Une annonce qui aurait dû être un moment fort
Lorsque Resident Evil Requiem a été dévoilé, beaucoup de joueurs ont immédiatement imaginé une continuité naturelle avec les précédents épisodes en réalité virtuelle.
La série avait construit une relation presque intime avec la VR, au point que certains considéraient cette technologie comme une extension logique de son ADN moderne.
Mais la confirmation est tombée : aucun mode PSVR2 n’est prévu. Et cette absence a fait l’effet d’une douche froide.
Une rupture brutale avec une tradition installée
Depuis Resident Evil 7, Capcom avait habitué sa communauté à des expériences VR d’une qualité rare.
La peur devenait physique, l’immersion totale, et chaque épisode compatible renforçait l’idée que la VR n’était plus un simple bonus, mais un véritable terrain d’expression pour la licence.
C’est précisément cette continuité qui rend la décision autour de Requiem si difficile à accepter. Le jeu adopte une vue à la première personne, un rythme propice à l’immersion, et une mise en scène qui semblait presque pensée pour la VR. Pourtant, Capcom ferme la porte sans ambiguïté.
Un choix qui trahit les attentes logiques des joueurs
La frustration vient du fait que les joueurs n’ont pas fantasmé un mode VR : ils l’ont déduit.
Ils l’ont déduit de l’historique de la série. Ils l’ont déduit de la communication passée de Capcom. Ils l’ont déduit de la direction artistique même de Requiem.
Cette attente n’était pas un caprice, mais une conclusion naturelle. Et c’est précisément ce qui rend la déception si vive : elle naît d’une cohérence brisée.
Le PSVR2, victime collatérale d’un marché fragile
L’absence de mode VR dans Requiem met aussi en lumière un problème plus large : le PSVR2 peine à convaincre. Sa base installée reste faible, son catalogue manque de titres majeurs, et même Sony semble avoir ralenti son soutien.
Dans ce contexte, Capcom fait un choix pragmatique. Développer un mode VR coûte cher, mobilise des équipes spécialisées, et ne garantit pas un retour sur investissement suffisant.
Mais ce pragmatisme économique se heurte à une réalité émotionnelle : les joueurs PSVR2 ont l’impression d’être abandonnés.
Une communauté qui se sent mise de côté
La déception des joueurs ne se limite pas à un simple “dommage”. Elle s’exprime comme un sentiment d’injustice.
Beaucoup ont acheté le PSVR2 précisément pour vivre des expériences comme Resident Evil Village ou RE4 Remake en VR. Ils ont investi dans un casque cher, convaincus que Capcom continuerait à soutenir la plateforme.
Aujourd’hui, ils ont l’impression que la promesse implicite s’est évaporée.
Ils voient Requiem comme l’occasion parfaite manquée, un symbole du désengagement progressif des studios envers la VR.
Un tournant pour la licence et pour la VR
Un autre point d'interrogation concerne l'impact de l'absence de VR sur l'innovation dans le gameplay. La réalité virtuelle a permis aux développeurs de repousser les limites de l'interactivité et de l'immersion, transformant ainsi la manière dont les joueurs vivent les récits et les ambiances. Avec Requiem optant pour une approche plus traditionnelle, il y a une crainte croissante que la créativité des studios soit freinée, reliant les nouvelles expériences à des mécaniques déjà éprouvées plutôt qu'à des explorations audacieuses. En somme, la décision de Capcom pourrait redéfinir non seulement l'avenir de la franchise, mais aussi celui du genre, s'éloignant du désir d'innover vers un confort sécurisant mais potentiellement stagnant.
Une déception qui dépasse le jeu lui-même
Ce qui rend cette situation si remarquablement marquante et intrigante, c’est qu’elle dépasse de manière significative le simple cadre de Requiem, plongeant ainsi dans une dimension plus profonde et complexe.
Elle cristallise de façon très prononcée les doutes persistants entourant le PSVR2, soulevant de nombreuses questions qui méritent d’être examinées de près, questionne en profondeur la place précise de la VR dans l’univers de l’industrie et interroge de manière pertinente les priorités actuelles de Capcom, amenant ainsi à une réflexion sur l’avenir de cette technologie innovante.
En un mot, elle symbolise ainsi un véritable rendez-vous manqué entre une technologie en quête de reconnaissance et une licence emblématique qui avait su la magnifier avec brio, créant un potentiel inexploré qui aurait pu transformer le paysage du divertissement interactif.