Avec Death at Fleming Manor, le studio Subersum propose une approche novatrice du jeu d'enquête. Ici, il ne s'agit pas seulement d'identifier un coupable, mais aussi de jouer le rôle d'un médecin légiste chargé de rédiger des certificats de décès à partir des indices collectés sur le terrain. Cette idée séduisante, bien qu'elle présente encore quelques imperfections dans cette démo, laisse entrevoir un titre particulièrement prometteur.
Une enquête qui sort des sentiers battus
L'histoire nous plonge en 1959, où nous incarnons Edgar Whitmore, un nouveau coroner récemment affecté au district. À peine arrivé, un accident de voiture requiert notre intervention. Ce qui pourrait sembler être un simple fait divers sert en réalité de tutoriel, nous familiarisant avec les mécaniques du jeu avant de nous ouvrir progressivement les portes du mystérieux Fleming Manor.
Contrairement à de nombreux jeux d'investigation où l'on se contente d'assembler quelques indices pour désigner un coupable, Death at Fleming Manor invite le joueur à raisonner comme un véritable médecin légiste. Chaque scène de crime doit être minutieusement inspectée pour identifier les blessures, comprendre leur origine et remplir correctement un certificat médical. Cette approche apporte une véritable fraîcheur au genre.
Observer, comprendre... puis déduire
Toute la progression repose sur l'observation minutieuse. Les scènes regorgent de petits détails : objets personnels, lettres, journaux, documents médicaux, blessures corporelles, et même l'environnement de l'accident. Chacun de ces éléments peut potentiellement jouer un rôle crucial lors du remplissage des différents formulaires.
Le jeu évoque par moments des productions telles que The Case of the Golden Idol, où chaque indice revêt une importance particulière. Cependant, il y ajoute une forte dimension médico-légale qui renouvèle efficacement la formule. L'ambiance générale est particulièrement réussie, grâce à une direction artistique inspirée de la bande dessinée et à un contexte britannique des années 50 soigneusement élaboré.
Une démo convaincante... mais encore perfectible
Bien que cette première prise en main suscite clairement l'envie d'en découvrir davantage, certains aspects méritent encore d'être perfectionnés. Le principal point qui a retenu notre attention concerne certaines déductions demandées au joueur. Lors de notre partie, l'âge de Rupert Fleming illustre bien ce problème. Les indices trouvés laissent entendre qu'il est étudiant à l'Université d'Édimbourg, passionné par la médecine et préparant un examen d'anatomie. Cependant, rien ne permet de déduire avec certitude qu'il a précisément 23 ans. Nous avons dû procéder par élimination en testant plusieurs âges avant de trouver la bonne réponse, ce qui perturbe quelque peu la logique d'investigation. Bien que ce type de situation reste heureusement isolé, il serait judicieux de corriger ce point avant la sortie définitive, afin que chaque réponse puisse être obtenue uniquement grâce aux indices fournis.
L'absence du français, un frein potentiel
Un autre point important à souligner est la question de la localisation. Actuellement, la démo est disponible en anglais, japonais, coréen et chinois simplifié, mais elle ne propose aucune traduction en français. Or, Death at Fleming Manor repose presque entièrement sur la lecture et l'interprétation de documents. Chaque nuance dans une lettre ou un rapport médical peut avoir un impact direct sur la résolution de l'enquête. Bien que la maîtrise de l'anglais permette de vivre pleinement l'expérience du jeu, l'absence de sous-titres en français pourrait décourager une partie du public francophone. Nous espérons sincèrement que les développeurs envisageront une traduction avant la sortie, car cela serait sans doute le meilleur moyen de rendre cette excellente idée accessible à un public plus large.
Verdict provisoire : une excellente surprise à suivre de près
Cette démo laisse une impression très positive. Son concept original, alliant enquête policière et médecine légale, fonctionne déjà de manière remarquable. Les mécaniques d'observation sont astucieuses, la direction artistique possède une véritable identité, et l'univers suscite immédiatement l'envie d'explorer les secrets du Fleming Manor.
Cependant, quelques ajustements seraient souhaitables, notamment en ce qui concerne certaines déductions qui pourraient être davantage étayées. De plus, l'ajout d'une localisation française permettrait au titre d'atteindre un public beaucoup plus large.
Malgré ces réserves, Death at Fleming Manor se démarque clairement parmi les démos qui ont retenu notre attention durant ce Steam Next Fest. C'est une production indépendante pleine de personnalité que nous suivrons avec grand intérêt jusqu'à sa sortie.
Par Otakufan