Après Spiders et Douze Dixièmes, Midgar Studio ferme à son tour : la crise continue de frapper le jeu vidéo français

Publié le 21 juillet 2026 à 09:30

Quelques mois seulement après les fermetures de Spiders et de Douze Dixièmes, l'industrie française du jeu vidéo perd un nouveau studio emblématique. Midgar Studio, installé à Montpellier et connu pour la licence Edge of Eternity, a officiellement cessé ses activités après avoir été placé en liquidation judiciaire.

Une disparition qui ne constitue malheureusement pas une surprise. Chez Les Petits Gamers Magazine, nous avions déjà consacré une analyse aux difficultés rencontrées par Nacon, évoquant les restructurations, les résultats financiers en demi-teinte et les conséquences que cette situation pouvait avoir sur les studios gravitant autour de l'éditeur. Aujourd'hui, cette inquiétude se confirme avec la fermeture de Midgar Studio, partenaire historique de Nacon.


Une fin qui s'inscrit dans un contexte déjà préoccupant

Depuis plusieurs mois, les signaux d'alerte se multiplient.

Dans notre précédent dossier consacré à Nacon, nous expliquions que le marché du jeu vidéo était entré dans une phase de ralentissement après plusieurs années de forte croissance. Hausse des coûts de développement, investissements plus prudents, reports de projets et restructurations internes fragilisent aujourd'hui de nombreux studios.

La fermeture de Midgar Studio illustre malheureusement cette tendance. Malgré les recherches engagées pour trouver une solution de reprise, le tribunal a finalement prononcé la liquidation judiciaire de l'entreprise, mettant un terme à dix-huit années d'activité.


Un studio qui avait réussi à se faire un nom

 

Créé en 2008 à Montpellier, Midgar Studio faisait partie de cette génération de studios français indépendants qui avaient choisi de miser sur la passion plutôt que sur les très gros budgets.

Après plusieurs projets, l'équipe s'était surtout fait connaître avec Edge of Eternity, un JRPG inspiré des grandes productions japonaises qui avait su séduire une communauté fidèle grâce à son univers, sa bande originale et son ambition.

Le studio préparait depuis plusieurs années Edge of Memories, un nouvel épisode pensé pour moderniser la licence avec un gameplay plus dynamique et une réalisation plus ambitieuse.

Ironie du sort, ce projet semblait approcher de sa phase finale au moment où la société a été contrainte de cesser son activité.

 


Quel avenir pour Edge of Memories ?

 

 

 

L'une des principales interrogations qui préoccupent les fans et les observateurs du secteur concerne désormais Edge of Memories.

Le développement du jeu étant très avancé et ayant déjà franchi de nombreuses étapes, plusieurs scénarios restent envisageables et pourraient influencer son avenir. Nacon pourrait décider de poursuivre le projet avec une autre équipe talentueuse ou d'en assurer lui-même la finalisation de manière autonome. À l'inverse, le jeu pourrait également subir un nouveau retard significatif, voire être abandonné si les conditions économiques actuelles ne permettent plus de poursuivre son développement de manière viable.

Pour le moment, aucune communication officielle n'a permis de lever le voile sur l'avenir du titre tant attendu, laissant ainsi les fans dans l'incertitude et l'attente.

 


Une série noire pour le jeu vidéo français

 

 

La fermeture de Midgar Studio intervient après celles de plusieurs autres studios français, marquant ainsi une tendance préoccupante dans l'industrie du jeu vidéo.

Le studio parisien Spiders, créateur de GreedFall et Steelrising, a lui aussi disparu dans le cadre des restructurations engagées autour de Nacon, laissant derrière lui une empreinte indélébile dans le monde du jeu vidéo.

Quelques semaines plus tard, Douze Dixièmes, qui développait le prometteur MIO: Memories in Orbit, annonçait également la fin de ses activités après des difficultés financières majeures, ce qui a choqué de nombreux passionnés de jeux vidéo.

En l'espace de quelques mois, trois studios français disparaissent ainsi du paysage vidéoludique, illustrant une crise qui touche de plus en plus d'acteurs du secteur.

Au-delà de leur taille ou de leurs productions, ces fermetures traduisent une réalité économique de plus en plus difficile et préoccupante pour les acteurs du secteur, qui doivent faire face à des défis sans précédent.

 


Derrière les chiffres, des équipes passionnées

 

 

 

 

 

Lorsque qu'un studio ferme ses portes, ce ne sont pas seulement des locaux qui se vident ou des projets qui s'interrompent brusquement, mais un vide palpable et une atmosphère de tristesse qui s'installent.

Des dizaines de développeurs, artistes, animateurs, scénaristes, compositeurs et programmeurs voient ainsi leur travail stoppé de manière inattendue, souvent après plusieurs années de dévouement et de passion investies dans leurs projets.

La fermeture de Midgar Studio nous rappelle avec force que derrière chaque jeu se cachent des femmes et des hommes dont le talent exceptionnel, la créativité et le savoir-faire ne s'éteignent pas avec la société qui les employait. Au contraire, ces qualités perdurent en eux, prêtes à s'exprimer dans de nouveaux projets et aventures qui les attendent.

 

 

 


L'avis du rédacteur

 

Lorsque nous évoquions les difficultés de Nacon il y a quelques semaines, nous craignions que les restructurations ne soient qu'un début, une simple amorce d'une situation qui pourrait se compliquer davantage. Les événements récents semblent malheureusement confirmer cette analyse préoccupante et soulignent l'ampleur des défis rencontrés.

La disparition de Midgar Studio montre de manière frappante que la crise actuelle dépasse largement le cas d'un seul éditeur. Elle touche désormais tout un écosystème complexe composé de studios indépendants, de partenaires divers et de développeurs passionnés qui œuvrent sans relâche pour faire vivre le jeu vidéo français depuis des années, malgré les nombreux obstacles rencontrés sur leur chemin.

Nous espérons désormais qu'Edge of Memories pourra malgré tout voir le jour, se concrétiser et atteindre le public. Ce serait le plus bel hommage à dix-huit années de travail acharné et à une équipe qui aura toujours tenté de proposer des RPG ambitieux et novateurs malgré des moyens bien inférieurs à ceux des plus grands studios internationaux, prouvant ainsi leur passion et leur détermination.

 

 

Par DanReviewGaming