Mercredi noir pour le jeu vidéo français : le STJV lance un appel à la grève nationale

Publié le 27 mai 2026 à 13:55

C'est un séisme social qui secoue l'industrie vidéoludique française en ce mercredi 27 mai 2026, à partir de 10h00. Le Syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo (STJV) a lancé un appel officiel à la grève nationale pour l'ensemble du secteur. En cause : une crise systémique d'une violence inédite qui menace, selon les estimations du syndicat, plus de 1 000 emplois à court terme à travers le pays.


L'hécatombe des studios : l'historique d'une crise sans précédent

Depuis 2024, le paysage du jeu vidéo français a subi des vagues successives de fermetures et de restructurations. Ce mercredi, les grévistes rappellent le bilan douloureux de ces deux dernières années, marqué par la disparition de structures emblématiques et de pôles technologiques majeurs :

 

  • Les liquidations judiciaires : Le secteur a vu la disparition de Mi-Clos Studio, de Starbreeze Paris, du studio de développement Spiders, de Nacon Tech, ainsi que de la branche française de Build a Rocket Boy.

  • Les fermetures sèches : Plusieurs grands éditeurs ont purement et simplement baissé le rideau de leurs filiales parisiennes, entraînant la fermeture de Microïds Studio Paris, d'Unity Paris et de Leikir Studio.

  • Les vagues de dégraissages : Le studio Don’t Nod s'est quant à lui illustré par d'importants plans de licenciements successifs.

 

Les procédures en cours : l'hémorragie continue

Loin de se calmer, la crise s'accélère avec de nombreuses procédures de restructuration actuellement en cours dans les plus grands groupes du pays. C'est cette urgence immédiate qui a poussé le STJV à appeler au débrayage général :

 

  • Le géant Ubisoft en première ligne : Un plan de suppression massif plane actuellement sur le siège d'Ubisoft à Saint-Mandé, menaçant directement 200 emplois.

  • Restructurations en cascade chez Nacon et Cyanide : Des plans de licenciements sont actifs chez Nacon et sa filiale Cyanide, cette dernière envisageant la fermeture définitive du studio Big Bad Wolf. Les équipes de Kylotonn subissent une trajectoire similaire.

  • Des grands noms du secteur touchés : Quantic Dream et Eden Games sont également engagés dans des plans de licenciements, tandis que le studio Don’t Nod fait face à de nouvelles vagues de suppressions d'emplois déjà annoncées.

  • Dépôts de bilan : Midgar Studio se trouve actuellement sous le régime du redressement judiciaire.

 


Les revendications du STJV : un changement radical de modèle

Face à ce que le syndicat qualifie de faillite managériale, le STJV ne se contente pas de demander des aménagements, mais exige une refonte profonde de la gouvernance des studios. Trois revendications principales portent ce mouvement de grève nationale :

 

  • L'annulation immédiate de l'ensemble des plans de licenciements actuellement envisagés dans l'industrie.

  • La responsabilisation des dirigeants : Le syndicat demande que les patrons assument leurs choix stratégiques, si nécessaire en démissionnant de fonctions qu'ils ont, selon le communiqué, démontrées inutiles.

  • Une gouvernance ouvrière : Le STJV exige la remise du pouvoir décisionnel directement entre les mains des travailleurs, qu'il désigne comme les seules personnes véritablement compétentes pour concevoir et produire des jeux vidéo.

 

La rédaction du Petit Gamers Mag suit de près l'impact de ce débrayage historique dans les différents studios du pays en cette journée décisive pour l'avenir de la création française.

Fabien - Nintend'Oz-Event