TEST - Crazy Taxi : quand Sega transformait un taxi en machine à adrénaline (Otakufan)

Publié le 26 septembre 2026 à 12:00

Présentation Générale:

  • Titre : Crazy Taxi

  • Développeur / Editeur : Hitmaker / Sega

  • Plateformes : Dreamcast

  • Date de sortie : 27 janvier 2000 - JAP / 25 février 2000 - FR

  • Genre : Action / Course arcade

  • Prix : 15 à 20€ en loose / Neuf : entre 80€ et 100€

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Il suffit parfois de quelques secondes pour qu'un jeu nous ramène vingt-cinq ans en arrière. Un écran jaune, des flammes rouges, le logo Crazy Taxi, quelques notes de punk-rock et nous voilà revenus au début des années 2000. Sorti sur Dreamcast après avoir fait ses armes en arcade, Crazy Taxi fait partie de ces titres dont le concept tient en une phrase : récupérer des clients et les conduire à destination aussi vite et aussi dangereusement que possible.

Simple ? Oui. Basique ? Certainement pas. Parce qu'à son époque, Crazy Taxi représentait surtout une manière complètement décomplexée d'aborder le jeu de course. Pas question de trajectoire parfaite ou de conduite réaliste. Ici, les trottoirs deviennent des raccourcis, le trafic un obstacle dont on se débarrasse et chaque seconde gagnée compte.

Graphismes

Remettre Crazy Taxi dans une Dreamcast aujourd'hui rappelle forcément que nous sommes devant un jeu âgé de plus de vingt-cinq ans. Les personnages sont anguleux, certaines textures paraissent très simples et les environnements affichent immédiatement leur âge.Pourtant, il conserve une vraie personnalité visuelle. Les couleurs éclatantes, les taxis immédiatement reconnaissables, les immenses rues en pente et la mise en scène volontairement excessive participent pleinement à son identité.

Et surtout, tout reste lisible lorsque la vitesse augmente. Crazy Taxi ne cherche jamais à être réaliste. Son univers ressemble davantage à une caricature survitaminée d'une grande ville américaine, et cela fonctionne encore étonnamment bien.

Gameplay

C'est évidemment ici que Crazy Taxi conserve toute sa force. On récupère un client, une destination apparaît, et il faut trouver le chemin le plus rapide possible avant l'expiration du chronomètre. Plus on prend de risques, plus la course devient chaotique et plus l'expérience ressemble à cette véritable course contre la montre qui faisait tout le sel des bornes d'arcade.

Le jeu propose notamment les modes Arcade, Original et Crazy Box, auxquels viennent s'ajouter les records et plusieurs variantes permettant notamment de travailler pendant trois, cinq ou dix minutes. La prise en main reste immédiate et Crazy Taxi fait partie de ces jeux capables de donner envie de refaire une partie quelques secondes seulement après un Game Over.

Mais tout n'a pas traversé les années sans encombre. Les collisions peuvent provoquer des situations particulièrement agaçantes. Il arrive notamment de rester coincé contre certains éléments du décor, obligeant à effectuer quelques manoeuvres peu élégantes pour repartir. Cela n'empêche pas le plaisir de rester intact. Crazy Taxi est rapide, imprévisible et parfois complètement stupide. C'est précisément pour cela qu'il fonctionne.

Bande Son

Impossible de parler de Crazy Taxi sans parler de sa musique.Dès les premières secondes, le jeu impose une identité sonore extrêmement forte, avec notamment la présence de The Offspring. La musique accompagne parfaitement le rythme frénétique des courses et transforme pratiquement chaque partie en clip punk-rock lancé à pleine vitesse. La bande-son reste d'ailleurs l'un des éléments qui marque immédiatement lorsqu'on relance le jeu aujourd'hui. Elle n'est pas immense et les morceaux finissent forcément par tourner en boucle, mais ils sont tellement associés à Crazy Taxi qu'il est difficile d'imaginer le jeu sans eux.

Histoire et narration

Crazy Taxi ne raconte pratiquement rien. Vous êtes chauffeur de taxi. Des clients veulent se rendre quelque part. Vous les y conduisez. Et c'est à peu près tout. Les quatre chauffeurs possèdent suffisamment de personnalité pour donner une identité au jeu, mais Crazy Taxi n'a jamais cherché à développer une véritable narration. Dans le cadre d'un pur jeu d'arcade, ce n'est absolument pas gênant, même si ce critère reste naturellement très limité.

