Test - Spiritfarer (2020) (par Bambou)

Publié le 2 mars 2026 à 16:28

1. Présentation Générale

  • Développé par : Thunder Lotus Games

  • Édité par : Thunder Lotus Games

  • Plateformes : Nintendo Switch, PlayStation, Xbox Series, PC (Steam)

  • Date de sortie : 18 août 2020

  • Genre : Gestion et aventure

  • Tarif : Environ 24,99 €, variable selon les plateformes et promotions

 

Note des lecteurs sur ce titre :

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Il y a des jeux qui nous prennent délicatement par la main pour nous parler de choses que l’on préfère souvent éviter. Spiritfarer fait partie de cette catégorie.

Ici, pas de monde à sauver ni de score à maximiser. On incarne Stella, capitaine de son bateau et passeuse d’âmes, chargée d’accompagner les esprits vers l’au-delà. Dit comme ça, cela pourrait sembler sombre. Et pourtant, l’expérience est d’une douceur inattendue. C’est un jeu qui parle de la mort, mais surtout de la vie, des liens, des souvenirs et des conversations partagées autour d’un repas.

 


Graphismes

 

Visuellement, le jeu est une réussite. L’identité artistique est immédiatement reconnaissable : des décors dessinés à la main, des animations fluides, des personnages expressifs sans jamais tomber dans le caricatural.

On navigue sur une mer aux teintes changeantes, entre îles colorées, villages brumeux et paysages nocturnes presque féeriques. La lumière, les couchers de soleil, la pluie tout participe à cette atmosphère douce et enveloppante.

Le bateau lui-même devient un petit cocon flottant que l’on aménage au fil du temps. Voir grandir cette structure, étage après étage, crée un attachement très particulier. On ne construit pas simplement pour optimiser et agrandir, on construit pour accueillir de nouvelles âmes.

 


Gameplay

 

Sur le papier, le gameplay mélange gestion, exploration, plate-formes et crafting. Concrètement, on navigue entre différentes îles, on récolte des ressources, on cuisine, on pêche, on cultive, on construit des bâtiments pour ses passagers.

La boucle de jeu est simple, accessible, presque méditative. Les actions ne sont jamais stressantes. Même les séquences de plates-formes restent très indulgentes. On est loin d’un challenge exigeant : ici, tout est pensé pour que le joueur se sente à l’aise.

C’est à la fois une force et une limite.

J’ai apprécié cette fluidité. On avance sans frustration majeure, on enchaîne les tâches avec plaisir. Mais sur la durée, certaines mécaniques deviennent répétitives. Les allers-retours, la récolte de ressources, la gestion des quêtes secondaires peuvent donner une impression d’étirement.

Malgré cela, le gameplay reste très cohérent avec l’intention du jeu de prendre son temps.

 

Bande-son

 

La musique accompagne l’aventure avec beaucoup de délicatesse. Les compositions sont douces, parfois mélancoliques, jamais envahissantes. Elles soulignent les moments clés sans chercher à manipuler l’émotion.

Certains thèmes restent en tête, notamment lors des séquences d’adieux. Ils sont très touchants et accompagnent parfaitement ces moments d'émotions. Le silence aussi est utilisé avec intelligence. Il y a des instants très contemplatifs où le jeu nous laisse simplement respirer, regarder l’horizon, écouter le clapotis de l’eau.

 


Histoire et narration

 

C’est évidemment le cœur de l’expérience de Spiritfarer.

Chaque esprit accueilli à bord a son caractère, son passé, ses regrets, ses petites habitudes. On apprend à les connaître progressivement, au fil des discussions et des services rendus. Le jeu aborde des thèmes variés : maladie, culpabilité, solitude, accomplissement ou encore transmission.

Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est l’écriture. Elle évite le schéma facile et les dialogues sonnent justes. Certains personnages sont attachants, d’autres agaçants, comme dans la réalité finalement. C'est très subjectif et c’est précisément ce qui fonctionne.

Les adieux sont parmi les moments les plus marquants du jeu. Ils sont mis en scène avec douceur. Pas de grand spectacle dramatique, mais une montée émotionnelle subtile qui m’a réellement touchée.

Spiritfarer réussit ce tour de force : parler de la fin sans être oppressant ni déprimant. On en ressort avec une sensation étrange, mélange de mélancolie et d’apaisement.

