Les 3 et 4 octobre 2026, Paris Manga & Sci-Fi Show faisait son retour au Parc des Expositions de Paris Nord Villepinte pour une 40e édition célébrant également les 20 ans du festival. Entre rencontres avec des personnalités, découvertes de jeunes créateurs, rétrogaming, cosplay et animations en tous genres, le salon a une nouvelle fois rassemblé les passionnés de pop culture. Petits Gamers Magazine était présent durant ce week-end pour découvrir les différentes facettes d'un événement qui continue de cultiver sa convivialité. Retour sur deux journées particulièrement riches.
Une 40e édition dans la continuité des précédentes
Avec une surface annoncée de 35 500 m², quelque 300 stands et quatre scènes, Paris Manga & Sci-Fi Show proposait une nouvelle fois une programmation consacrée aux mangas, aux animés, aux jeux vidéo, au cinéma, aux séries, aux comics et aux cultures asiatiques. Une diversité qui constitue depuis longtemps l'une des principales caractéristiques de ce rendez-vous organisé par TGS Événements.
Dès l'entrée dans le Hall 7, les visiteurs retrouvaient une ambiance familière. Entre les stands de produits dérivés, les espaces dédiés aux artistes, les cosplayers et les nombreuses animations, chacun pouvait organiser sa visite selon ses centres d'intérêt.
Pour les habitués de Paris Manga, cette édition d'octobre ne bouleversait pas fondamentalement une formule déjà éprouvée lors du rendez-vous de mars. Les espaces thématiques, les animations récurrentes et certains exposants étaient de retour. Une continuité qui peut donner un sentiment de déjà-vu, mais qui participe aussi à l'identité du salon.
Car Paris Manga reste avant tout un événement où l'on vient partager une passion, retrouver certaines personnes, découvrir des œuvres et parfois simplement profiter de l'ambiance.
Les jeunes créateurs, une richesse essentielle du festival
Si les grandes licences occupent naturellement une place importante dans les conventions de pop culture, l'un des véritables intérêts de Paris Manga réside dans les rencontres avec les créateurs indépendants.
Cette édition a notamment été l'occasion de découvrir plusieurs artistes et auteurs, parmi lesquels Junior Beckley, venu présenter son manga Muntu Warriors, une œuvre puisant dans les codes du manga et des super-héros tout en valorisant des inspirations culturelles africaines.
Autre découverte, Erwood et L'Éveil de Lyia, un projet abordant notamment les questions de neurotechnologie, de transhumanisme et leurs implications éthiques. Les univers de Jenny Miki, notamment Le Cercle de l'étrange, figuraient également parmi les créations mises en avant au salon.
Au-delà des œuvres présentées, ces échanges ont surtout permis de mieux comprendre le quotidien de ces créateurs, leurs ambitions et l'investissement nécessaire pour faire connaître leur travail.
Un constat particulièrement encourageant ressort des discussions menées avec plusieurs exposants : pour certains, cette édition s'est révélée rentable. La fréquentation de leurs stands leur a permis de rentrer dans leurs frais et de tirer un bilan positif du week-end.
C'est un élément important, car participer à une convention représente un investissement financier et humain, particulièrement pour les indépendants. Voir ces artistes repartir satisfaits de leur expérience constitue une excellente nouvelle pour un milieu où la visibilité et les occasions de rencontrer directement son public sont précieuses.
L'artisanat occupait également une place intéressante, avec notamment les créations de D'Encre et D'Os, les vitraux et objets décoratifs de Yami Reflection ou encore les réalisations en pyrogravure inspirées de nombreuses licences populaires.
Certains de ces artisans étaient déjà présents lors de précédentes éditions. Leur retour témoigne de la place que Paris Manga continue d'offrir à ces activités créatives.
Le jeu vidéo, entre nostalgie et transmission
Pour un média comme Petits Gamers Magazine, impossible de passer à côté des espaces consacrés au jeu vidéo. Cette année encore, le rétrogaming occupait une place de choix, notamment grâce à l'association MO5, engagée dans la préservation et la transmission du patrimoine vidéoludique.
Les visiteurs pouvaient parcourir une véritable chronologie du jeu vidéo à travers plusieurs générations de consoles et de titres emblématiques.
De Pac-Man à Super Mario Bros., en passant par Sonic the Hedgehog, Streets of Rage II, Pokémon, Donkey Kong Country, Rayman, Tekken ou encore Halo 2, les différentes installations permettaient de retrouver des jeux qui ont marqué leur époque.
