Preview – over the hill, le road trip tout-terrain pour se couper du monde (par PierreOh)

Publié le 19 juin 2026 à 19:30

Après avoir marqué les amateurs de jeux automobiles avec art of rally, le studio Funselektor Labs revient avec une proposition radicalement différente. Avec over the hill, exit les chronos, les spéciales de rallye et la recherche permanente de performance. Ici, le voyage compte davantage que la destination. Développé en collaboration avec Strelka Games, le titre nous emmène à travers de vastes étendues sauvages inspirées de paysages réels, au volant de véhicules tout-terrain des années 60 à 80. Une formule qui pourrait sembler simple sur le papier, mais qui révèle rapidement une véritable identité dès les premières minutes de jeu, disponible en démo depuis ce Vendredi 12 juin.

 

Une invitation au voyage plutôt qu'à la compétition

Là où la plupart des jeux automobiles cherchent à nous faire accélérer toujours plus vite, over the hill adopte la direction opposée. Le jeu nous encourage à prendre notre temps, à quitter les sentiers battus et à explorer des environnements naturels composés de forêts, de montagnes, de vallées et de pistes parfois à peine visibles. Chaque détour peut révéler un point d'intérêt, une récompense cachée ou simplement un panorama qui mérite qu'on s'y arrête quelques instants. C’est d’ailleurs un aspect du jeu d’autant plus encouragé par l’obtention de cosmétique ou de monnaie du jeu pour améliorer ou pimper votre véhicule !

Cette philosophie se ressent immédiatement dans la démo, qui nous offre une première carte à explorer. Le monde n'est pas conçu comme un terrain de course, mais comme un espace à découvrir. On avance au rythme du moteur, en observant le relief, en cherchant le meilleur passage et en profitant du paysage. Une approche qui rappelle davantage une randonnée motorisée qu'un jeu de course traditionnel.

 

Le plaisir de conduire, simplement

Ce qui surprend le plus, c'est la façon dont over the hill parvient à rendre chaque trajet intéressant. La conduite n'est jamais totalement arcade ni excessivement simulation. Les véhicules ont du poids, les pentes demandent parfois de l'élan et certaines portions techniques exigent de choisir soigneusement sa trajectoire.

La progression ne repose pas sur la vitesse pure mais sur la capacité du joueur à lire le terrain. Une montée rocailleuse, un passage boueux ou un chemin étroit deviennent alors de petits défis à surmonter. Le plaisir naît moins de l'adrénaline que de la satisfaction d'avoir trouvé le bon chemin ou franchi un obstacle particulièrement délicat.

Cette approche fait immédiatement penser à certains jeux d'exploration automobile comme SnowRunner, mais avec une ambiance bien plus légère et contemplative et surtout plus indie.

 

Une aventure à partager entre amis

L'une des bonnes surprises du projet réside dans son mode coopératif. Jusqu'à quatre joueurs peuvent partir ensemble à l'aventure pour explorer les cartes, relever les défis ou simplement profiter de la balade.

Cette dimension sociale semble parfaitement adaptée à la philosophie du jeu. On imagine facilement des sessions où l'objectif n'est pas de gagner mais de découvrir un nouveau sentier, photographier la faune locale ou s'entraider lorsqu'un véhicule se retrouve coincé dans une situation compliquée. D'ailleurs, outre le partage du plaisir de conduire, la coopération permet aux joueurs de s’entraider à l’aide de treuil, idéal pour aider le copain coincé dans la boue ! Le titre dégage une énergie de road trip entre amis assez rare dans le genre.

 

Une direction artistique qui fait mouche

Comme avec art of rally, Funselektor mise sur une direction artistique immédiatement reconnaissable. Les paysages privilégient les formes simples et les couleurs chaleureuses plutôt qu'un photoréalisme coûteux. Le résultat est particulièrement agréable à regarder, notamment lorsque le soleil traverse les forêts ou que la météo transforme progressivement l'atmosphère d'une région. Une météo, qui plus est, dynamique, et présentant un cycle jour nuit.

La bande-son contribue également à cette ambiance. Tout semble conçu pour favoriser la détente et l'immersion. Après plusieurs heures sur la démo, c’est d'ailleurs le caractère apaisant de l'expérience, renforcé par les effets sonores de la météo et des moteurs, qui reste en tête. 

Tout n'est cependant pas parfait. Même si je n’ai personnellement pas eu de problème, quelques retours utilisateurs pointent du doigt quelques problèmes d'optimisation sur certaines configurations PC, un aspect que les développeurs ont déjà annoncé surveiller avant la sortie définitive. Après tout, c’est aussi à ça que sert une démo.

 

Verdict provisoire

Avec over the hill, Funselektor semble réussir un pari audacieux : transformer la conduite tout-terrain en expérience d'exploration relaxante. Là où beaucoup de jeux automobiles cherchent l'intensité, le studio préfère célébrer le simple plaisir d'être sur la route, d'observer le paysage et de partir à l'aventure sans destination précise.

Si la version finale parvient à enrichir son contenu tout en corrigeant ses quelques soucis techniques, over the hill pourrait bien devenir l'une des plus belles surprises indépendantes de 2026. Une invitation à ralentir, à prendre le volant et à redécouvrir le plaisir du voyage pour le voyage lui-même.

 

Par PierreOh