Au milieu du chaos bouillonnant et des allées bondées de la Gamescom, il est parfois difficile de trouver une pépite qui sort vraiment du lot. Pourtant, au détour d'un stand, j'ai mis la main sur une démo qui m'a instantanément happée : Hellcast. Pour comprendre ce qui se cache derrière ce titre intrigant édité par Hyper Real, j'ai pu m'asseoir avec Justin, leur responsable de l'édition (publishing manager). Portrait d'un jeu qui risque bien de bousculer nos habitudes.
Le mariage inattendu du Roguelite et du Puzzle Game de fusion
Sur le papier, le concept de Hellcast est un pari particulièrement audacieux. Comme l'explique d'emblée Justin : « Hellcast est un roguelite deck builder. Il se déroule dans un univers mythologique nordique et combine en quelque sorte la construction de deck roguelike avec des mécaniques de puzzle de fusion ».
Concrètement, le titre divise votre écran en deux zones distinctes. En haut, on retrouve une structure classique qui parlera immédiatement aux amateurs du genre : « Vous connaissez peut-être Slay the Spire ou Darkest Dungeon, où vous avez un personnage et vous combattez des ennemis », souligne Justin. Mais c'est dans la moitié inférieure de l'écran que la véritable magie opère. C'est ici que l'on doit relâcher des armes et divers objets pour créer des fusions. L'enjeu est simple mais redoutable : « Meilleurs seront vos combos, plus vous ferez de dégâts aux ennemis au-dessus. C'est vraiment un gameplay très amusant basé sur la physique », promet l'éditeur.
La physique au cœur de la bataille : une vraie notion de masse
En jouant à la démo, un détail m'a tout de suite frappée : on ressent véritablement le poids des armes. On ne se contente pas de poser des objets sur une grille, on les lance ! Justin confirme que cette dimension physique change absolument tout par rapport à un jeu de puzzle traditionnel : « Bien sûr, vous pouvez simplement lâcher l'objet et il va juste tomber. Mais si vous maintenez le bouton gauche de la souris enfoncé, vous pouvez viser là où vous voulez tirer avec l'objet ou l'arme, et il partira avec une plus grande vélocité ».
La stratégie repose donc sur les lois de la physique. Le responsable de l'édition précise : « Les objets plus petits auront évidemment moins de masse, mais les objets plus grands ont plus de masse. Donc, si vous les tirez sur d'autres objets, vous pouvez les repousser et créer différents effets en chaîne en utilisant la physique du jeu ». Le résultat à l'écran ? Un chaos organisé, nerveux et jouissif.
Chasseresse ou Vierge au bouclier : à chacune ses formes et son style
Dans la démo proposée sur le salon, seules deux classes de joueuses étaient accessibles, chacune modifiant drastiquement l'approche du puzzle. D'un côté, la Chasseresse (Huntress) est une combattante polyvalente. Équipée d'une épée ainsi que d'un arc et de flèches, elle peut effectuer des attaques rapprochées mais aussi frapper à longue distance. Dans l'espace de puzzle, son équipement fait des merveilles : l'arc et les flèches étant très longs et profilés, ils sont « très efficaces pour être tirés et se frayer un chemin à travers d'autres objets ». De l'autre côté, la Vierge au bouclier (Shield Maiden) propose une approche différente. Si elle manie aussi l'épée, elle a surtout accès à son fameux bouclier. Ce dernier permet d'augmenter son armure et d'encaisser les assauts ennemis sans subir de dégâts. Mais il ne sert pas qu'à se défendre ! « Vous pouvez aussi lancer le bouclier pour attaquer les ennemis, un peu comme Captain America », s'amuse Justin. Le bouclier tombant dans le puzzle sous la forme d'un grand cercle, il modifie totalement l'encombrement de la zone et permet des interactions physiques inédites que la Chasseresse ne peut pas réaliser.
L'art de la progression : choix, marchands, sorts et totems
Qui dit roguelite dit progression sur une carte et construction de son arsenal ("run"). Au fur et à mesure de notre avancée, il est possible de glaner des améliorations sur les différents nœuds de la carte. « Parfois, de manière typique pour un roguelite, on vous donnera le choix entre peut-être trois options et vous devez en choisir une », détaille Justin. Le jeu intègre également une dimension économique : en combattant et en terrassant des adversaires, on accumule de l'or. Ce pécule permet de croiser des marchands pour y acheter des sorts ou de précieux totems.
L'impact de ces objets est colossal. Selon Justin, les totems « peuvent complètement changer le gameplay » et vous offrir « une option vraiment, vraiment puissante qui peut vous sortir de situations difficiles ». L'éditeur nous met déjà l'eau à la bouche en promettant que pour la version finale, les développeurs préparent « une grande variété » de totems et de sorts inédits.
Un voyage de Muspelheim à Asgard, sublimé par le son
L'atmosphère nordique du titre est brute, renforcée par une ambiance sonore très forte et une bande-son qui vient sublimer chaque impact dans l'arène de puzzle. Si la démo ne laissait entrevoir qu'un seul des royaumes de cet univers, le périple s'annonce long. Quand je l'interroge sur la destination finale de notre héroïne, Justin est très clair : « Elle traverse les différents biomes, les différents royaumes. Dans la démo, vous ne pouvez découvrir qu'un seul royaume, Muspelheim. Mais vous irez dans différents royaumes, Jotunheim, pour finalement vous frayer un chemin jusqu'à Asgard. Asgard sera le royaume final ».
L'avis du rédacteur
J'ai joué à la démo, et je suis conquise ! Hellcast réussit le tour de force de dépoussiérer un genre (le deck builder) qui commençait à cruellement tourner en rond. L'ajout de la physique, de la masse des armes et des fusions dans la partie inférieure de l'écran rend les combats extraordinairement dynamiques. On n'est plus dans la simple réflexion de cartes : on calcule sa trajectoire, on vise à la souris, et on observe avec un plaisir sadique notre arme rebondir lourdement pour déclencher un combo dévastateur contre les monstres du haut de l'écran. Comme le souligne très justement Justin en fin d'interview, c'est un jeu au gameplay « très solide, très amusant et très rapide ».
C'est pour quand ? Il va falloir s'armer d'un peu de patience. L'éditeur Hyper Real prévoit une sortie en accès anticipé pour le début de l'année 2027. Cependant, bonne nouvelle pour les plus curieux : une démo publique devrait débarquer sur Steam « fin 2026 ou début 2027 ». Vous l'aurez compris, si vous êtes fans de roguelites, de mythologie nordique et de combos frénétiques, gardez précieusement ce titre dans votre viseur !