Mais l'intérêt de cet espace dépassait largement la nostalgie. Voir des enfants découvrir des titres sortis bien avant leur naissance, tandis que des joueurs plus âgés retrouvaient des sensations familières, rappelait que le jeu vidéo possède désormais une histoire suffisamment riche pour traverser les générations.
Ces installations accessibles au public offrent également une belle occasion de rappeler que le jeu vidéo est un patrimoine culturel à part entière, qui mérite d'être conservé et transmis.
D'autres propositions interactives étaient également présentes, comme Nuits Rouges : L'Affaire QuantumTech, qui mettait en avant une expérience d'enquête, contribuant à diversifier les formes de divertissement proposées sur le salon.
Des rencontres avec des figures de la pop culture
Paris Manga reste également un rendez-vous apprécié pour sa programmation d'invités. Cette édition réunissait notamment plusieurs personnalités du cinéma, des séries, du doublage et de la création de contenu, avec des noms comme Christopher Lloyd, Andy Serkis, James Marsters ou encore Emmanuel Curtil.
Pour Petits Gamers Magazine, le week-end a surtout été marqué par plusieurs rencontres particulièrement intéressantes. Nous avons notamment eu l'occasion d'échanger avec Marcus, figure historique du journalisme vidéoludique français, ainsi qu'avec Bob Lennon, personnalité incontournable du jeu vidéo sur Internet.
Ces entretiens ont permis de revenir sur leurs parcours, leurs projets et leur relation avec le public, tout en offrant des moments de discussion particulièrement agréables.
La création de contenu sur Internet était aussi représentée par des vidéastes comme Monsieur Pof et Poisson Fécond, ce dernier ayant également fait l'objet d'un entretien réalisé par Erodi Shijin.
Autre moment intéressant, l'espace presse situé en hauteur dans le Hall 7 permettait aux journalistes de bénéficier d'un lieu plus calme, avec quelques boissons et collations, mais aussi d'assister à certaines interviews.
C'est dans ce cadre que nous avons eu la possibilité d'assister à un échange avec Emmanuel Curtil et Jacques Chambon, deux personnalités bien connues du public français.
Ces moments rappellent que la richesse d'un événement ne réside pas uniquement dans les personnalités affichées sur sa programmation, mais également dans les échanges qu'il permet de créer.
Cinéma, cosplay et culture asiatique : une programmation variée
Au fil des allées, les visiteurs pouvaient également découvrir plusieurs installations inspirées de grandes références du cinéma et de la télévision. L'espace consacré à Hollywood proposait notamment des objets et décors liés à différents univers populaires, tandis que la célèbre DeLorean de Retour vers le futur et la Mystery Machine de Scooby-Doo figuraient parmi les véhicules exposés.
L'univers de Fallout, avec ses décors postapocalyptiques et son incontournable Vault Boy, bénéficiait également d'un espace particulièrement reconnaissable. Le village Star Wars permettait, lui aussi, de prolonger cette immersion dans les grandes sagas de science-fiction.
Côté animations, le salon proposait différentes démonstrations et activités, notamment du catch, qui rassemblait les spectateurs autour d'un ring installé au cœur de l'événement.
Le cosplay conservait naturellement une place importante, avec son village dédié et la présence de nombreux passionnés venus incarner leurs personnages favoris.
La culture asiatique n'était pas oubliée, avec un village coréen, des espaces consacrés à la culture japonaise, des stands de restauration et différentes activités artistiques.
Des ateliers participatifs, comme ceux consacrés à la création de Pokéballs décoratives, permettaient également aux visiteurs de quitter temporairement leur rôle de spectateur pour devenir acteurs de leur expérience.
Des activités de calligraphie, déjà rencontrées lors de précédentes conventions, complétaient cette offre, confirmant la volonté de proposer une programmation suffisamment variée pour séduire différents publics.
Une expérience de jeu de rôle qui donne envie de recommencer
Parmi les découvertes et activités du week-end, une expérience a particulièrement retenu notre attention : une séance de jeu de rôle. Après une première expérience personnelle qui avait laissé un souvenir mitigé, l'occasion de participer à un scénario inspiré de l'univers de Harry Potter permettait de redécouvrir cette pratique dans un contexte particulièrement convivial.
Animée par une association habituée à faire découvrir le jeu de rôle lors de conventions, cette session s'est déroulée dans une ambiance détendue, avec un véritable esprit de partage.
