Présentation Générale:
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Titre : Port of Jumanah
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Développeur / Editeur : Red Dunes Games / Agaté
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Plateformes : PC (Steam) / PS5
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Date de sortie : Early Access depuis le 7 Septembre 2026
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Genre : Roguelite / Action-Aventure
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Mode : Solo
- Prix : 12.25€ sur Steam
Avec Port of Jumanah, Red Dunes Games et Agaté nous proposent une aventure sous-marine mêlant action, exploration et mécaniques de roguelite. Derrière une direction artistique particulièrement colorée, le titre nous invite à incarner Mansour, un jeune aventurier entraîné dans une succession d'événements qui vont le conduire à explorer les profondeurs marines.
Une direction artistique pleine de charme
Dès l'écran d'accueil, Port of Jumanah affiche une identité visuelle séduisante. Ses personnages aux proportions caricaturales, ses couleurs vives et son univers sous-marin donnent immédiatement envie de découvrir ce que cache cette aventure.
Le jeu adopte une présentation en 2,5D qui rappelle parfois un décor de théâtre, avec ses différents plans et ses éléments d'environnement disposés en profondeur. Certains arrière-plans bénéficient même d'un effet de flou qui disparaît progressivement à mesure que le personnage s'en approche.
L'ensemble reste agréable à regarder, avec des animations réussies et une véritable cohérence artistique. Du côté sonore, les bruitages accompagnent convenablement les actions et les musiques participent à l'ambiance sans devenir envahissantes.
Manette en main, les premières impressions sont également positives. Les déplacements répondent correctement, les esquives s'effectuent naturellement et les attaques au corps à corps comme l'utilisation des gadgets, notamment le fusil sous-marin, permettent d'aborder les affrontements de différentes manières.
Une structure roguelite classique, mais prometteuse
Port of Jumanah repose sur une succession d'expéditions sous-marines. Chaque région propose différents parcours comprenant des combats, des rencontres avec des ennemis plus puissants, des trésors ou encore des événements spéciaux.
Cette organisation rappelle notamment Cult of the Lamb dans sa manière de structurer les zones et la progression. Le joueur peut également détruire certains éléments du décor, même si les premiers parcours paraissent relativement dirigistes.
Entre deux expéditions, le port sert de zone centrale. On y rencontre plusieurs personnages qui proposent des quêtes, des améliorations et différentes possibilités de progression.
L'un des aspects les plus appréciables concerne justement la conservation de la progression des quêtes après une défaite. Lorsqu'un objectif a été accompli pendant une expédition, sa validation peut être conservée malgré la mort du personnage. Une décision particulièrement bienvenue dans un genre où recommencer fait partie intégrante de l'expérience.
Le recrutement de compagnons constitue également une bonne idée. Ces derniers peuvent apporter des bonus passifs, comme une probabilité d'obtenir davantage de ressources. Les améliorations du bateau permettent progressivement d'augmenter la capacité d'équipage ou de débloquer de nouvelles possibilités.
Cette boucle de progression possède donc de solides fondations, même si le coût de certaines améliorations semble important au regard des ressources obtenues pendant les premières expéditions.
L'oxygène, une mécanique qui devient rapidement punitive
C'est malheureusement sur ce point que Port of Jumanah commence à montrer ses principales faiblesses. Le jeu repose sur une mécanique de survie liée à l'oxygène. Jusqu'ici, rien d'anormal pour une aventure se déroulant sous l'eau. Le problème vient du fait que la réserve d'oxygène diminue naturellement avec le temps, mais également lorsque le personnage subit des dégâts.
Cette association transforme chaque affrontement en une véritable course contre la montre. Non seulement le joueur doit éviter les attaques adverses, mais il doit aussi composer avec une réserve de survie qui s'épuise continuellement, y compris lorsqu'il ne combat pas.
Sur le principe, cette contrainte pourrait apporter une dimension stratégique intéressante. Dans la pratique, l'équilibrage rencontré pendant nos sessions s'est montré particulièrement sévère.
