PREVIEW - Tides of Annihilation : la claque de cette Gamescom 2026

Publié le 5 septembre 2026 à 14:30

Présent dans les allées frénétiques de la Gamescom 2026, le studio chinois Eclipse Glow Games a fait forte impression avec la démo jouable de Tides of Annihilation. Sous ses airs de jeu d'action-aventure dopé à l'Unreal Engine 5, le titre promet de nous plonger dans un univers où les mythes d'Avalon dévorent littéralement la capitale britannique. Après avoir pu poser les mains sur cette version d'essai, voici ce qu'il faut en retenir en attendant la sortie officielle.

Un monde fracturé entre mythe et réalité

Imaginez un instant la ville de Londres, avec ses repères emblématiques et ses quartiers grouillants, soudainement éventrée par une invasion venue d'un autre monde. C'est le postulat de base de Tides of Annihilation. Développé par le studio basé à Chengdu, Eclipse Glow Games (soutenu par Tencent), ce titre d'action-aventure tisse une toile fascinante entre le monde contemporain en ruines et le royaume mythique d'Avalon.

On y incarne Gwendolyn (doublée par la talentueuse Jennifer English), l'unique survivante de ce cataclysme. Désespérée par la perte de sa sœur, elle se lance dans une quête viscérale qui remplace habilement celle du Saint Graal classique : ici, l'enjeu n'est pas la vie éternelle, mais la survie immédiate.

Le responsable de cette apocalypse ? Le "Brouillard" (Fog), une force destructrice qui a déchiré Avalon de l'intérieur avant d'engloutir notre réalité, et que seul le Roi Arthur pouvait jadis contrôler. Pour progresser dans ce chaos, Gwendolyn est guidée par Guenièvre, qui délaisse son rôle tragique habituel pour devenir une véritable guide spirituelle. L'héroïne est également épaulée par Niniane, la célèbre Dame du Lac, réinventée ici sous la forme d'un esprit féérique capable de se métamorphoser en oiseau, une alliée indispensable pour progresser dans les décombres.


Une collision architecturale vertigineuse

La direction artistique traduit brillamment cette fusion des mondes. Les développeurs ont imaginé la ville mutée comme un immense "arbre" dont les branches seraient les quartiers londoniens corrompus par l'invasion.

Lors de ma session de jeu, l'exploration de l'aile égyptienne du British Museum a été un moment marquant. Découvrir ce lieu emblématique en ruines, hanté par des échos de pure dark-fantasy, offrait un décalage saisissant. Le bitume éventré se heurte violemment à l'architecture d'Avalon, le tout sublimé par une esthétique inattendue rappelant le lavis à l'encre d'Asie de l'Est.


Un gameplay de chevalier

Là où Tides of Annihilation tire d'abord son épingle du jeu, c'est dans son système de combat nerveux. En apprenant à maîtriser le Brouillard, Gwendolyn acquiert le pouvoir d'invoquer les formes spectrales des Chevaliers de la Table Ronde.

La démo nous a permis de tester cette mécanique tactique brillante. On peut équiper deux "sets" de chevaliers simultanément (un principal, un subalterne) et basculer de l'un à l'autre en un éclair. Faire appel à Lamorak et sa lance pour percer les défenses ennemies avant d'enchaîner avec un sort de contrôle de foule procure une sensation de puissance jouissive.

Il faudra bien ça pour survivre, car le jeu regorge de menaces démesurées. La démo de la Gamescom m'a d'ailleurs offert un affrontement épique contre Tyronoe, l'une des sœurs de la fée Morgane, capable d'utiliser des "dimensions miroirs". Mais les menaces les plus imposantes restent les "Chevaliers Colossaux", de véritables montagnes sur pattes qu'il faut à la fois combattre et escalader de l'intérieur.


Plus que de simples épées : une exploration en symbiose

Et c'est justement là que le level design prend tout son sens. Si la structure narrative s'annonce relativement linéaire, le jeu s'ouvre régulièrement sur de vastes zones dédiées à l'exploration et aux puzzles environnementaux. Hors des affrontements, les Chevaliers deviennent des outils indispensables pour arpenter les gratte-ciel londoniens éventrés, apportant une délicieuse touche de Metroidvania à la progression. L'exploration joue intelligemment sur les capacités de chaque invocation. D'un côté, la force brute des chevaliers "lourds" comme Palamède permet de fracasser des murs fragilisés par le cataclysme ou de déplacer des débris massifs pour dévoiler des zones secrètes. De l'autre, la gestion de la verticalité et de la distance est assurée par les archers, à l'image de Bohort, qui excellent pour atteindre l'inaccessible. Ce dernier peut décocher des flèches-grappins afin de déployer des tyroliennes au-dessus du vide, sectionner des cordes pour créer des plateformes improvisées, ou encore activer des mécanismes à distance complexes.


l'avis du rédacteur

Si vous lisez régulièrement Petits Gamers Magazine, vous savez à quel point l'équipe est friand de ces univers qui osent mélanger les genres. Et honnêtement, cette démo jouée dans l'effervescence de Cologne m'a mis une sacrée claque ! On se sent comme un véritable chef d'orchestre sur le champ de bataille, et la transition vers les phases de réflexion et de plateforme se fait avec un naturel déconcertant. Les développeurs semblent avoir réussir à intégrer harmonieusement des invocations arthuriennes à des puzzles modernes ce qui a été, sans doute, leur plus grand défi. Pari réussi sur cette prise en main.

Cependant, il faut garder la tête froide : je n'ai pas encore pu jouer au jeu dans sa globalité. La démo, bien que visuellement impeccable et extrêmement nerveuse, ne représentait qu'une infime portion de l'aventure. Il reste à voir si l'histoire tiendra en haleine sur la durée, et surtout, si la variété des Chevaliers suffira à renouveler le gameplay tant dans les combats que dans la complexité des énigmes sur des dizaines d'heures sans devenir redondant.

Néanmoins, le potentiel est énorme. Entre un respect profond du mythe arthurien (travaillé avec l'Université Tsinghua) et une proposition ludique solide, Eclipse Glow Games signe ici un premier titre extrêmement prometteur. Il pourrait bien créer la surprise lors de sa sortie sur PS5, Xbox Series et PC. J'ai hâte de retourner me perdre dans ce brouillard londonien !

Par Erodi Shijin