
Présentation Générale :
- Titre du jeu : Castlevania: Circle of the Moon
- Développeur / Éditeur : KCEK / Konami
- Plateforme(s) : Gameboy Advance
- Date de sortie : 2001
- Genre : Action RPG / Metroidvania
- Temps de jeu moyen :environ 10 heures
Note des lecteurs sur ce titre :
ECOSCORE PGM
Le premier d'une longue lignée
Premier Castlevania de la Game Boy Advance, Circle of the Moon transpose sur portable la formule d’exploration et de progression popularisée par Symphony of the Night. Son château dense, son système DSS et ses combats de boss conservent une force remarquable. Son obscurité, ses cartes rares et une difficulté parfois brutale rappellent toutefois que cette aventure n’a jamais cherché à ménager le joueur.
Graphismes :
Pour un titre accompagnant les débuts de la Game Boy Advance, Circle of the Moon affiche une ambition évidente. Les décors multiplient les architectures gothiques, les tours mécaniques, les galeries souterraines et les chapelles monumentales. Les adversaires sont nombreux, les animations lisibles et plusieurs boss occupent une part impressionnante de l’écran. Adramelech et la forme finale de Dracula restent particulièrement marquants.
Cette direction artistique possède toutefois un défaut historique bien connu : elle est extrêmement sombre. Sur le premier modèle de GBA, dépourvu d’éclairage, certaines zones devenaient difficiles à lire. L’émulation et les écrans modernes corrigent largement le problème, sans modifier une palette parfois terne ni certains arrière-plans peu contrastés.
Gameplay :
Circle of the Moon associe l’action classique de Castlevania à une progression proche du jeu de rôle. Nathan combat au fouet, utilise les armes secondaires traditionnelles et gagne des niveaux. Les équipements modifient la force, la défense, l’intelligence ou la chance, tandis que les améliorations permanentes de vie, de magie et de cœurs récompensent l’exploration.
La première heure peut sembler raide. La marche est lente, la course demande une manipulation peu naturelle et le recul après un coup expose souvent à une seconde attaque ou à une chute. Une fois le double saut, la charge et les autres aptitudes de déplacement obtenus, le rythme gagne nettement en souplesse. Chaque nouvelle capacité ouvre des passages déjà aperçus et transforme progressivement la lecture du château.
Bande-son :
La bande-son installe immédiatement une atmosphère grave et aventureuse. Les compositions originales côtoient des thèmes familiers de la série et accompagnent efficacement les changements de zone. La compression sonore de la GBA limite la profondeur des instruments, mais les mélodies conservent leur puissance durant les longues phases d’exploration.
Histoire et narration :
Aux abords de l’Empire autrichien, Camilla accomplit le rituel qui ramène Dracula à la vie. Le chasseur de vampires Morris Baldwin et ses deux élèves, Nathan Graves et Hugh Baldwin, arrivent trop tard. Morris est capturé tandis que les deux apprentis sont précipités dans les profondeurs du château. La mission de Nathan est alors limpide : retrouver son maître et renvoyer Dracula dans les ténèbres.
La trame remplit correctement son rôle sans devenir le moteur principal de l’aventure. Les interventions de Hugh installent une rivalité intéressante et Camilla donne un visage à la résurrection du comte, mais les dialogues restent rares et les personnages peu développés. Le château raconte finalement davantage que les cinématiques.
Durée de vie :
Le Dual Set-up System constitue la grande singularité de l’épisode. Une carte d’action se combine avec une carte d’attribut pour produire plus de 80 effets : fouets élémentaires, armes transformées, protections, familiers ou invocations. Ce système permet de modifier radicalement une approche et donne une vraie valeur à l’expérimentation.
Son fonctionnement demeure pourtant trop opaque. Le jeu explique peu les effets, ne révèle pas les combinaisons avant leur essai et confie les cartes à des taux d’apparition parfois très faibles. Une grande partie de l’aventure peut ainsi être terminée sans découvrir les possibilités les plus intéressantes. L’édition d’origine impose volontiers le farming ou le recours à un guide.
La carte interconnectée entretient constamment la curiosité. Une corniche trop haute, une caisse impossible à déplacer ou un obstacle infranchissable deviennent des promesses pour plus tard. Les salles de téléportation limitent progressivement les trajets et les détours facultatifs débouchent régulièrement sur de l’équipement ou une amélioration permanente.
