ses équipes. Une partie est restée sur place pour participer à l'effort de défense, tandis que l'autre a évacué ses locaux et tout son matériel en République tchèque par bus. Dans ces conditions complexes, le développement du jeu est devenu extrêmement difficile, mais il a finalement été lancé en novembre 2024. Malheureusement, le jeu était entaché de nombreux bugs et amputé du système A-Life.
Le titre a ensuite bénéficié de plusieurs mises à jour et a été lancé un an plus tard sur PS5 avec la version 1.7. Bien que les véritables fans de la série aient exprimé leur mécontentement face à l'absence de A-Life, il convient de noter que les bugs ont toujours fait partie intégrante de l'expérience Stalker et n'ont jamais véritablement effrayé les véritables passionnés de la saga.
Graphisme
Malgré les critiques que l'on peut formuler à l'égard du moteur Unreal Engine 5, force est de constater qu'il offre des graphismes d'une grande qualité. Stalker tire pleinement parti de cette technologie, avec des anomalies visuellement impressionnantes et de nouvelles additions par rapport aux anciens opus. Les effets de lumière, en particulier lors des émissions, sont époustouflants. De plus, chaque élément du jeu, qu'il s'agisse des décors, des armes ou des personnages non joueurs, est incroyablement détaillé.
Gameplay
Malgré ses airs de FPS classique, Stalker ne doit pas être assimilé à Call of Duty. Se précipiter en tirant dans tous les sens ne fera que vous conduire à une mort rapide. Dans cet univers, chaque pas compte. Les anomalies pullulent et les mutants rôdent, alors dévaler les plaines pourrait s'avérer fatal. Ici, le boulon est votre meilleur allié : en quantité illimitée, il peut servir à distraire les ennemis pour faciliter les infiltrations ou à déclencher des anomalies, vous permettant ainsi de passer rapidement (gardez à l'esprit que le temps de réinitialisation est assez court). Le vaste choix d'armes disponibles vous permet d'adopter votre propre style de jeu. Que vous préfériez l'assaut frontal avec votre fusil à pompe et des grenades, l'infiltration avec des silencieux, ou le tir à distance avec des fusils de sniper dévastateurs, vous trouverez des options pour chaque approche.
Stalker est essentiellement un simulateur d'exploration dans un monde hautement hostile. La carte, immense, regorge de zones qui peuvent révéler des trésors cachés tels que des armes ou des armures, mais également le risque de mort, surtout dans des repères de mutants affamés. Cela nous amène à notre deuxième meilleur ami : le compteur Geiger. Il est crucial de garder un œil dessus, car les zones radioactives sont nombreuses et constituent la principale cause de mortalité chez les stalkers débutants.
Il est important de garder à l’esprit que les armes et armures souffrent également des conditions difficiles de la zone. Traverser une anomalie thermique n'est pas sans conséquence pour votre équipement. Heureusement, de nombreuses bases, plus ou moins neutres, sont disséminées dans la région, où des techniciens peuvent remettre votre matériel en état et même l'améliorer, moyennant une rémunération. De plus, des marchands sont disponibles pour vous fournir du matériel plus puissant. N'oubliez pas de surveiller vos munitions ; tomber à court dans cette zone pourrait signer votre arrêt de mort. Fort heureusement, des munitions se trouvent en plusieurs endroits, y compris sur des corps. Même si ce n’est pas toujours le bon calibre, cela reste une bonne source de revenus. Dans la partie supérieure de votre écran, la boussole affiche de petites croix qui indiquent la direction des corps, qu'ils aient été éliminés par vous ou par d'autres dans la zone. N'oubliez pas de les fouiller : ils peuvent renfermer des objets précieux ou vous guider vers des caches contenant de l'équipement.
Et n'oubliez pas de partir à la recherche des artefacts, car leurs effets secondaires peuvent véritablement vous sauver la vie. Cependant, restez vigilant face aux émissions : lorsque le ciel devient rouge, c'est le signal de trouver un abri. Gardez toujours votre arme à portée de main, car même pendant les émissions, il n'y a pas de trêves, les autres humains rechercheront également refuge, ce qui pourrait conduire à des affrontements sanglants.
