Preview - Retro Arcade Shop Simulator - Une salle d’arcade qui tourne déjà bien (Otakufan)

Publié le 6 septembre 2026 à 17:25

Ouvrir une salle d’arcade en commençant avec un local vide, quelques billets en poche et, évidemment, un balai. Retro Arcade Shop Simulator ne cherche pas à bouleverser les codes du jeu de gestion à la première personne. Il reprend même une formule désormais extrêmement familière : nettoyer, acheter, installer, vendre, agrandir, automatiser et recommencer.

Pourtant, quelques heures suffisent pour constater quelque chose d’important : la formule fonctionne. On commence avec deux modestes bornes et on termine déjà entouré de billards, bornes d’arcade, consoles, PC gaming, simulateurs, restauration, employés et même d’un circuit de karting. Entre les deux, les dollars commencent à s’accumuler et l’on se surprend à vouloir atteindre le niveau suivant uniquement pour découvrir la prochaine attraction.

Le jeu vient cependant tout juste d’entrer en accès anticipé. Il faut donc considérer cette version pour ce qu’elle est : une base déjà jouable et étonnamment efficace, mais dont les limites apparaissent lorsque l’on commence à entrevoir la fin de sa boucle actuelle.

Fiche technique

Titre: Retro Arcade Shop Simulator

Développeur: Alt Tab Game

Éditeurs: Ultimate Publishing, Ultimate Games S.A., PlayWay S.A.

Genre: Simulation, gestion, arcade

Plateforme: PC - Steam

Mode de jeu: Solo

Prix de lancement: 8,99 € jusqu’au 18 septembre 2026

Prix standard actuel: 9,99 €

Le grand classique du local absolument dégueulasse

Il existe visiblement une loi universelle dans les simulateurs de commerce : lorsqu’un entrepreneur récupère les clés de son nouveau local, celui-ci doit impérativement ressembler à une décharge. Retro Arcade Shop Simulator respecte la tradition.

La première mission consiste donc à dégainer le balai, nettoyer les lieux, personnaliser légèrement son commerce et installer une caisse avant de recevoir ses premières machines. Les débuts sont modestes : deux bornes identiques, quelques boîtes à jetons et une poignée de clients suffisent pourtant à introduire rapidement les bases.

Les clients achètent leurs jetons, utilisent les machines et génèrent progressivement les premiers revenus. Les paiements peuvent nécessiter de rendre la monnaie ou d’utiliser le terminal bancaire tandis que les jetons accumulés dans les machines doivent être récupérés et replacés dans leurs boîtes respectives. Rien de révolutionnaire donc, mais le tutoriel évite de s’éterniser. Les mécaniques arrivent les unes après les autres et, surtout, donnent rapidement une raison de continuer.

Toujours une nouvelle machine à acheter

C’est probablement là que Retro Arcade Shop Simulator trouve sa principale qualité. Chaque niveau débloque quelque chose. Une nouvelle borne. Un jeu de basket. Un distributeur. Une cafétéria. Un billard. Un baby-foot. Des fléchettes. Des consoles. Des PC gaming. Des simulateurs. Du karaoké. Un cinéma 8D. Du karting. Et évidemment, chaque nouvelle attraction coûte de l’argent.

Le joueur entre alors immédiatement dans cette mécanique parfaitement connue du genre : gagner de l’argent pour acheter quelque chose permettant de gagner davantage d’argent afin d’acheter quelque chose d’encore plus cher. Simple. Basique. Efficace.

Le passage des premières centaines aux premiers milliers de dollars change rapidement l’allure du commerce. Les salles s’agrandissent, les attractions prennent davantage de place et il devient possible de réorganiser librement une bonne partie de son installation pour optimiser les déplacements ou simplement construire une salle correspondant davantage à ses envies.

La version actuelle annonce jusqu’à dix salles et 28 types de divertissements, depuis les bornes traditionnelles jusqu’aux simulateurs de vol, au bowling, aux karts ou au cinéma 8D.

Une salle d’arcade, mais pas seulement

Le titre ne se contente finalement pas de poser des bornes contre des murs. Très rapidement, une partie restauration vient compléter l’activité. Café, boissons, snacks, pizzas ou burgers peuvent être préparés ou vendus aux clients. À cela viennent s’ajouter des rayonnages permettant de proposer magazines, bandes dessinées, jeux ou autres produits. Cela apporte une petite diversité bienvenue au fonctionnement général de la salle.

