Figure emblématique de la scène e-sport et du versus fighting en France, Kayane était de retour à la Japan Expo. Pour les lecteurs de Petits Gamers Magazine, la championne et animatrice revient sur ses premiers pas en tournoi, l'évolution de l'accessibilité des jeux de combat pour la nouvelle génération, et les défis financiers qui freinent encore les jeunes talents. Rencontre avec une passionnée toujours avide de nouveautés.
Petits Gamers Magazine : Bonjour Kayane ! C'est toujours un plaisir de te retrouver à la Japan Expo. Que représente ce salon pour toi aujourd'hui après tant d'années de présence et de tournois mémorables ?
Kayane : J'ai commencé la Japan Expo quand je devais avoir 10 ou 12 ans. Pour moi, ça a donc été l'un de mes premiers événements mêlant la culture japonaise, les animes, les mangas et les jeux vidéo. C'était toujours très fun de pouvoir y aller chaque année pour rencontrer des joueurs avec qui je jouais à Soul Calibur. Voir que j'ai commencé là en partie, pour ensuite me retrouver à animer des scènes comme la conférence Persona ou Final Fantasy qui sont des licences que j'adore, ça me fait très plaisir de réaliser que vraiment plus de 20 ans plus tard, j'en suis là aujourd'hui.
Petits Gamers Magazine : Notre magazine s'adresse notamment à une jeune génération qui découvre le média. Le versus fighting a la réputation d'être un genre très exigeant, parfois intimidant avec ses combats à rallonge. Quel conseil donnerais-tu à un de nos jeunes lecteurs qui hésite à se lancer ?
Kayane : Maintenant, les jeux de combat sont aussi simplifiés. Il y a le mode de combat classique, mais tu as également des modes de combat simplifiés, où tu n'as pas forcément besoin de faire des quarts de cercle ou de maîtriser des timings très précis pour sortir des combos. Dans Street Fighter, par exemple, tu as le mode moderne, et dans Granblue Fantasy, tu peux activer ou désactiver les commandes avancées. Cela permet de ne pas connaître les jeux de combat tout en prenant quand même du fun dans l'univers du jeu. Plus tard, si l'on se prend d'affection pour le jeu, on voudra peut-être jouer en mode classique pour optimiser les dégâts et les combos. Mais aujourd'hui, rien ne nous force à jouer avec les commandes classiques : tous les jeux de combat proposent désormais des choses simplifiées pour que l'on se baigne avant tout dans l'univers.
Petits Gamers Magazine : Tu as commencé la compétition extrêmement jeune, tu étais toi-même une petite gameuse propulsée dans le grand bain. Penses-tu que l'écosystème e-sport d'aujourd'hui est mieux préparé pour encadrer les jeunes talents ?
Kayane : Je trouve qu'en France, on a encore du mal avec les plus jeunes parce que cela reste une passion coûteuse de jouer à des jeux de combat et d'aller dans des événements. De mon côté, quand je fais des événements ou des sessions d'entraînement ouvertes à tous, le prix est autour d'une dizaine d'euros, ça coûte 12 balles. Mais quand tu veux participer à un tournoi d'un peu plus d'ampleur, tout de suite ça va chiffrer entre 40 et 80 euros. L'Evo France, par exemple, c'est 150 euros, et même le pass spectateur coûte 100 euros. Quand tu es jeune, tu n'as pas 150 euros à mettre dans un tournoi.
Je pense qu'il faudrait des aides pour que les jeunes puissent participer à ce type d'événements, ou bien des tarifs préférentiels pour les étudiants et les jeunes qui n'ont pas encore de travail. Actuellement, le prix est fixe pour tout le monde, et il faut faire des efforts à ce niveau-là pour rendre les grands tournois accessibles. Fût un temps, le Pass Culture permettait de faire des achats, de s'inscrire, d'acheter des bouquins ou des jeux vidéo. Je crois que ce budget a ensuite été réduit, mais si l'on pouvait se servir de ça pour payer des tournois, ça pourrait être super chouette.
Petits Gamers Magazine : Entre l'animation d'émissions, le stream sur Twitch, l'organisation de tournois et la compétition, tu portes de nombreuses casquettes. Qu'est-ce qui continue de t'animer au quotidien et quels sont tes projets pour cette fin d'année 2016 ?
Kayane : Je suis très excitée à chaque fois qu'un nouveau jeu de combat est annoncé. Là, par exemple, avec Virtua Fighter Crossroads, c'est le retour de la licence après plus de 20 ans d'attente. De voir que le jeu se renouvelle en proposant un système de combat très axé "arts martiaux", et non avec des effets hyper flashy comme dans Tekken, c'est comme regarder un film d'arts martiaux, et j'aime beaucoup ce type de gameplay. C'est bien d'avoir des jeux qui varient et possèdent leur propre identité.
Pour Virtua Fighter, comme c'est le studio Ryu Ga Gotoku derrière (qu'on connaît pour Yakuza), ils y mettent toute leur expérience du jeu solo et des cinématiques aux expressions faciales très réalistes. Pour l'instant, c'est hyper méga réussi : je n'ai jamais vu un jeu de combat aussi beau dans son mode histoire. Je trouve que c'est un sacré bond dans ce qu'ils sont capables de faire et j'ai vraiment hâte de voir ça.
Sinon, il y a Marvel Tokon en août, avec Arc System qui s'associe à PlayStation et à Marvel pour une super collaboration, et il y a Avatar qui va sortir aussi. Je suis toujours excitée de découvrir des nouveaux jeux, de nouvelles licences et de nouvelles façons de jouer. Comme ça évolue bien, on ne sait plus où donner de la tête, l'actualité est bien chargée et on ne s'ennuie pas.
Petits Gamers Magazine : Dernière question traditionnelle qu'on pose souvent... Tu es coincée sur une île déserte avec un seul jeu vidéo et une console. Qu'est-ce que tu emporterais ?
Kayane : Avec un seul jeu pour jouer ? Qu'est-ce que je vais faire sur une île déserte avec un seul jeu ? Un soir... Un petit Final Fantasy 7 Rebirth peut-être ? Ouais, sur ma Switch 2. Je ferais ça.
Petits Gamers Magazine : Merci beaucoup Kayane.