Présentation Générale:
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Titre : City Hunter
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Développeur / Editeur : Sunsoft / Clouded Leopard
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Plateformes : PC Engine - Steam
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Date de sortie : 2 mars 1990 / 26 février 2026
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Genre : Action / Aventure 2D
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Prix : 24.99€ sur Steam / Hu-card: entre 88€ et 146€
La note des lecteurs sur ce titre :
ECOSCORE PGM
Il existe des jeux rétro célèbres, des titres oubliés et d’autres que nous n’avons tout simplement jamais vraiment eu l’occasion de découvrir. City Hunter appartient à cette dernière catégorie. Sorti exclusivement au Japon sur PC Engine le 2 mars 1990, le jeu de SUNSOFT aura attendu près de 36 ans avant de revenir officiellement sur les machines actuelles, le 26 février 2026. Plus qu’un simple voyage nostalgique, cette réédition permet surtout au public occidental de découvrir enfin officiellement l’unique jeu vidéo basé sur City Hunter.
La nouvelle édition ne cherche pas à faire passer City Hunter pour un jeu moderne. Elle conserve l’original et lui adjoint notamment des modes Enhanced et Hard, des sauvegardes, un système de rembobinage, un filtre CRT, plusieurs ratios d’affichage, une galerie et un lecteur musical contenant l’incontournable Get Wild.
Graphismes
Revenir sur City Hunter en 2026 demande forcément de replacer son esthétique dans le contexte de la PC Engine. Comparer directement ses sprites, ses décors ou ses animations aux productions actuelles n’aurait aucun sens. Et remis dans son époque, le jeu conserve un charme certain.
Les sprites sont suffisamment détaillés pour reconnaître immédiatement Ryô Saeba et les différents personnages de la série, tandis que les animations restent lisibles malgré les limitations techniques de la machine d’origine. L’ensemble possède surtout cette esthétique très colorée caractéristique d’une partie de la production japonaise du début des années 90.
La réédition a également l’intelligence de ne pas chercher à lisser artificiellement le passé. Plusieurs options permettent d’adapter l’affichage avec différents ratios, un rendu pixel perfect ou encore un filtre CRT reproduisant l’apparence d’un écran cathodique.
Les bonus participent également au plaisir visuel. La galerie rassemble illustrations et images liées à City Hunter tandis que des reproductions 3D permettent d’observer la boîte, la HuCard et le manuel de l’époque.
Gameplay
C’est probablement ici que les trente-cinq années séparant City Hunter de sa réédition se ressentent le plus. Le jeu mélange action, plateformes et exploration. Ryô traverse différents environnements, affronte des ennemis, discute avec certains personnages et récupère progressivement clés, objets et nouvelles armes nécessaires à sa progression. Pistolet, bazooka, laser ou encore lance-missiles viennent régulièrement modifier sa puissance de feu. Le problème n’est finalement pas tant sa difficulté que sa philosophie. City Hunter explique très peu ce qu’il attend du joueur.
Un personnage demande un objet. Une porte nécessite une clé. Quelqu’un évoque une salle ou un étage. Ensuite, débrouillez-vous. Il faut explorer, revenir sur ses pas, essayer différentes portes et parfois traverser plusieurs fois une zone dangereuse pour finalement comprendre où se trouve la prochaine étape. C’est typiquement le genre de level design qui appartenait à une autre époque du jeu vidéo et qui peut aujourd’hui devenir franchement frustrant.
Les affrontements ne sont pas particulièrement tendres non plus. Les ennemis peuvent apparaître rapidement, les projectiles occupent parfois une grande partie de l’écran et certaines erreurs sont immédiatement sanctionnées. Mais derrière cette brutalité existe un jeu d’action-aventure qui fonctionne encore plutôt bien. Une fois sa logique comprise, la progression devient plaisante et récupérer une nouvelle arme procure toujours ce petit sentiment de puissance bienvenue.
Le mode Enhanced prend alors tout son sens. Il améliore la réactivité des commandes et corrige notamment plusieurs problèmes présents dans la version originale sans bouleverser sa progression ni son niveau de difficulté général. Et surtout, le rembobinage est probablement l’un des meilleurs ajouts possibles pour ce type de jeu.
Une erreur, un mauvais saut ou quelques points de vie perdus inutilement peuvent être corrigés sans devoir recommencer une longue portion. Cette fonctionnalité n’efface pas la difficulté, elle rend simplement certains choix de game design de 1990 beaucoup moins punitifs. City Hunter reste donc profondément old school, mais il devient beaucoup plus agréable à découvrir.