On surveille un distributeur presque vide, une machine à café qui demande du réassort, un client venu pour une activité précise, une machine qui tombe en panne et une boîte à jetons qui commence à déborder. Pendant les premières heures, le joueur devient donc littéralement l’homme à tout faire de son établissement. Et puis arrive l’une des mécaniques les plus importantes du jeu.

Le bonheur porte un badge d’employé

L’automatisation transforme complètement l’expérience. Au départ, tout repose sur le joueur. Encaissement, nourriture, nettoyage, attribution de certaines activités, récupération des jetons ou réparation des machines : plus la salle grandit, plus il devient impossible d’être partout à la fois. Les employés permettent progressivement de supprimer ces contraintes.

Engager quelqu’un pour gérer une tâche auparavant manuelle procure presque immédiatement une véritable sensation de progression. Ce qui ressemblait quelques niveaux auparavant à une accumulation d’obligations devient une entreprise capable de fonctionner presque seule.

L’arrivée du collecteur de jetons constitue notamment un petit moment de délivrance. Même constat lorsque l’attribution des activités ou les réparations peuvent être confiées au personnel. Le joueur récupère alors du temps pour ce qui devient progressivement le véritable moteur du jeu : développer son établissement. L’intérêt n’est donc pas de continuer éternellement à réaliser les mêmes manipulations. L’intérêt est précisément de parvenir à ne plus avoir besoin de les faire.

Une économie qui finit par s’emballer

Cette montée en puissance est plaisante, mais elle révèle également l’un des premiers points à surveiller durant l’accès anticipé. Une fois les bonnes attractions installées et plusieurs employés recrutés, les revenus augmentent très rapidement. On passe alors assez facilement d’une situation où 500 dollars constituent un véritable investissement à des journées générant plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers de dollars. Les extensions deviennent coûteuses, mais les revenus suivent largement la progression.

Dans une journée avancée, 121 clients satisfaits pour seulement six mécontents illustrent bien la facilité avec laquelle une salle correctement équipée peut fonctionner. C’est agréable si l’on recherche précisément un jeu de gestion relaxant. Cela pourrait en revanche devenir un problème si la version finale souhaite maintenir un véritable enjeu économique sur la durée. Pour l’instant, Retro Arcade Shop Simulator appartient clairement davantage à la famille des simulations « chill » qu’à celle des jeux de gestion cherchant à sanctionner chaque mauvaise décision. Et ce n’est pas nécessairement un défaut.

Quelques petites absurdités de gestion

Tout ne fonctionne toutefois pas parfaitement. La gestion de la satisfaction des clients peut parfois manquer de lisibilité. Lorsqu’une journée se termine avec une perte de popularité ou plusieurs clients mécontents, il n’est pas toujours immédiatement évident de comprendre ce qui a précisément provoqué leur insatisfaction. Les réactions liées à la propreté peuvent également sembler particulièrement sévères.

Voir un client considérer toute la salle comme trop sale à cause d’un déchet isolé devient d’autant plus amusant lorsque plusieurs employés chargés du ménage travaillent déjà dans l’établissement. Le problème apparaît encore dans les phases plus avancées, alors même que plusieurs nettoyeurs sont employés. Ce genre de comportement reste parfaitement compatible avec un jeu venant juste d’arriver en accès anticipé, mais mérite clairement quelques ajustements. Même constat pour certaines interactions ou informations qui pourraient gagner en clarté.

Des pannes qui empêchent la routine de devenir totalement passive

Les bornes et différents équipements peuvent rencontrer des problèmes matériels ou logiciels. Au départ, il faut intervenir soi-même avec les outils adaptés. Cette mécanique contribue à donner un minimum de vie à la salle et empêche simplement de poser une machine avant de l’oublier définitivement. Comme pour le reste, des employés peuvent ensuite prendre le relais.

Le système illustre assez bien la philosophie générale de Retro Arcade Shop Simulator : une nouvelle mécanique apparaît, demande l’attention du joueur pendant quelque temps puis peut progressivement être automatisée afin de libérer de la place pour l’étape suivante du développement. C’est simple, mais cohérent.

Une identité rétro encore assez sage

Le concept promet évidemment une véritable salle d’arcade rétro et certaines machines jouent pleinement cette carte, avec des inspirations immédiatement reconnaissables. L’ensemble reste cependant avant tout fonctionnel. Le jeu cherche davantage à rendre ses différents espaces lisibles et ses machines facilement identifiables qu’à proposer une démonstration graphique.

