Dossier : L'envers du décor des géants du "Free-to-Play" – Manipulation et Prédation

Publié le 20 janvier 2026 à 13:16

Ils dominent les classements de la Nintendo Switch 2 et les écrans de nos smartphones. Pourtant, en ce mois de janvier 2026, Fortnite et Roblox sont sous le feu croisé de la justice et des gouvernements. Entre techniques de vente abusives et failles de sécurité majeures pour les mineurs, le Petit Gamers Magazine décrypte pour vous cette crise de confiance.


Fortnite : La fin de la manipulation "prédatrice" en boutique

Le couperet est tombé aux Pays-Bas. Le tribunal de Rotterdam vient de confirmer une amende de 1 125 000 euros contre Epic Games. La raison ? Des pratiques commerciales jugées manipulatrices envers les enfants.

Ce que la justice reproche à Epic Games :

  • L'urgence artificielle : L'utilisation de compteurs de temps (timers) trompeurs qui poussaient les jeunes joueurs à acheter un skin de peur qu'il disparaisse à jamais, créant un stress d'achat inutile.

  • Le manque de diligence : Le tribunal estime que la boutique de Fortnite a été conçue pour inciter directement les mineurs à la dépense, sans respecter les protections dues aux consommateurs vulnérables.

Si Epic Games a déjà commencé à modifier sa boutique pour se conformer aux règles (suppression des timers anxiogènes), cette condamnation rappelle celle de la FTC en 2022 (520 millions de dollars). Malgré ces polémiques, Fortnite reste l'un des jeux gratuits les plus joués sur Switch 2, et la firme tente de redorer son blason en négociant l'arrivée de compagnons cultes comme Yoshi ou Kirby pour séduire davantage la base Nintendo.


Roblox : Le "repaire" dans le viseur du gouvernement français

Si Fortnite est critiqué pour son portefeuille, Roblox l'est pour la sécurité physique et morale de ses utilisateurs. Le 13 janvier 2026, la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a lancé une offensive médiatique sans précédent en qualifiant la plateforme de « repaire de pédocriminels ».

Un constat alarmant :

  • Chiffres chocs : Sur 150 millions de joueurs quotidiens, environ 46 % ont moins de 13 ans. Près de 20 % commencent même avant 9 ans.

  • Le piège de la messagerie : Contrairement aux consoles fermées, Roblox intègre des chats vocaux et écrits permettant à n'importe quel adulte d'entrer en contact avec un enfant. Pour le gouvernement, Roblox fonctionne comme un réseau social non modéré.

  • L'illusion de la sécurité : Bien que Roblox interdise l'envoi de vidéos, les prédateurs utilisent les "social hangouts" (salles de discussion) pour attirer les mineurs vers d'autres plateformes moins sécurisées.

La réponse de Roblox : Face à la pression internationale (notamment des procureurs américains), l'entreprise déploie progressivement un système de vérification d'âge par "selfie" pour segmenter les joueurs par tranches d'âge (9-12 ans, 13-15 ans, etc.). Cependant, le PDG David Baszucki reste ferme : si les parents ne sont pas à l'aise, ils doivent simplement interdire l'application à leurs enfants.


L'avis de la rédac'

Nous arrivons à un point de rupture. Pendant des années, ces plateformes ont grandi dans un "Far West" législatif. Aujourd'hui, la justice demande des comptes.

Le cas de Fortnite montre que l'on ne peut plus vider le livret A des enfants par des astuces psychologiques. Quant à Roblox, l'enjeu est bien plus grave. En tant que magazine spécialisé, nous conseillons aux parents une vigilance absolue : Roblox ne doit jamais être utilisé sans un contrôle parental strict et une désactivation totale des messageries privées. Le jeu vidéo doit rester un plaisir, pas un danger.

 

Fabien - Nintend'Oz-Event

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