Bande Son
Impossible d’évoquer City Hunter sans parler de Get Wild. Le morceau culte de TM Network, indissociable de l’ending de l’anime, est officiellement intégré à cette réédition et disponible dans son lecteur musical. Pour celles et ceux ayant grandi avec City Hunter ou Nicky Larson, l’effet nostalgique fonctionne immédiatement. La bande-son du jeu lui-même est plus difficile à défendre sur la durée.
Les compositions ne sont pas mauvaises et correspondent parfaitement à leur époque, mais certaines boucles sont particulièrement courtes. Lorsque l’on cherche son chemin pendant plusieurs minutes dans une même zone, entendre continuellement les mêmes mesures peut finir par sérieusement peser.C’est même probablement l’un des éléments qui rappellent le plus rapidement que nous sommes devant un jeu conçu en 1990.
Heureusement, la réédition permet de régler séparément différents paramètres audio et Get Wild apporte une vraie valeur supplémentaire à l’ensemble.
Histoire et narration
City Hunter propose une histoire originale inspirée de l’univers de l’anime. Ryô Saeba, célèbre sweeper de Shinjuku, accepte une nouvelle mission qui va progressivement l’amener à découvrir les agissements d’une organisation aux intentions particulièrement douteuses. Kaori Makimura, Saeko Nogami ou encore Umibozu participent également à l’aventure.
Il ne faut évidemment pas s’attendre à une narration comparable aux productions contemporaines. Les dialogues sont courts, les personnages servent souvent directement la progression et l’histoire constitue principalement un prétexte pour faire avancer Ryô d’un environnement à l’autre. Pour autant, l’identité City Hunter est bien présente.
Les personnages, l’humour, certaines réactions de Ryô et différents clins d’œil suffisent à donner au jeu davantage de personnalité qu’une simple adaptation opportuniste. La localisation représente également un énorme changement par rapport à 1990. Pour la première fois, l’aventure est officiellement accessible en français et propose même une version utilisant l’appellation Nicky Larson, clin d’œil évident à l’histoire particulière de la série dans notre pays.
Durée de vie et rejouabilité
City Hunter reste un jeu issu d’une époque où la durée brute d’une aventure n’avait rien à voir avec les standards de nombreuses productions actuelles. Le terminer ne demandera donc pas plusieurs dizaines d’heures. Sa difficulté, les erreurs d’orientation et la nécessité de découvrir la logique de certains niveaux peuvent néanmoins considérablement rallonger une première partie.
La réédition compense surtout cette relative brièveté par plusieurs manières d’aborder le jeu. Le mode Original permet de retrouver l’expérience PC Engine, tandis que le mode Enhanced améliore son confort. Le mode Hard va beaucoup plus loin en modifiant notamment le comportement et la vitesse des ennemis, les dégâts, certaines hitboxes, le placement d’objets et les combats de boss. Une séquence de gameplay supplémentaire a même été ajoutée. Les galeries, archives et contenus musicaux complètent l’ensemble.
City Hunter reste donc une aventure relativement compacte, mais cette édition lui apporte suffisamment de contenu pour justifier plusieurs passages.
Eléments techniques
C’est probablement le domaine dans lequel cette réédition impressionne le plus. SUNSOFT aurait parfaitement pu se contenter d’émuler la HuCard originale et de commercialiser le résultat. Ce n’est heureusement pas le cas.
La version Original permet aux puristes de retrouver le jeu tel qu’il existait sur PC Engine tandis que le mode Enhanced corrige plusieurs problèmes techniques et améliore les commandes. Les sauvegardes modernes et le rembobinage permettent d’atténuer certaines frustrations sans modifier fondamentalement l’expérience. On retrouve également différentes options d’affichage, le filtre CRT, les multiples ratios et plusieurs éléments consacrés à la préservation du jeu original.
Cette volonté d’archivage est particulièrement appréciable. Les modèles 3D de la boîte, de la carte et du manuel vont même au-delà de ce qu’on attend généralement d’une simple réédition rétro. Quelques comportements hérités du jeu original restent parfois maladroits, mais l’ensemble constitue une restauration particulièrement sérieuse.
Accessibilité
Sur ce point, il faut distinguer deux choses : l’accessibilité de la réédition et celle du jeu lui-même. La première est excellente. City Hunter bénéficie désormais d’une traduction française complète, du choix entre différentes présentations, de sauvegardes, du rembobinage et du mode Enhanced. Le joueur peut donc fortement réduire les contraintes héritées de l’époque PC Engine.