Bande-son
En ce qui concerne la musique, Stalker peut sembler un peu dépouillé, présente uniquement pendant certains combats ou événements scénarisés ou les radios des bases. Cependant, la richesse de son ambiance sonore compense largement cela. Stalker est une expérience à vivre avec un casque audio, car il permet de saisir les sons essentiels : le bip de votre détecteur signalant la présence d'anomalies, le crépitement du compteur Geiger lorsque vous vous approchez de zones radioactives, et surtout, les échos lointains des échanges de tirs entre stalkers, bandits et mutants. Vous pourrez également entendre le souffle du vent dans les arbres et les hurlements des créatures, faisant ainsi de chaque exploration une immersion totale dans la zone.
Histoire et Narration
Le scénario de *Stalker* est, à première vue, assez simple : une lutte de pouvoir où des personnages caricaturaux, avides de pouvoir ou complètement fanatiques, se disputent leur part. Cependant, ceux qui prennent le temps d'explorer trouvent un univers riche, peuplé de personnages nuancés. La zone elle-même possède une histoire fascinante. Se promener dans les ruines d’une ville comme Pripyat, avec ses magasins abandonnés et ses immeubles désertés, où l'on croise des jouets laissés par des familles évacuées dans la précipitation, est une expérience poignante. L'intrigue principale est longue et propose quatre fins différentes. Les quêtes secondaires, bien que plus légères, sont également bien écrites et entraînent des choix moraux significatifs.
Votre personnage, Skiff, est relativement simple. À l'origine, il est venu dans la zone pour récupérer des fonds afin de racheter sa maison, détruite par un artefact — un événement normalement impensable en dehors de cette région mystérieuse. Cependant, les différentes personnes que vous rencontrerez, y compris certaines des épisodes précédents comme Scar et Strelock, vous amèneront à faire un choix crucial : resterez-vous fidèle à votre ancienne vie et à l'humanité, ou choisirez-vous la liberté et la zone ?
Durée de vie
Si vous vous limitez à la quête principale, vous profiterez d'environ trente heures de jeu. Cependant, si vous décidez d'explorer chaque recoin de la carte, vous pouvez vous y engager pendant des jours. Stalker est un jeu où chaque sortie réserve de nouvelles découvertes. En vous rendant à un endroit précis pour une quête, vous apercevez peut-être un bâtiment au loin qui pourrait abriter des objets intéressants. Si vous avez l'âme d'un explorateur, il est fort probable que vous passiez des heures à faire des détours captivants. Techniquement, tant que vous n'activez pas les dernières missions—une fenêtre contextuelle vous alertera à ce sujet—vous pouvez rester dans la zone et vous promener, combattre, et explorer autant que vous le souhaitez. Les ennemis réapparaissent après un certain temps, et les artefacts présents dans les zones d'anomalies se régénèrent avec les émissions. Il y aura toujours quelque chose à faire. De plus, le jeu prend en charge les mods, même sur console. Ainsi, même si vous terminez l'aventure, vous avez la possibilité de recommencer avec un mod qui vous offrira une expérience entièrement nouvelle.
Évolution de la carte d'un stalker Les symboles de la tri force, bleu sur la 2ème image sont les planques de stalker mots.
Eléments techniques
Bien qu'il soit disponible depuis plus d'un an et en étant à sa version 1.7, le jeu présente encore quelques bugs. Cependant, des progrès significatifs ont été réalisés depuis sa sortie en 2024, tant en ce qui concerne la stabilité que la fluidité. L'équipe continue de travailler activement sur ces améliorations, tout en intégrant de nouvelles fonctionnalités demandées par les joueurs, telles que des lunettes de vision nocturne et le retour du loot sur les mutants, permettant ainsi aux joueurs de gagner un peu d'argent. Il est également important de noter que le studio se trouve dans un pays en guerre, ce qui complique davantage le développement. Pour le reste, c'est un moteur UE5 : il est à la fois esthétique et fonctionne plutôt bien.
Accessibilité
Ils ont fait le strict minimum. Seule une correction des couleurs a été réalisée pour les personnes souffrant de certaines formes de daltonisme. Pour le reste, il n'y a rien d'autre : pas de narration audio, et surtout, le plus gros problème, c'est qu'il n'y a pas de possibilité de traduire les textes écrits en cyrillique sur les murs. Cela nuit vraiment à l'expérience de découverte. J'ai débloqué un succès en lisant des messages gravés en sang sur les murs de Pripyat, mais je n'ai aucune idée de ce qu'ils disaient.