Durée de vie et rejouabilité

C'est probablement ici que Crazy Taxi montre aujourd'hui le plus clairement ses limites. Il est difficile de passer plusieurs heures consécutives dessus sans commencer à ressentir la répétition. Le principe reste toujours identique et les parties sont naturellement assez courtes.

Mais Crazy Taxi n'a jamais vraiment été conçu comme un jeu que l'on devait terminer après vingt ou trente heures. Son plaisir vient davantage du scoring, de l'amélioration de ses trajectoires, des défis de la Crazy Box et de cette fameuse envie du « allez, encore une partie ».

À l'époque, c'était aussi typiquement le genre de jeu autour duquel les amis pouvaient se passer la manette pour essayer de battre le score précédent. C'est précisément cette ambiance que le jeu continue d'évoquer aujourd'hui. Son contenu est donc relativement compact, mais parfaitement adapté à sa philosophie arcade.

Eléments techniques

Pour son époque, Crazy Taxi était particulièrement impressionnant par sa sensation de vitesse et son environnement relativement ouvert. Aujourd'hui, certaines limites sautent forcément davantage aux yeux. Les collisions avec le décor peuvent devenir problématiques et il est possible de rester complètement bloqué dans certaines situations. Malgré cela, le jeu reste fluide dans son fonctionnement général et son rythme ne souffre pratiquement jamais. Ce n'est plus une démonstration technologique en 2026. C'en était clairement une autre histoire au début des années 2000.

Accessibilité

Quelques boutons suffisent pour comprendre Crazy Taxi. Accélérer, freiner, passer la marche arrière et partir chercher des clients. Le principe est accessible quasiment immédiatement et les menus proposent également plusieurs réglages concernant notamment la difficulté, le trafic, les commandes ou les vibrations. Être capable de jouer correctement est facile. Maîtriser suffisamment le jeu pour réaliser de gros scores l'est beaucoup moins. Et Crazy Taxi peut encore se montrer étonnamment difficile lorsque le chronomètre commence à fondre.

Sentiment du testeur

Relancer Crazy Taxi aujourd'hui provoque quelque chose de particulier. Ce n'est évidemment plus la claque technologique que pouvait représenter le jeu au début des années 2000. On voit ses polygones, ses limites, ses collisions parfois absurdes et la simplicité énorme de sa boucle de gameplay. Et pourtant, quelques secondes suffisent pour que la magie reparte. Crazy Taxi représente une période où Sega osait proposer des concepts immédiatement identifiables. Une partie pouvait durer quelques minutes seulement, mais elle suffisait pour provoquer des cris, des insultes lancées aux voitures virtuelles et l'envie de recommencer immédiatement.

C'était aussi une époque où l'on pouvait simplement inviter quelques amis, leur tendre la manette après un Game Over et comparer les scores. Cette simplicité sociale appartient pleinement au souvenir laissé par le jeu. Plus de vingt-cinq ans après, Crazy Taxi n'est donc pas seulement amusant à ressortir d'un carton. Crazy Taxi est encore amusant à jouer.


Critères Notes
Graphismes 8/10
Gameplay 18/20
Bande son 10/10
Histoire et narration 4/10
Durée de vie et rejouabilité 7/10
Eléments techniques 7/10
Accessibilité 8/10
Sentiment du testeur 19/20
Note finale 81/100

J’aime en 5 points

  1. Une prise en main immédiate
  2. Une bande-son mythique
  3. Une vraie sensation de vitesse
  4. Une identité arcade intacte
  5. Le plaisir du scoring

J’aime moins en 5 points

  1. Des collisions vieillissantes
  2. Des blocages dans le décor
  3. Un contenu assez limité
  4. Une boucle très répétitive
  5. Très peu de narration

     

Conclusion

Crazy Taxi est un formidable témoin de l'époque Dreamcast. Son concept peut sembler presque rudimentaire aujourd'hui et son contenu ne permet pas forcément d'enchaîner les heures sans ressentir une certaine répétition. Mais chercher à lui reprocher de ne pas proposer une campagne interminable reviendrait presque à oublier ce qu'il voulait être. Crazy Taxi est un jeu d'arcade.

On lance une partie. On récupère un client. On fonce comme un malade. On rate une destination à quelques secondes près. On râle. Puis on relance. Ses collisions ont vieilli, sa réalisation accuse forcément son âge et sa durée de vie repose énormément sur le scoring. Mais son gameplay immédiat, sa bande-son et son énergie restent incroyablement efficaces. En 2000, Crazy Taxi paraissait complètement dingue. En 2026, il ne provoque évidemment plus le même choc. Mais il sait toujours exactement comment nous donner envie d'appuyer sur START.

par Otakufan