 


Durée de vie

 

Comptez environ 30 heures pour terminer le jeu, davantage si vous complétez toutes les quêtes annexes et optimisez votre bateau.

La progression est assez libre. On peut choisir de prolonger certains moments, d’explorer davantage ou d’aller droit au but. Cela dit, la structure globale reste linéaire et j’ai ressenti une légère fatigue liée à la répétition des mécaniques. Le jeu aurait peut-être gagné à être un peu plus resserré. Mais paradoxalement, cette longueur participe aussi à l’attachement que l’on développe pour ses passagers.

 


Éléments techniques

 

Techniquement, le jeu tient très bien la route. Les temps de chargement sont raisonnables, les animations stables et je n’ai pas rencontré de bug majeur durant mon aventure.

L’interface est claire, intuitive. La gestion du bateau reste lisible même lorsqu’il commence à prendre de la hauteur.

La possibilité de jouer en coopération locale est très appréciable, avec un second joueur incarnant le chat de Stella : Daffodil. Une belle idée pour partager l’expérience !

 

Accessibilité

 

Spiritfarer est très accessible. Les commandes sont simples, les défis mesurés et le jeu ne punit jamais l’erreur.

Il n’exige ni réflexes ni stratégie complexe. Cela en fait une excellente porte d’entrée pour des joueurs occasionnels ou pour celles et ceux qui cherchent une expérience plus narrative que compétitive.

En revanche, les joueurs en quête de challenge risquent de rester sur leur faim. Ici, l’émotion prime clairement sur la difficulté.

 

Sentiment du testeur

 

J'ai beaucoup apprécié mon expérience sur Spiritfarer, malgré quelques longueurs qui se font sentir sur la fin. Oui, le rythme est lent, parfois un peu répétitif, mais cela fait aussi partie de son identité. J’ai été sincèrement touchée par l’histoire de certains personnages, par leurs failles, leurs regrets, leurs élans de tendresse. Les accompagner jusqu’au bout crée un réel attachement.

Il m’arrive aussi de réécouter encore aujourd’hui certains thèmes du jeu, que je trouve profondément apaisants et réconfortants.

 


Critères Notes
Graphisme 9/10
Gameplay 17/20
Bande-Son 10/10
Histoire et narration 9/10
Durée de vie 7/10
Eléments techniques 9/10
Accessibilité 8/10
Sentiment du testeur 17/20
Note finale 86/100

Note finale :

 

Spiritfarer n’est pas un jeu spectaculaire. Il n’est pas révolutionnaire dans ses mécaniques. Mais il possède quelque chose de plus rare : une certaine sincérité.

J’ai vraiment aimé cette expérience. Elle m’a touchée et parfois même surprise. Certes, quelques longueurs et répétitions viennent légèrement ternir le rythme sur la fin. Mais l’ensemble reste cohérent.

C’est un jeu que je conseillerais à celles et ceux qui aiment les aventures contemplatives, les récits humains et les univers artistiques forts.

 


Ce que j’ai bien aimé :

  • Direction artistique magnifique : un univers doux, coloré et immédiatement reconnaissable.
  • Superbes musiques : une bande-son délicate et émotive qui accompagne parfaitement les moments forts.
  • Très accessible : gameplay simple, peu punitif, idéal pour les joueurs occasionnels.
  • Une histoire profonde et pleine de sens : un récit touchant sur le deuil, l’attachement et l’accompagnement, jamais vide ni superficiel.
  • Possibilité de jouer à deux en local : coopération agréable avec un second joueur.

Ce que j’ai moins aimé :

  • Un peu long et répétitif : les mécaniques de récolte et de gestion finissent par tourner en boucle.
  • Rythme très lent : une progression contemplative qui pourra frustrer les joueurs pressés.
  • Manque de challenge : peut paraître trop facile pour les joueurs en quête de difficulté ou de mécaniques exigeantes.
  • Beaucoup d’allers-retours entre les îles : les déplacements deviennent parfois mécaniques et cassent légèrement le rythme émotionnel.
  • Peu de rejouabilité : une fois l’histoire terminée, peu d’éléments incitent réellement à recommencer l’aventure.

Par Bambou


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