Sentiment du testeur
Stalker est une série qui me tient particulièrement à cœur. J'ai découvert le premier opus par hasard et, depuis, je les ai tous achetés dès leur sortie. Bien que j'aie profité du Game Pass pour jouer à celui-ci lors de sa sortie, je l'ai finalement acquis pour le redécouvrir entièrement dans le cadre de ce test. Je me souviens même d'avoir racheté le premier jeu en version collector à la Fnac des Champs-Élysées, simplement en tombant dessus par chance. Autant dire que j'attendais ce nouveau titre avec impatience, dès son annonce à l'E3. Certes, il est vrai que l'IA n'est pas toujours à la hauteur de celle des précédents jeux, mais retrouver les lieux emblématiques dans une qualité haute résolution avec des textures HD a été un pur bonheur. Retourner au Cordon pour échanger quelques mots avec Sidorovich, traverser la forêt rouge... Même si le jeu présente des défauts, les mises à jour depuis sa sortie témoignent de la volonté de GSC de rendre hommage à la série. Nous attendons avec impatience le futur DLC, ainsi que peut-être un mode multijoueur, qui nous permettra d'explorer la zone à plusieurs, de s'asseoir autour d'un feu et d'échanger des histoires.
| Critères | Notes |
|---|---|
| Graphisme | 9/10 |
| Gameplay | 18/20 |
| Bande-son | 9/10 |
| Histoire et Narration | 7/10 |
| Durée de vie | 9/1O |
| Eléments techniques | 6/10 |
| Accessibilité | 4/10 |
| Sentiment du testeur | 18/20 |
| Note finale | 80/100 |
Conclusion du testeur
Décrire Stalker, un jeu véritablement unique, n'est pas une tâche aisée. Créé par un petit studio ukrainien, il combine habilement des éléments de FPS, d'horreur et d'exploration, tout en se présentant comme un walking simulator avec des armes de gros calibre. Il a su lancer un genre à part entière, inspirant des titres tels que la série Metro, Chernobylit et Escape from Tarkov. Cependant, revenir sur une franchise aussi aimée comporte des risques. Si CSG se trompe, les fans ne lui pardonneront pas. En effet, les passionnés de Stalker sont parfois un peu excentriques, se costument en combinaisons NBC et se retrouvent dans des bois sombres pour des séances de paintball. Bien que j'avais quelques appréhensions pour ce volet en raison des défis rencontrés par le studio, j'ai finalement passé un excellent moment. Il y a eu des moments de frustration, comme lorsque je me suis retrouvé au milieu des marais, poursuivi par une chimère, avec une émission en formation. Dans de telles situations, il est primordial de toujours garder une arme de gros calibre à portée de main avec des munitions expansives.
Les longues marches à travers la zone, rythmées par le bruit de la nature et le cliquetis du compteur Geiger, offrent une expérience immersive. Les graphismes sont de très bonne qualité, et l'IA fonctionne plutôt bien. Toutefois, je regrette les trois combats de boss qui, bien qu'intéressants, rompent un peu avec le réalisme des autres affrontements. De plus, la végétation dense complique l'utilisation des fusils de sniper, alors que les ennemis semblent avoir une visibilité parfaite à travers les broussailles. Malgré quelques bugs, le jeu est fluide et parfaitement jouable sur des consoles ou PC récents. Je le recommande à tous ceux qui ont des nerfs solides, le cœur accroché et beaucoup de temps à investir. Stalker ne se joue pas à la hâte ; il faut vraiment prendre le temps d'explorer la zone.
J'aime en 5 points :
- Une carte vaste et riche en détails
- Une ambiance sonore et visuelle immersive
- Un hommage fidèle à la série avec des lieux emblématiques revisités
- Un gameplay toujours aussi captivant
- Un compteur de morts affiché durant les écrans de game over
J'aime moins en 5 points :
- Accès à Pripyat et Duga restreint par le scénario
- La lampe torche demeure largement inefficace
- Les combats de boss peuvent être très ardus sans les armes appropriées
- Végétation parfois excessivement dense
- La gestion de l'infiltration : encore des défis à surmonter
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