Japan Expo 2026 – Elsa Brants : « Ce qui est vraiment important pour moi, c’est de faire de l’humour » (Otakufan)

Publié le 21 juillet 2026 à 16:37

À l’occasion de la Japan Expo 2026, Petits Gamers Magazine a eu l’immense plaisir de rencontrer Elsa Brants, la mangaka française à qui l’on doit notamment Save me Pythie et Myrtis. Vocation, rythme de travail, passions vidéoludiques, processus de création et grandes influences : une conversation généreuse et spontanée, placée sous le signe de l’humour.

Une rencontre pleine d’humour à la Japan Expo

Il y a des rencontres qui revêtent forcément une saveur particulière. Celle avec Elsa Brants en fait partie. Présente à la Japan Expo 2026, l’autrice nous a accordé quelques minutes pour revenir sur son parcours, son quotidien et tout ce qui nourrit son imaginaire.

Derrière son sourire et ses réponses volontiers espiègles se dessine le portrait d’une créatrice passionnée, animée depuis l’enfance par le désir de raconter des histoires. Une artiste au rythme de travail impressionnant, lectrice insatiable, amatrice de jeux de société et joueuse de Bomberman suffisamment sûre d’elle pour lancer un défi aux visiteurs venus avec leur Nintendo DS.

Nous vous invitons à découvrir cet échange aussi drôle que sincère.

« C’était un rêve d’enfant »

Petits Gamers Magazine : Bonjour Elsa. Pour commencer, peux-tu nous parler de ce que tu fais et nous raconter comment tu es arrivée dans ce métier ?

Elsa Brants : Je fais de l’humour ! En réalité, c’était un rêve d’enfant. Je voulais faire cela depuis toute petite. Seulement, à mes débuts, les éditeurs ne finançaient pas d’auteurs français au format manga. J’ai donc commencé par travailler sur des bandes dessinées en tant que coloriste. C’était très bien aussi, mais ce n’était pas vraiment le moyen de communication que je privilégiais.

Lorsque les éditeurs ont commencé à s’ouvrir à la création française, je me suis très vite engouffrée dans cette possibilité.

Des journées qui commencent avant l’aube

PGM : À quoi ressemble une journée type dans la vie d’Elsa Brants ?

Elsa Brants : Je suis lève-tôt ! En général, je me réveille vers quatre ou cinq heures. Le cerveau se met en route tout seul… c’est chiant ! Je prends mon petit-déjeuner, puis je travaille. Je fais une pause à midi avant de reprendre jusqu’à 20 heures et, quelquefois, jusqu’à 22 heures. Puis, le lendemain, je recommence.

Des jeux de société jusqu’au bout de la nuit

PGM : Quelles sont tes passions lorsque tu ne crées pas de mangas ?

Elsa Brants : J’aime beaucoup les jeux vidéo et les jeux de société. Je m’intéresse peut-être encore davantage aux jeux de société aujourd’hui, car il y a une formidable vague de créations vraiment géniales.

D’ailleurs, j’en ai emporté avec moi pour jouer avec les autres auteurs à l’hôtel, après le restaurant, pendant la Japan Expo. Nous avons terminé à deux heures du matin hier soir. Cela ne se voit pas : j’ai l’air toute fraîche, c’est parfait ! Mais, au moins, j’ai gagné toutes les parties.

Elsa Brants, reine de Bomberman ?

PGM : Quel est ton jeu vidéo préféré ?

Elsa Brants : Je suis imbattable à Bomberman ! S’il y en a qui sont venus avec leur Nintendo DS, venez me voir : on se fait une partie et je vous le prouve. Peut-être que j’ai tort… mais ne me montrez pas trop que j’ai tort !

Lire pour alimenter un cerveau qui ne s’arrête jamais

PGM : En dehors de tes propres créations, est-ce que tu lis beaucoup ?

Elsa Brants : Énormément. Je lis de tout : des romans, des mangas, des bandes dessinées, des comics, des documentaires et des biographies. J’ai besoin d’avoir des livres avec moi tout le temps.

Mon cerveau ne s’arrête jamais, alors j’ai besoin de lui fournir du carburant. Si je lis essentiellement des romans, c’est aussi parce que leur mécanique me pousse à créer des images dans ma tête. Cela m’aide lorsque je dois écrire des mangas, puisque je dois moi-même imaginer des images. Et puis, tout simplement, j’adore les livres.

Les personnages avant l’univers

PGM : Dans ton processus de création, qu’est-ce qui apparaît en premier : les personnages, l’univers ou les décors ?

Elsa Brants : Plutôt les personnages. Ensuite, je vais adapter l’univers en fonction de leur caractère et de ce que j’ai envie de raconter.

Ce qui est vraiment important pour moi, c’est de faire de l’humour, de raconter des histoires drôles et de créer des personnages complètement barrés. Une fois que les personnages sont véritablement délirants, le reste se construit beaucoup plus facilement.

Rumiko Takahashi, Terry Pratchett, Louis de Funès et les Monty Python

PGM : Quelles sont tes principales sources d’inspiration ?

Elsa Brants : Du côté du manga, ce serait Rumiko Takahashi. Est-ce que je dois citer ses créations ou l’être humain ? Maison Ikkoku, Ranma ½, Rinne… Elle a également réalisé énormément d’histoires courtes. Pour moi, c’est la reine du manga.

Du côté du roman, je choisirais Terry Pratchett. Cet homme était merveilleux. Je pense encore à sa disparition avec beaucoup d’émotion. Le monde a perdu un peu de sa saveur lorsqu’il est parti.

Et puis, il y a Louis de Funès et les Monty Python. De l’humour, à chaque fois !

Le mot de la fin

PGM : Nous te laissons conclure cet entretien.

Elsa Brants : Lisez-moi ! Lisez Save me Pythie, Myrtis et toutes mes autres séries. Je suis également sur Instagram : n’hésitez pas à me follow et je vous follow back !

PGM : Merci beaucoup, Elsa !

Elsa Brants : Avec grand plaisir. Merci !

Conclusion

En quelques minutes, Elsa Brants nous aura offert un concentré de ce qui semble traverser toute son œuvre : une énergie communicative, un amour profond des histoires et un humour qui n’empêche jamais la sincérité. De ses matinées commencées avant l’aube à ses parties de jeux de société prolongées jusqu’à deux heures du matin, tout témoigne d’une passion vécue sans retenue.

Nous remercions très chaleureusement Elsa Brants d’avoir pris le temps de répondre à nos questions au cœur de la Japan Expo 2026. Quant à son défi sur Bomberman, il reste officiellement lancé.

Retrouvez Elsa Brants sur Instagram : @elsabrants

Par Otaku Fan