L'univers Honor of Kings a déployé ses ailes à la gamescom 2026

Publié le 10 septembre 2026 à 10:59

Envoyée spéciale en Allemagne pour Petits Gamers Magazine, j'ai bravé la foule du Hall 8.1 de cette gamescom 2026 pour m'infiltrer sur le gigantesque stand de Tencent Games. Entre l'annonce mondiale d'un tout nouveau spin-off stratégique, des démos gargantuesques et la célébration d'une décennie de MOBA, TiMi Studio Group a sorti l'artillerie lourde pour conquérir le public occidental. L'ordre des annonces sur le salon témoigne d'une volonté claire : prouver que la franchise sait innover tout en respectant ses racines. Récit d'une journée d'immersion où les manettes n'ont pas eu le temps de refroidir.

La révélation surprise : Honor of Kings : ACE

La véritable sensation de ce salon réside dans l'innovation. Jouable pour la toute première fois sur PC et mobile, le titre inédit Honor of Kings : ACE s'éloigne du champ de bataille traditionnel pour proposer une expérience hybride redoutablement intelligente, mêlant jeu de cartes tactique et mécaniques d'auto-battler. Le cœur du jeu repose sur des affrontements de type battle royale où six participants se mesurent simultanément. Au fil des manches, chaque joueur utilise ses ressources pour acquérir des héros depuis une boutique partagée. La promesse est ambitieuse : offrir une évolution vertigineuse des unités, capables de franchir le niveau cent, garantissant ainsi qu'aucune partie ne se ressemble jamais.

La profondeur stratégique s'exprime pleinement à travers un système de factions pointu. Avec un casting colossal avoisinant les deux cents héros répartis en cinq origines distinctes, le simple placement sur le plateau ne fait pas tout. Déployer plusieurs combattants d'une même faction déclenche de puissantes synergies indispensables pour écraser la concurrence. Cette dynamique est sublimée par les Contestants, les avatars qu'incarne le joueur, qui possèdent leurs propres cartes Signature. Le personnage de Puffle, par exemple, utilise sa compétence Bubble Bash pour piocher dans une faction précise et peut déclencher l'effet Joyful Rally pour inonder sa main de nouveaux héros. D'autres personnages misent sur le mimétisme des unités adverses ou manipulent l'économie de la boutique. Des événements aléatoires, allant des enchères soudaines aux cartes d'effets instantanés, viennent constamment bousculer le rythme de l'arène. Les joueurs solitaires ou ultra-compétitifs ne sont pas oubliés, avec des parcours scénarisés sous forme de puzzles tactiques PvE et une file classée pensée pour grimper dans les classements mondiaux.


Une ambition d'une autre dimension : Honor of Kings : World

Après cette nouveauté stratégique, le passage par Honor of Kings : World constituait l'autre étape incontournable du stand. L'Action-RPG multijoueur signe un retour en force avec une démo particulièrement généreuse de quarante-cinq minutes, permettant de prendre la pleine mesure de ce projet titanesque. Manette en main, le monde ouvert se révèle tentaculaire et visuellement bluffant, servant de terrain de jeu à un système de combat extrêmement nerveux. Les développeurs ont d'ailleurs invité les visiteurs à tester leurs réflexes sur la scène principale à travers des duels en un contre un, ou en coopération lors du redoutable Dual PvE Boss Challenge. Pour immortaliser cette aventure épique, un majestueux point photo reproduisant la Tour de l'Illumination permettait aux fans de repartir avec un souvenir tangible de leur plongée dans cet univers étendu.


Les racines d'un empire : L'héritage MOBA en pleine célébration

Si l'avenir de la licence s'écrit à travers de nouveaux genres, il était impossible de faire l'impasse sur ses fondations. Le MOBA classique en cinq contre cinq tenait une place de choix sur le salon pour rappeler d'où vient ce succès mondial. Honor of Kings, sous l'égide de Level Infinite, proposait des sessions de jeu d'un quart d'heure encadrées par une monumentale réplique de la Fontaine de Nuwa. Les plus adroits pouvaient même s'essayer au défi du Last-Hit pour repartir avec des produits dérivés officiels. Juste à côté, l'ambiance était résolument festive pour Arena of Valor. Édité par Garena, le titre célébrait ses dix ans d'existence. Pour récompenser la fidélité de la communauté, un mini-jeu haletant baptisé Regional Skins Spin mettait les nerfs des joueurs à rude épreuve : il fallait marteler un bouton pour aligner trois écrans identiques en un temps record de trente secondes, avec de superbes récompenses exclusives à la clé.


Au-delà de la manette : Art et conscience écologique

L'univers façonné par TiMi Studio Group s'est également exporté en dehors du brouhaha du parc des expositions pour offrir des respirations bienvenues. À la Wassermannhalle de Cologne, l'exposition gratuite Worlds of Play proposait une immersion culturelle fascinante. Les curieux pouvaient y admirer une vitrine inédite mariant l'art traditionnel des fresques de Dunhuang, classées au patrimoine mondial de l'UNESCO, au design contemporain du jeu vidéo. Le clou du spectacle restait la toute première présentation d'une somptueuse sculpture de Li Bai dans sa tenue Phénix Blanc. Enfin, l'éditeur a profité de la résonance du salon pour marquer son engagement environnemental. À travers le programme gamescom epix et l'alliance Playing for the Planet facilitée par l'ONU, le studio s'est associé à Bandai Namco pour proposer une quête interactive. Une initiative louable qui récompensait les joueurs tout en leur glissant de précieux conseils pour réduire concrètement l'empreinte carbone de leurs installations vidéoludiques à la maison.


L'avis du rédacteur

Ayant pu poser les mains sur la fameuse démo de vingt-cinq minutes au milieu du salon, mon verdict est très enthousiaste. Le titre réussit un véritable tour de force en exigeant une vraie gymnastique intellectuelle pour optimiser ses synergies, tout en demeurant étonnamment intuitif lors des premiers tours de jeu. La direction artistique, stylisée et très moderne, tranche radicalement avec ce que l'on connaît de la licence historique, apportant un vent de fraîcheur visuel saisissant. Lors des matchs sur la scène principale, l'intensité était palpable, prouvant que ce spin-off possède toutes les cartes en main pour s'imposer durablement sur la scène multijoueur.

Cependant, il conviendra de garder un œil critique et attentif d'ici la sortie. Avec un casting vertigineux de deux cents héros, le défi de l'équilibrage s'annonce colossal pour le studio : il faudra éviter qu'une "méta" dominante ne s'installe et ne fige les stratégies. De plus, s'agissant d'un jeu de cartes basé sur l'accumulation, la viabilité du titre sur le long terme dépendra grandement de son modèle économique. TiMi Studio devra prouver que l'acquisition des ressources et l'évolution des cartes récompensent le talent stratégique sans tomber dans les écueils du pay-to-win.

Par Erodi Shijin