Le second aspect est plus compliqué. Le jeu reste particulièrement avare en indications. Il faut parfois comprendre seul où se rendre, quel personnage revoir ou quelle zone retraverser. Une personne habituée aux standards contemporains risque donc rapidement de se retrouver complètement perdue. La difficulté peut elle aussi surprendre.
Le rembobinage évite heureusement qu’une erreur devienne systématiquement synonyme de frustration et transforme profondément le confort général sans dénaturer le contenu original. C’est précisément ce qui permet à cette réédition de trouver un excellent compromis entre conservation et accessibilité moderne.
Sentiment du testeur
City Hunter possède quelque chose que toutes les rééditions rétro ne réussissent pas à transmettre : l’impression de véritablement découvrir un morceau d’histoire qui nous avait échappé. Il serait facile de s’arrêter à ses défauts.
Son level design peut rendre fou. Certaines zones donnent l’impression de tourner en rond sans comprendre ce que le jeu attend. Les ennemis peuvent être particulièrement agressifs et entendre encore une fois la même boucle musicale après plusieurs minutes de recherche peut sérieusement mettre la patience à l’épreuve. Mais malgré cela, difficile de considérer City Hunter comme un mauvais jeu.
C’est même tout l’inverse. Lorsqu’on le replace dans le contexte de 1990, on découvre un jeu d’action-aventure réellement sympathique, possédant suffisamment d’idées, de variété et de personnalité pour comprendre pourquoi il mérite aujourd’hui cette restauration.
Et la réédition réussit précisément là où elle devait réussir. Elle ne transforme pas City Hunter en jeu de 2026. Elle permet de jouer à City Hunter en 2026. La nuance est importante. Les sauvegardes et le rewind adoucissent les éléments les plus agressifs de sa conception. Le mode Enhanced améliore les commandes sans trahir l’original. La traduction permet enfin de suivre correctement l’aventure. Et la galerie, les reproductions du matériel PC Engine ou la présence de Get Wild donnent à l’ensemble un véritable caractère patrimonial.
Il reste des moments où l’on peste. Beaucoup. Mais il reste surtout, une fois la manette reposée, le sentiment d’avoir découvert une petite pépite de son époque et une partie de l’histoire vidéoludique de City Hunter restée pendant trop longtemps inaccessible au public occidental.
| Critères | Notes |
|---|---|
| Graphismes | 7/10 |
| Gameplay | 15/20 |
| Bande son | 6/10 |
| Histoire et narration | 6/10 |
| Durée de vie et rejouabilité | 6/10 |
| Eléments techniques | 9/10 |
| Accessibilité | 8/10 |
| Sentiment du testeur | 18/20 |
| Note finale | 75/100 |
J’aime en 5 points
- Réédition soignée
- Mode Enhanced réussi
- Rewind très utile
- Localisation française
- Get Wild et les bonus
J’aime moins en 5 points
- Guidage trop obscur
- Allers-retours fréquents
- Difficulté old school
- Musiques répétitives
- Level design vieillissant
Conclusion
Trente-cinq ans après sa sortie japonaise, City Hunter méritait clairement mieux que de rester une curiosité réservée aux collectionneurs de PC Engine. Cette réédition réussit l’essentiel : préserver le jeu de 1990 sans faire semblant qu’il a été conçu en 2026.
Ses défauts sont toujours là. La progression manque régulièrement d’indications, certains passages sont particulièrement punitifs et la répétition musicale peut finir par mettre les nerfs à rude épreuve. Mais derrière cette conception vieillissante subsiste un véritable bon jeu d’époque. L’action fonctionne encore, les différentes armes apportent suffisamment de variété et l’univers de City Hunter possède assez de personnalité pour que l’on prenne plaisir à accompagner Ryô Saeba dans cette aventure oubliée.
Les nouvelles fonctions font ensuite toute la différence. Rewind, sauvegardes, mode Enhanced, traduction française, option Nicky Larson, filtres d’affichage, galerie, archives 3D et Get Wild permettent à cette édition de dépasser largement le cadre d’un simple portage. City Hunter n’est donc pas une révolution retrouvée trente-cinq ans plus tard.
C’est quelque chose de probablement plus précieux pour les amateurs de rétro : un bon jeu longtemps inaccessible, restauré avec suffisamment de soin pour qu’une nouvelle génération puisse enfin comprendre ce qu’il avait à proposer.
Et rien que pour cela, Ryô Saeba méritait largement de ressortir son Magnum.