L'intérêt du jeu de rôle réside notamment dans la liberté qu'il laisse aux participants. Contrairement à de nombreux jeux vidéo dont les possibilités restent encadrées par des mécaniques prédéfinies, le jeu de rôle sur table repose sur l'imagination, l'interprétation et la capacité des joueurs à construire collectivement une histoire.
Cette expérience a été l'un des bons moments du week-end et a surtout donné envie de poursuivre la découverte de cette forme de divertissement.
C'est aussi cela, l'intérêt d'une convention comme Paris Manga : permettre aux visiteurs d'essayer des activités vers lesquelles ils ne se seraient pas nécessairement tournés spontanément.
Une organisation appréciée, malgré quelques interrogations
Sur le plan de l'accueil, cette édition laisse une impression positive. Les échanges avec plusieurs exposants ont notamment fait ressortir leur satisfaction concernant les relations avec les organisateurs. Le contact humain et l'accompagnement proposé par les équipes de TGS semblent constituer des éléments appréciés par les professionnels présents.
Dans un événement réunissant autant de profils différents, cet aspect mérite d'être souligné. Tout n'est cependant pas exempt de petites interrogations. La présence de certains commerces, notamment des vendeurs de nougat ou de fruits confits, peut sembler quelque peu déconnectée de la thématique générale. Leur activité n'a évidemment rien de problématique en soi, mais leur place dans une convention consacrée à la pop culture reste discutable.
Ce type de stand n'est toutefois pas suffisant pour remettre en question l'intérêt global du salon, tant les propositions en rapport avec le manga, le cinéma, les jeux vidéo ou la création restent nombreuses. L'autre réserve concerne davantage le format de l'événement.
Deux jours, finalement un peu trop courts ?
Avec ses deux éditions annuelles, généralement organisées en mars et en octobre, Paris Manga a trouvé un rythme qui permet aux passionnés de se retrouver régulièrement.
Pourtant, après avoir parcouru les allées, rencontré les invités, échangé avec les créateurs et participé à différentes animations, un sentiment demeure : deux journées passent extrêmement vite.
Bien entendu, étendre un événement demande des moyens supplémentaires et suppose de prendre en compte de nombreuses contraintes organisationnelles et économiques.
Néanmoins, imaginer l'une des deux éditions annuelles sur trois jours pourrait constituer une piste intéressante pour accompagner le développement du festival.
L'objectif ne serait pas nécessairement de rivaliser avec un événement de l'ampleur de Japan Expo, mais simplement de permettre aux visiteurs de profiter davantage des activités et aux professionnels de disposer de plus de temps pour leurs rencontres.
Pour les journalistes également, couvrir un salon aussi diversifié en seulement deux journées impose de faire des choix, parfois au détriment de certaines découvertes.
Un format légèrement plus long pourrait ainsi apporter un confort supplémentaire, à condition que la programmation et l'affluence justifient cette évolution.
Conclusion : Paris Manga continue de faire vivre la passion
Au terme de ce week-end des 3 et 4 octobre, cette 40e édition de Paris Manga & Sci-Fi Show laisse un très bon souvenir. Certes, le festival ne révolutionne pas sa formule et plusieurs animations ou exposants rappellent les éditions précédentes. Mais est-ce nécessairement un défaut lorsque l'essentiel fonctionne ?
Entre les rencontres avec Marcus et Bob Lennon, les échanges avec les jeunes créateurs, les découvertes artistiques, le rétrogaming et cette excellente expérience de jeu de rôle, les occasions de passer un bon moment n'ont pas manqué.
La satisfaction exprimée par plusieurs créateurs indépendants constitue également l'un des éléments les plus encourageants de cette édition. Car au-delà du divertissement, ces conventions représentent des occasions essentielles pour faire connaître des œuvres, rencontrer son public et développer de nouveaux projets.
C'est finalement ce qui ressort le plus de ce Paris Manga : son caractère humain. On y vient pour découvrir des univers que l'on apprécie, mais on en repart aussi avec des discussions, des rencontres et parfois de nouvelles passions.
Alors oui, on aimerait que le festival prenne un peu plus d'ampleur, quitte à proposer une édition de trois jours. Mais en attendant, Paris Manga démontre qu'il reste un rendez-vous sympathique et accessible à différents publics, avec des propositions adaptées à des centres d'intérêt et à des budgets variés.
Vingt ans après ses débuts, Paris Manga continue de remplir une mission essentielle : réunir des passionnés autour de leurs univers favoris et faire vivre une culture qui ne cesse de se renouveler. Et rien que pour cela, on espère bien le retrouver encore pendant de nombreuses années.