Evo France 2026 : Nice tire sa révérence, Paris dans le viseur !

Publié le 12 octobre 2026 à 13:16

Ce week-end du 9 au 11 octobre, le Palais des Expositions de Nice a littéralement tremblé sous les cris du public et le fracas des sticks arcades. Pour cette deuxième édition sur notre sol, l’Evo France a prouvé une chose : l’Hexagone est bien devenu le cœur battant du versus fighting en Europe. Avec plus de 1 075 fous furieux inscrits sur Street Fighter 6 et quasiment un millier sur Tekken 8, on a eu droit à la crème de la crème mondiale. Mais oubliez les simples statistiques ; ce qu'on retiendra de ce week-end, ce sont les sueurs froides, les remontadas improbables et cette annonce de fin qui va totalement bouleverser la scène.

Sur le ring : Des finales irrespirables

Dimanche, l'ambiance est montée d'un cran sur la scène principale. Sur Street Fighter 6 (avec un ticket direct pour la Capcom Cup 13 et 50 000 € en jeu, rien que ça), l'Américain Dual Kevin nous a offert un scénario de légende. Propulsé depuis le bracket des perdants avec son Rashid, il a réussi l'exploit de réinitialiser la finale face au Japonais Tachikawa, qui nous avait pourtant tous cueillis à froid en sortant une Crimson Viper des grands jours. Grâce à une pression aérienne étouffante et des nerfs d'acier, Dual Kevin a raflé la mise devant des monstres de la discipline comme Punk, Kobayan ou Problem X.

Du côté de Tekken 8, c’était l'heure de gloire de JeonDDing. Et voir le Sud-Coréen survoler le tournoi et soulever le trophée sous les couleurs de notre Team Vitality nationale, ça avait une sacrée saveur ! Il a régné sur le Top 8 avec un Eddy Gordo complètement insaisissable. Lors de l'ultime affrontement face au Bryan Fury de son compatriote LowHigh, JeonDDing a enchaîné les esquives millimétrées et les contres foudroyants pour sécuriser 800 points cruciaux au classement mondial.

Petit clin d’œil obligatoire également à la légende japonaise GO1, sacré tout premier champion de l’histoire sur Fatal Fury: City of the Wolves, et à l’arrivée très remarquée de 2XKO de Riot Games, qui a mis le feu avec des joutes ultra dynamiques autour du duo Lux/Yasuo.


Le mur international pour nos Français

On ne va pas se mentir, le niveau des qualifications était terrifiant la commu ne les avait pas rebaptisées "l'Ancre noire" ou "les poules de la mort" pour rien. Sur SF6, nos espoirs Kilzyou et Nassim-Claw ont tout donné vendredi et samedi, mais ont fini par buter aux portes du Top 24 face aux rouleaux compresseurs asiatiques et américains.

Mais comment parler de cet engouement français sans saluer la prestation magistrale de nos commentateurs, à commencer par l'incontournable Norman « Genius » Chatrier. Figure historique de l'e-sport tricolore, l'ancien quatorze fois champion de France et champion d'Europe sur Tekken a littéralement enflammé le micro ce week-end. Devenu co-caster officiel pour la Karmine Corp depuis 2024, il a donné de la voix et des tripes pour soutenir nos joueurs, vivant chaque combo avec une intensité folle lors des matchs sous haute tension de son poulain Kilzyou. Son énergie communicative et son œil d'ancien joueur pro ont donné une dimension encore plus épique aux affrontements, prouvant que le spectacle se jouait autant sur l'écran que derrière les pupitres de cast.

La ferveur locale s'est ensuite reportée sur Tekken 8, où Kayane et Super Akouma ont fait vibrer le public azuréen. Super Akouma nous a même offert une remontée héroïque et pleine de panache en repêchage, frôlant le Top 16 mondial avant de tomber avec les honneurs. La marche internationale était haute, très haute, mais la scène française a prouvé qu'elle avait les armes et le mental pour regarder l'élite mondiale dans les yeux.


L'avis du rédacteur

Quel week-end... Cet Evo France 2026 aura été celui de la maturité technique, mais surtout des tripes. Voir une telle variété de styles de jeu dicter la physionomie des matchs a fait un bien fou à la compétition.

Mais la véritable secousse n'a pas eu lieu sur les écrans. Dimanche soir, lors de la cérémonie de clôture, la bombe est lâchée : l'année prochaine, l'Evo France plie bagage et s'installe à Paris du 22 au 24 octobre 2027. J'avoue ressentir un pincement au cœur pour Nice et son cadre idyllique qui nous a offert une ambiance si chaleureuse pendant deux ans. Toutefois, la logique business est imparable. Monter à la capitale, c'est s'assurer des infrastructures beaucoup plus massives et une accessibilité internationale décuplée pour les joueurs du monde entier. Pour rivaliser les yeux dans les yeux avec les éditions historiques de Las Vegas ou de Tokyo, ce déménagement était une étape indispensable. Quitter la Côte d'Azur est un pari audacieux pour l'identité du tournoi, mais une chose est sûre : on y sera, et la ferveur de la communauté, elle, fera le voyage sans aucun problème.

Par Erodi Shijin