Gamescom : Cats in the Shell : quand les matous enfilent des armures mechas pour conquérir Steam

Publié le 10 septembre 2026 à 22:16

De retour de la Gamescom, j’ai déniché pour Petit Gamer Magazine et France Magazine l'une des pépites indés les plus intrigantes de cette fin d'année. Oubliez les cyborgs humains larmoyants : dans Cats in the Shell, ce sont d'adorables félins qui pilotent des machines de guerre lourdement armées. Plongée dans les coulisses de Raven Studio, avec en prime mes impressions manette en main.

Les allées de la Gamescom regorgent toujours de surprises, mais celle-ci m'a particulièrement tapé dans l'œil. Développé par le tout jeune studio indépendant Raven Studio, Cats in the Shell est un savant mélange de roguelike et d'auto-battler, baigné dans une ambiance cyberpunk assumée. Si le nom vous rappelle un célèbre film d'animation japonais, c'est tout sauf un hasard.

De la multinationale à la passion indépendante

Pour comprendre l'ADN de Cats in the Shell, il faut se pencher sur son équipe. Derrière Raven Studio se cachent des vétérans de l'industrie, notamment d'anciens de chez Tencent et NetEase. Lors de mon entretien avec le représentant de l'éditeur du jeu, ce dernier m'a confié les raisons de cette transition :

"Notre équipe de développement principale vient de Tencent. Ils y ont travaillé et ont créé de nombreux jeux, mais aucun n'a jamais été publié car Tencent gère énormément de projets en interne. Il y a environ deux ans, le développeur principal s'est dit qu'il avait besoin de faire autre chose, quelque chose qu'il aime vraiment, plutôt que de toujours travailler sur des jeux mobiles et commerciaux. Il est donc parti pour fonder une nouvelle équipe, en se concentrant cette fois sur la création de jeux indépendants et PC."

C'est ainsi qu'est née l'idée de ce premier projet. Férus de cinéma, de science-fiction et d'auto-battlers (comme The Bazaar ou Backpack Battles), les développeurs ont eu une illumination : "Vous connaissez le film Ghost in the Shell, n'est-ce pas ? Nous voulions nous en inspirer et nous nous sommes dit : pourquoi ne pas développer un jeu avec un thème cyberpunk et dystopique, mais avec des chats au lieu d'humains ?"


100 modules à combiner et une IA pour gérer le chaos

Sur le papier, le jeu promet une profondeur tactique vertigineuse avec plus de 100 modules et pièces d'équipement à collectionner pour personnaliser son mecha. La grande question, dans un genre où les statistiques s'envolent vite, est celle de l'équilibrage. L'éditeur m'a expliqué leur méthode ingénieuse :

"Nous avons un cercle privé de joueurs professionnels qui nous aident constamment à tester le jeu. Ensuite, nous utilisons un générateur par IA pour simuler en boucle toutes sortes de builds et de combats, et nous utilisons ces résultats pour optimiser l'équilibrage."

De plus, pour éviter de briser le jeu, l'équipe a fait un choix fort : limiter au maximum les simples multiplicateurs de statistiques, qui rendent souvent les auto-battlers déséquilibrés. À la place, ils intègrent de nouvelles mécaniques et des attributs uniques.

Visuellement, les combats de mechas pourraient vite se transformer en bouillie de pixels fluo. Mais là encore, le studio a trouvé la parade : "Notre approche est de n'amplifier ces effets [visuels] que pour certaines armes spécifiques ou lorsqu'un joueur réussit un très beau combo, plutôt que pour l'intégralité des attaques."


Prochain arrêt : Steam Next Fest et Accès Anticipé

Jusqu'à présent, le titre n'avait été testé qu'en Asie. La Gamescom a permis à Raven Studio de confronter son bébé au public mondial. Et le retour a été unanime : les joueurs en veulent plus.

"Actuellement, il n'y a que du PvP, mais le jeu complet proposera trois modes," m'assure l'éditeur. "Nous avons demandé l'avis des joueurs, et presque 100 % d'entre eux estiment qu'un mode PvE (Joueur contre Environnement) ou Histoire est très important."

Ces modes sont donc officiellement en chantier ! Si tout se passe bien, nous pourrons tous remettre les pattes sur Cats in the Shell lors du prochain Steam Next Fest en octobre, avant un lancement en Accès Anticipé prévu pour novembre 2026.

Et pour finir sur une excellente note, j'ai demandé si l'équipe avait un mot pour nos lecteurs francophones. La réponse d'Alex, le développeur principal, relayée par mon interlocuteur, devrait vous faire plaisir : "Le jeu dispose d'une version française ; la langue est officiellement supportée ! Nous tenons à remercier tous les joueurs, et si le public français pouvait essayer notre jeu, ce serait génial."

Préparez vos croquettes et faites chauffer les réacteurs, la révolution féline est en marche !


L'avis du rédacteur

J'ai pu poser mes mains sur la démo du jeu, et je dois avouer que la magie opère immédiatement. Le contraste entre les petits pilotes à moustaches, tout mignons, et la violence brute des armes futuristes donne un cachet fou au titre.

La lisibilité est effectivement au rendez-vous. On comprend vite pourquoi son arme vient d'écraser l'adversaire ou pourquoi on s'est fait désintégrer. Le format choisi par le studio, le PvP asynchrone (où l'on affronte les données enregistrées des autres joueurs plutôt qu'en temps réel), est une excellente idée. Comme me l'a expliqué l'éditeur, cela permet "d'éviter les situations où un joueur aurait une très mauvaise connexion internet".

Le cycle de jeu est redoutablement addictif : une "run" ne se termine pas à la première victoire. Il faut cumuler 10 victoires (ou subir 5 défaites) pour boucler une partie, ce qui donne vraiment ce fameux sentiment du "allez, encore une petite dernière". L'évolution du mecha entre chaque round est gratifiante et pousse à expérimenter des synergies improbables.

Par Erodi Shijin