Carmageddon Rogue Shift : chronique d’un chaos annoncé et d’un retour impossible à ignorer (par Dan)

Publié le 28 janvier 2026 à 03:30

Le retour d'une licence qui a marqué l'industrie du jeu video

Le moteur tousse une première fois, émettant un grondement sourd, métallique, presque bestial. Puis, dans un rugissement, une familiarité émerge. Une vibration tangible. Une promesse de vitesse, de violence et de liberté : c’est l’essence de Carmageddon.
Après près de trente ans d’absence sur le devant de la scène, la bête fait son retour le 6 février 2026. Carmageddon: Rogue Shift sera lancé sur PC, PS5, Xbox Series et Switch 2.
Pour certains, ce sera une découverte. Pour d’autres, un choc nostalgique. Mais pour tous, c’est un rappel saisissant : certaines franchises ne meurent jamais. Elles hibernent, attendant leur heure. Et ce moment, enfin, est arrivé.

 

1997 : l’année où Carmageddon a dérapé hors des clous

Pour saisir l'importance de ce retour, il est essentiel de remonter à 1997. À cette époque, l'univers du jeu vidéo était en pleine expérimentation. La 3D était à ses débuts, et les studios exploraient encore comment raconter des histoires, captiver les joueurs et surprendre. C'est dans ce contexte bouillonnant qu'un studio britannique, Stainless Games, a choisi de briser les conventions. Carmageddon n'est pas simplement un jeu de course.
C'est une déclaration, un défi lancé aux normes établies, un éclat de rire face au politiquement correct. Son principe est à la fois simple et audacieux : remporter une course en franchissant la ligne d'arrivée, en détruisant tous ses concurrents, ou en écrasant des piétons pour gagner un précieux temps.
Le jeu choque et scandalise ; il est censuré dans plusieurs pays. Pourtant, il captive, car il ose, car il ne s'excuse jamais. Il incarne une époque où le jeu vidéo repoussait ses limites, une époque que les joueurs adoraient. Les suites se succèdent : Carpocalypse Now, TDR 2000, Reincarnation, Max Damage. Puis, la route devient plus tranquille : le moteur tourne encore, mais l'industrie évolue. Le chaos motorisé disparaît peu à peu des radars jusqu'à aujourd'hui.

2050 : un monde brisé, un volant entre les mains

Rogue Shift ne cherche pas à ressusciter le passé. Il cherche à le prolonger, à le muter, le projeter dans un futur où la route n’est plus un terrain de jeu, mais un champ de bataille. Nous sommes en 2050, la civilisation s’est effondrée sous l’assaut des Dévastés, des créatures mutantes qui rôdent dans les ruines. Les villes sont des carcasses de béton. Les autoroutes, des cicatrices dans un monde ravagé. Les voitures, des armes de survie. Et vous, au milieu de tout ça, vous redémarrez le moteur. Le tableau est posé, le chaos peut commencer.

 

Un Carmageddon qui respire, qui vit, qui tue

Le studio 34BigThings, connu pour son jeu Redout, l'objectif n'était pas de créer un musée du rétro-gaming. Ils ont voulu évoquer une sensation. Une sensation de danger constant, de chaos pouvant surgir à chaque tournant, et de liberté absolue. Voici un roguelite sous adrénaline !
Chaque session est une nouvelle histoire. Chaque mort est une leçon. Chaque amélioration est une transformation. Vous débloquez un véhicule, découvrez une arme, puis ajoutez un perk. Encore un, puis un autre, jusqu'à métamorphoser votre voiture en une chimère mécanique, un véritable monstre de métal et de feu. Le cycle jour/nuit modifie l'atmosphère, tandis que la météo transforme la route en un piège redoutable. Les boss apparaissent tel des cauchemars sur roues, les Dévastés attaquent en meute, et les événements d'élite vous mettent à l'épreuve. Et au cœur de tout cela, un sourire se dessine sur votre visage. Voilà ce qu’est Carmageddon : le plaisir coupable de survivre en réduisant tout à néant.

Un héritage assumé, un futur décomplexé

Ce qui impressionne, c'est la fidélité à l'esprit d'origine. Ce n'est pas dans les graphismes ni dans les mécaniques que cela se manifeste, mais dans l'attitude. Carmageddon a toujours été un jeu qui ne demandait pas la permission, qui se moquait des limites et transformait la route en un terrain de jeu anarchique. Rogue Shift reprend ce flambeau avec audace. Il ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais à être fidèle à l'essence de Carmageddon. C'est exactement ce à quoi nous nous attendions.

Pourquoi ce retour compte vraiment

Pour les passionnés de la vieille école, c'est un frisson nostalgique. Un retour à une époque où le jeu vidéo repoussait toutes les limites. Un rappel que certaines franchises ne perdent jamais de leur essence : elles dorment, puis se réveillent plus affamées que jamais.
Pour les nouveaux joueurs, c'est une porte d'entrée parfaite. Un jeu moderne, dynamique et explosif, accessible sans aucune connaissance préalable. Un chaos immédiat et jubilatoire qui invite à la découverte.
Pour l'industrie, c'est un message fort. Le combat motorisé n'est pas mort ; il attendait simplement un champion pour retrouver sa place sous les projecteurs.

Conclusion : Carmageddon n’a jamais vraiment disparu — il attendait son moment

Lorsque le moteur s’éteint et que la poussière retombe, une vérité s’impose : Carmageddon n’a jamais vraiment disparu. Il attendait simplement son heure de retour, et cette heure, c’est le 6 février 2026.
Pour les anciens, c’est un triomphe retentissant ; pour les nouveaux, peut-être une rude surprise. Mais pour tous, c’est un rappel : le chaos, lorsqu’il est maîtrisé, devient un art. Dans tous les cas, Le verdict sera rendu manette en main.

Par Dan

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