Très attendu au tournant, le retour de la franchise Call of Duty sur console Nintendo tient-il toutes ses promesses ? Avec Modern Warfare 4, la toute nouvelle Switch 2 s'offre un test technique grandeur nature. Entre prouesses d'optimisation, downgrade visuel inévitable et une édition physique scandaleusement vide, ce portage fait le grand écart. Retour sur une expérience en demi-teinte, qui n'a fait que confirmer nos premières impressions laissées lors de la Paris Games Week.
Un retour très attendu après treize ans d'absence
Treize ans après le dernier épisode sur Wii U, la célèbre franchise d'action fait son grand retour chez Nintendo. C’était la grande promesse du rachat d’Activision par Microsoft, et c'est désormais chose faite avec l’arrivée de Modern Warfare 4 sur la Switch 2. Pour relever ce défi technique, c'est le studio Digital Legends qui s'est collé au portage. Lors de la Paris Games Week, j'ai pu mettre les mains sur cette version le temps d'une démo de dix minutes sur le stand, l'occasion de vérifier manette en main si les concessions techniques ne gâchent pas l'expérience globale.
Des concessions techniques inévitables mais maîtrisées
Faire tourner un jeu aussi lourd sur une console portable impliquait forcément des sacrifices pour trouver le bon équilibre entre fluidité et graphismes. En mode docké sur la télévision, la surprise est là : le jeu réussit à tenir un 60 FPS très stable. C'est fluide, ça répond bien au doigt et à l'œil, ce qui est indispensable pour un jeu de tir compétitif. L'expérience en mode portable s'est révélée un peu plus laborieuse lors de cet essai, le framerate oscillant autour de 44 FPS. Si cela reste tout à fait jouable pour s'amuser en déplacement, les joueurs habitués aux consoles de salon classiques ressentiront un léger manque de réactivité, bien que le studio ait déjà promis des correctifs. Sur le plan purement visuel, le titre est logiquement moins beau que sur PS5 ou PC. L'image est plus pixelisée, les décors sont allégés et les effets d'explosion ou de lumière ont été simplifiés. Le jeu parvient heureusement à rester très lisible, permettant de repérer facilement les ennemis sur la carte.
Une prise en main novatrice grâce au gyroscope
Si la machine est moins puissante que ses concurrentes, elle se rattrape largement sur sa proposition de gameplay en exploitant à merveille les fonctions uniques de la console. La visée gyroscopique est super bien intégrée et permet d'ajuster ses tirs de précision au millimètre près en inclinant légèrement les poignets. Les développeurs ont même intégré une option amusante permettant de poser un Joy-Con à plat sur la table pour s'en servir comme d'une souris d'ordinateur. C'est surprenant, mais cela fonctionne plutôt bien après un petit temps d'adaptation.
L'intégralité du contenu au rendez-vous, l'écran partagé en moins
Côté contenu, Microsoft a tenu sa promesse en proposant la même expérience que sur les autres plateformes. On y retrouvera la campagne solo de 16 missions, le multijoueur en ligne classique, ainsi que le mode d'extraction tactique DMZ. Le seul véritable regret concerne le multijoueur local : contrairement aux autres consoles, la Switch 2 ne gère pas l'écran partagé. Il sera impossible de jouer à deux sur la même télé, obligeant chaque joueur à posséder sa console et son abonnement Nintendo Switch Online.
L'avis du rédacteur
Pour être tout à fait honnête, je n'ai pas spécialement aimé jouer au jeu. Ce sentiment de désintérêt m'avait déjà frappée lors de ma session sur la démo de dix minutes jouée à la Paris Games Week il y a quelques jours. Bien que le portage soit un joli tour de force technique pour le studio, le downgrade visuel, la rigidité en mode portable et cette pratique honteuse de la boîte en plastique vide m'empêchent de valider l'expérience. Le contrat est rempli pour ceux qui n'ont qu'une Switch 2 à la maison, mais cela s'arrête là.