Akira : le chef-d'œuvre visionnaire qui a révolutionné l'animation japonaise (Nékomé)

Publié le 27 juin 2026 à 15:28

Un film sorti tout droit du manga "Akira"

 

 

Akira a également été représenté dans de nombreux jeux d'arcade, ce qui a contribué à sa diffusion phénoménale à l'échelle mondiale. De nombreux produits dérivés, tels que des figurines et des posters, ont également vu le jour.

En 2012, Otomo a ravivé l'intérêt pour Akira avec le lancement d'une série animée. Une rumeur a même circulé concernant une éventuelle version en live-action.

Avec l'avènement du XXIe siècle, Akira a été adapté en jeux sur de nombreuses consoles, et même sur téléphones, avec des graphismes modernisés tout en préservant l'esprit original.

 

 

 

Le manga "Akira", créé en 1982 par le talentueux Katsuhiro Otomo, a été adapté en film par le même auteur en 1988.

Ce long métrage a rencontré un succès immédiat au Japon, puis s'est rapidement imposé à l'échelle mondiale. Il a été le premier film à allier animation numérique et techniques traditionnelles, mobilisant une équipe de 1 300 animateurs et 160 000 cellules d'animation.

"Akira" a également laissé une empreinte durable dans divers domaines artistiques, influençant des musiciens comme les Daft Punk, ainsi que des cinéastes tels que Christopher Nolan pour "Inception" et les Wachowski pour "The Matrix", sans oublier de nombreux autres créateurs et réalisateurs.

 

Un futur post apocalyptique dans la ville de Néo Tokyo

L'histoire se déroule dans la ville de Néo Tokyo en 2019, trente ans après une mystérieuse explosion survenue durant la III ème guerre mondiale.

Nous suivons les aventures d'une bande de motards adolescents, dirigée par Kameda et son ami d'enfance, Tetsuo. Ce dernier sera enlevé par l'armée pour subir des expériences, mais parviendra à s'échapper, doté de pouvoirs hérités d'Akira, le sauveur tant attendu de cette société en proie à la guerre civile.

 

 

Ce film s'inspire de la conjoncture politique mondiale de l'époque, marquée par de nombreuses émeutes où s'affrontent étudiants, forces de l'ordre et gouvernement. La délinquance et le chômage sont des thèmes centraux de cette œuvre.

Par ailleurs, il met en lumière l'usage excessif de la technologie par l'homme, qui, en se prenant pour Dieu, s'aventure à expérimenter des éléments qui le dépassent, au risque de détruire  des vies humaines.

 

 

Un film futuriste avant gardiste 

 

Ce film, réalisé en 1988, nous projette en 2019, soit un  futur plus proche de 2026 que de 1988. Ce qui le rend plus actuel que son époque de création. L'auteur imagine un avenir marqué par des avancées scientifiques et des expériences inquiétantes. On y observe le désir de l'humanité de maîtriser des forces qui, finalement, lui échappent, entraînant des catastrophes au péril de vies humaines. Les enfants abandonnés deviennent alors de simples sujets d'expérimentation, ignorés par la société qui les a exclus.

La société dépeinte dans ce film évoque une atmosphère anxiogène, caractérisée par le chômage, la délinquance et la vente de drogues dans des bars. Les scènes sont choquantes, violentes et crues.

Dans cette histoire, deux femmes se démarquent parmi les personnages principaux : Keï, membre de la résistance, et Kaori, la fidèle amie de Tetsuo. Les autres personnages féminins, en revanche, se contentent de jouer un rôle de figurantes vulgaires.

La ville de Néo Tokyo en 2019

Le terme "Akira" ( ) en japonais est composé de "Aki", qui signifie clair, lumineux ou brillant, et de "Ra", qui évoque le son, la lumière ou le verbe adorer, selon le contexte. Ici, nous faisons surtout référence à une lumière éclatante et à une sagesse rayonnante.

Il est important de noter que "Akira" ne désigne pas un personnage de la bande de Kaneda, ni même Kaneda lui-même, comme on pourrait le croire au début du film.

La ville au style futuriste semble presque floue, enveloppée dans un halo de néons et d'effets de vitesse lors des scènes de moto. Les perspectives, vues du sol, accentuent cette impression de hauteur et de vertige.

En revanche, les rues, jonchées de déchets, de ruines et de décombres, créent un contraste saisissant avec l'éclat lumineux des tours et des néons. Le réalisateur exploite habilement ce jeu de contrastes, offrant au spectateur une expérience immersive qui change selon l'angle de vue.

Ce long métrage nous plonge dans les rues et les sous-sols de la ville, sans jamais laisser au spectateur le moindre temps mort. La bande sonore renforce cet effet de mouvement, accompagnant les scènes avec une intensité qui ne cherche pas à éclipser l'action, mais plutôt à lui insuffler une sensation de violence et de brutalité.

La représentation de la violence est sans compromis : les armes, les morts, les affrontements, les manifestations et le sang sont présentés de manière explicite, sans tentative de dissimulation.

De plus, la couleur rouge s'impose tout au long du film, apparaissant sous forme de taches ici et là, que ce soit à travers une paire de gants, une cape, la moto de Kaneda, le sang ou divers détails dans les rues de Néo Tokyo. 

 

Verdict : un film d'animation en avance sur son temps et réaliste

 

Les couleurs oscillent entre douceur et intensité, ponctuées de touches de rouge qui évoquent le sang omniprésent tout au long du film. La musique accompagne l'action et le suspense, captivant l'attention du spectateur sans relâche.

L'amitié émerge comme l'un des rares et précieux sentiments du film, illustrée par la détermination de Kaneda à sauver son ami d'enfance, Tetsuo. Nous les voyons se soutenir dans l'adversité et leur lien n'a pas changé au fil des années. L'humour, quant à lui, se manifeste à travers les dialogues d'adolescents maladroits, ce qui rend ces personnages attachants malgré l'atmosphère violente du film. Les échanges sont souvent crus, violents, vulgaires et résolument modernes, ce qui est d'autant plus surprenant pour un film de 1988 qui pourrait avoir été réaliser en 2026.

Au fil de nombreuses scènes, on ne peut s'empêcher de remarquer des détails qui rappellent Dragon Ball, souvent cité comme le « troisième meilleur manga de tous les temps » par les Japonais. Ce dernier a été lancé en 1984, deux ans après Akira. Fait intéressant, le créateur de Dragon Ball n'est autre qu'Akira Toriyama, ce qui soulève des interrogations ! Les similitudes sont évidentes : les effets de cape, les coiffures et les nuages de poussière sont autant d'éléments qui les rapprochent.

Akira est un film culte, à la fois bouleversant de réalisme et terrifiant quant à l'évolution de l'humanité. Il continue d'attirer de nouveaux fans à travers les générations. Cela témoigne du génie de Katsuhiro Otomo, qui nous plonge dans un univers en avance sur son temps, capable de résonner avec toutes les générations passées et à venir.

 

Par Nékomé 

 


Note Nékomé