Plusieurs éléments de  personnalisation permettent heureusement de transformer progressivement le local avec différents murs, sols, éclairages, enseignes et décorations. Steam annonce actuellement 26 textures murales et 17 types de sols, accompagnés de néons, affiches et plantes.

Il existe donc déjà de quoi personnaliser les lieux, mais l’identité visuelle pourrait encore être poussée beaucoup plus loin pour vraiment donner envie de construire LA salle d’arcade rétro dont on rêverait. Le développeur annonce justement vouloir ajouter de nouvelles salles ainsi que davantage de décorations et de thèmes pendant l’accès anticipé.

Un jukebox qui cache une excellente idée

Parmi les petites surprises, le jukebox mérite une mention particulière. Au-delà de son rôle décoratif et musical, le jeu permet d’y importer ses propres morceaux. Pour un simulateur de salle d’arcade pensé comme une expérience relaxante dans laquelle on peut passer de longues sessions à organiser son établissement, la possibilité de construire soi-même son ambiance musicale constitue une excellente idée.

Ce n’est qu’un détail. Mais c’est typiquement le genre de détail qui peut donner beaucoup de personnalité à une partie.

La grande question de l’accès anticipé

Après plusieurs étapes de progression, une interrogation finit naturellement par apparaître : jusqu’où la boucle actuelle peut-elle réellement aller ? Les niveaux continuent de débloquer quelques attractions. Le flipper arrive plus tard, tout comme certains simulateurs, décorations et extensions.

Mais une partie des catégories affiche encore des éléments « bientôt disponibles », et l’on commence surtout à comprendre précisément comment fonctionneront les heures suivantes. Acheter. Installer. Gagner davantage. Agrandir. Automatiser. Recommencer.

Arrivé autour des niveaux 11 à 12, avec le karting, les simulateurs, le cinéma 8D, le karaoké et plusieurs employés déjà disponibles, la majeure partie de la philosophie du jeu est parfaitement identifiable. Cela ne signifie pas que le titre devient immédiatement inintéressant. Cela signifie simplement qu’il a maintenant besoin de son accès anticipé.

Alt Tab Game prévoit justement de profiter de cette période pour ajouter de nouvelles machines, de nouvelles salles et des packs supplémentaires de décoration et de thèmes, tout en continuant les optimisations et ajustements.

Une accessibilité déjà plutôt convaincante

La prise en main ne demande pas de connaissances particulières du genre. Les objectifs successifs accompagnent efficacement les premiers pas et les commandes restent suffisamment simples pour comprendre rapidement comment acheter, déplacer ou utiliser les différents éléments du commerce. Le français est disponible pour l’interface et les sous-titres parmi douze langues actuellement prises en charge. Seul l’audio complet est anglais.

La configuration PC reste également raisonnable. Le minimum officiel demande notamment Windows 10 64 bits, 8 Go de RAM, une GTX 1060 ou RX 5600 et 8 Go d’espace de stockage, avec SSD requis.

Premières impressions

Retro Arcade Shop Simulator ne révolutionne absolument pas le simulateur de commerce. Et finalement, il n’en a peut-être pas besoin. Sa boucle fonctionne parce qu’elle exploite correctement cette satisfaction très particulière consistant à partir de presque rien et à observer progressivement un petit commerce devenir une véritable machine à générer de l’argent.

Les premières heures sont suffisamment rythmées en déblocages pour maintenir la curiosité. L’arrivée progressive des employés constitue une véritable évolution du gameplay plutôt qu’une simple amélioration statistique, et voir sa petite salle remplie de bornes devenir un centre proposant restauration, billards, consoles, PC, karaoké, cinéma 8D ou karting reste plaisant. Son principal défi sera maintenant d’éviter que cette boucle ne s’essouffle.

L’économie devient rapidement généreuse, certains comportements des clients et employés méritent encore d’être affinés et plusieurs catégories rappellent que le contenu est toujours en construction. Mais à 9,99 € hors promotion, le constat change aussi considérablement. À ce tarif, et dans son état actuel, il est difficile de reprocher à Retro Arcade Shop Simulator de ne pas proposer immédiatement des dizaines d’heures de gestion ultra-complexe. Cette version Early Access possède déjà l’essentiel : elle donne envie de continuer à développer sa salle.

Reste désormais à voir si les prochains mois réussiront à transformer cette base sympathique en un simulateur suffisamment riche pour conserver cette envie lorsque toutes les machines auront trouvé leur place.

Wait and see. Mais pour un début d’accès anticipé, on a déjà vu largement pire.

Par Otakufan