Les premières expéditions peuvent rapidement tourner au cauchemar. Quelques attaques encaissées suffisent à compromettre une tentative, alors même que le joueur commence seulement à découvrir les mécaniques du jeu.
La situation devient encore plus problématique avec l'apparition de zones polluées et d'effets de statut comme le poison, qui viennent ajouter une nouvelle pression à un système déjà très exigeant.
Certes, le jeu propose des bonus permettant d'augmenter la quantité maximale d'oxygène, de réduire certaines pertes ou de récupérer une partie de la réserve après avoir éliminé un ennemi. Mais ces solutions n'ont pas suffi, pendant nos sessions, à faire disparaître notre principale frustration.
Car ce n'est pas tant la difficulté qui pose problème que la sensation de subir une pénalité permanente, indépendamment de ses performances en combat.
Des titres comme The Binding of Isaac, Hades, Dead Cells ou Cult of the Lamb peuvent être particulièrement exigeants. Pourtant, leurs mécaniques donnent généralement au joueur le sentiment que ses échecs découlent de ses décisions, de ses erreurs ou de son apprentissage.
Avec Port of Jumanah, la combinaison entre l'épuisement continu de l'oxygène et les dégâts subis crée, à nos yeux, une difficulté artificiellement punitive. Une sensation d'autant plus regrettable que les bases du gameplay sont loin d'être mauvaises.
Des imperfections qui s'ajoutent à la frustration
D'autres éléments demandent également quelques ajustements. La traduction française présente encore des incohérences, notamment dans certaines explications de mécaniques où des termes anglais subsistent. Quelques indications de commandes manquent également de lisibilité sur PS5.
L'exploration comporte parfois des passages peu intuitifs, notamment concernant les zones réellement accessibles ou certains éléments du décor qui peuvent être traversés alors que d'autres bloquent le passage.
Enfin, certains ennemis manquent ponctuellement de réactivité, tandis que l'équilibrage des affrontements et le rythme de progression gagneraient à être retravaillés.
Pris individuellement, ces défauts ne condamnent pas le jeu. Mais associés à la gestion actuelle de l'oxygène, ils finissent par peser lourdement sur l'expérience.
Premières impressions
C'est probablement ce qui rend cette preview particulièrement frustrante. Port of Jumanah n'est pas dépourvu de qualités, bien au contraire. Son univers est attachant, sa direction artistique fonctionne, sa prise en main est satisfaisante et ses mécaniques de progression proposent des idées intéressantes.
Nous avons d'ailleurs apprécié certains choix, comme la persistance des quêtes après une défaite ou la possibilité de constituer progressivement son équipage.
Mais un roguelite doit aussi donner envie de recommencer après un échec. La répétition des tentatives n'est pas un défaut lorsqu'elle s'accompagne d'un sentiment de progression, d'apprentissage et de maîtrise.
Or, après deux sessions, Port of Jumanah a produit l'effet inverse. Au lieu de nous donner envie de retenter une nouvelle expédition, son système de survie a progressivement épuisé notre motivation.
Et c'est bien là notre principal regret : nous n'avons pas arrêté parce que le jeu était fondamentalement mauvais, mais parce que ses mécaniques ne nous donnaient plus envie de continuer.
Conclusion
Port of Jumanah possède les fondations d'un roguelite sympathique, porté par une direction artistique réussie et plusieurs mécaniques prometteuses. Malheureusement, sa gestion de l'oxygène et son équilibrage actuel viennent considérablement ternir l'expérience.
La difficulté n'est pas un problème en soi. Elle le devient lorsqu'elle prend le pas sur le plaisir de jouer.
Dans cette version 0.22.14.9, le titre de Red Dunes Games et Agate nous laisse donc une impression profondément mitigée, avec davantage de frustration que de satisfaction au terme de nos deux sessions.
Un jeu auquel nous aimerions pouvoir donner une nouvelle chance, à condition que ses mécaniques de survie évoluent suffisamment pour laisser enfin respirer son gameplay.