L’orientation manque néanmoins de clarté. Après l’obtention d’un pouvoir, aucune indication ne rappelle précisément où l’utiliser. Les retours dans des zones déjà parcourues peuvent donc s’allonger, surtout après une interruption de quelques jours. La structure reste cohérente, mais elle exige une bonne mémoire de la carte.
Les boss réclament l’apprentissage de leurs attaques, une préparation correcte et une exécution disciplinée. Le Nécromancien constitue un premier avertissement, Adramelech élève brutalement le niveau et Dracula conclut sur un combat spectaculaire dont les fenêtres d’attaque restent difficiles à identifier. L’absence de jauge de vie rend chaque affrontement plus incertain qu’il ne devrait l’être.
Les ennemis ordinaires peuvent être tout aussi dangereux. Projectiles provenant du bord de l’écran, réapparitions rapides, altérations d’état, plateformes étroites et recul important se cumulent parfois dans une même salle. Les points de sauvegarde ne sont pas toujours assez proches pour éviter de répéter une longue traversée. La Battle Arena pousse volontairement cette logique à l’extrême.
Le château offre une progression substantielle, prolongée par la recherche des cartes DSS, le remplissage de la carte, la Battle Arena et plusieurs modes supplémentaires. L’essentiel du temps est consacré à explorer, combattre et améliorer Nathan.
Éléments Techniques :
Les grands sprites, la variété des monstres et l’ampleur des boss témoignent d’une belle maîtrise pour un jeu de première génération sur GBA. Quelques ralentissements, un champ parfois réduit et des attaques venues de l’extérieur de l’écran ternissent légèrement l’ensemble.
Accessibilité :
La version d’origine ne traduit pas ses dialogues ni ses menus en français, explique peu le DSS et accompagne rarement l’orientation. Les dégâts élevés, les sauvegardes espacées et les pics de difficulté peuvent décourager. Le jeu reste finissable, mais exige davantage de persévérance que les deux Castlevania parus ensuite sur GBA.
Sentiment du Testeur :
Près d’un quart de siècle après sa sortie, Circle of the Moon conserve une remarquable capacité d’accroche. Sa difficulté irrite, certains parcours épuisent et le système DSS aurait mérité une présentation plus transparente. Pourtant, l’envie de progresser, de découvrir une nouvelle salle ou d’obtenir enfin la bonne carte reprend régulièrement le dessus.
Cette persistance résume sa réussite. L’épisode n’est ni le plus accueillant ni le plus accompli des Castlevania portables, mais il possède une identité forte et un équilibre singulier entre rudesse classique et exploration moderne. Ses défauts sont réels ; ils ne suffisent pas à effacer le plaisir de parcourir une nouvelle fois son château.
| Critères | Note |
|---|---|
| Graphisme | 8/10 |
| Gameplay | 18/20 |
| Bande-son | 9/10 |
| Histoire et narration | 7/10 |
| Durée de vie | 9/10 |
| Eléments techniques | 8/10 |
| Accessibilité | 6/10 |
| Sentiment du Testeur | 18/20 |
| Note finale | 83/100 |
Conclusion
Castlevania: Circle of the Moon reste un titre fondateur de la Game Boy Advance et un solide représentant de la branche exploration de la série. Son château donne constamment envie d’avancer, le DSS offre une profondeur rare et les affrontements les plus marquants exploitent pleinement l’écran de la portable.
Son manque d’explications, sa faible lisibilité sur le matériel d’origine et une difficulté irrégulière l’empêchent d’atteindre les sommets de la saga. Il demeure malgré tout une aventure riche, exigeante et durablement captivante.
Un excellent Castlevania d’exploration, aussi généreux dans ses systèmes qu’impitoyable dans certains de ses défis.
Ce que j'ai aimé en 5 points :
- Une structure Metroidvania dense et gratifiante.
- Un système DSS riche en possibilités.
- Des boss immenses et mémorables.
- Une bande-son fidèle à l’identité de Castlevania
- Un bestiaire généreux maintenant une véritable variété dans les affrontements
Ce que j'ai moins aimé en 5 points :
-
Une difficulté parfois plus punitive que stimulante.
-
Des cartes DSS trop rares et mal expliquées.
-
Une orientation peu accompagnée.
-
Une image très sombre sur la GBA d’origine.
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Une maniabilité initialement assez raide, notamment avec la course déclenchée par une double pression directionnelle