Le jeudi 9 juillet 2026, la scène Kuri de Japan Expo accueillait la toute première projection mondiale du pilote de TINY METAL: ZERO LINE. Animée par Kayane, la rencontre a réuni plusieurs figures clés d’AREA 35 et de son univers créatif autour d’un même objectif : montrer comment un jeu de stratégie au tour par tour peut devenir une véritable fiction de guerre, avec ses personnages, son identité visuelle et sa musique. Une présentation qui prend encore plus de sens à la lumière de l’interview accordée ensuite à PGM par le studio.
Une première mondiale, sans caméra mais avec le public
Pour AREA 35, le choix de Japan Expo n’avait rien d’anodin. Le studio japonais profitait du premier jour du salon pour dévoiler devant le public français le pilote d’un projet encore largement entouré de mystère. Kayane, chargée de présenter la conférence et de conduire les échanges, a d’abord rappelé les racines vidéoludiques de TINY METAL, une série de jeux de stratégie au tour par tour dont l’univers s’étend désormais bien au-delà des seules batailles sur cases.
Juste avant la projection, la consigne est devenue très claire : ni photographie, ni vidéo, ni smartphone allumé pendant le pilote. Cette demande explique pourquoi PGM ne dispose ici que d’un enregistrement audio de la conférence. Elle souligne surtout la valeur de l’instant : le public de la scène Kuri allait découvrir des images qui n’avaient encore été montrées nulle part ailleurs dans le monde.
La séance, organisée de 14 h 15 à 15 h, associait officiellement la projection du pilote et un live drawing de Yusuke Kozaki, le tout sous la conduite de Kayane. Le programme de l’avant-première confirme ces informations.
Un pilote pour raconter ce que les cases ne montrent pas
TINY METAL: ZERO LINE ne cherche pas simplement à reproduire une partie du jeu sous forme animée. Son point de départ est celui d’un monde marqué par les séquelles de la Grande Guerre et par l’existence des « Lost Tech », des machines de guerre extrêmement puissantes enfouies et oubliées après le conflit. Le royaume d’Artemisia refuse de les rechercher ou de les employer, mais le major Nathan Gries défend une autre position : mieux vaut les localiser et les sécuriser avant qu’elles ne tombent entre de mauvaises mains.
Une transmission d’urgence des White Fangs, signalant une activité inconnue sous les Alpes de Northridge, lance alors le récit. Nathan Gries, le général Isoroku Tsukumo et Wolfram se retrouvent confrontés à une menace dont la nature dépasse la simple conquête territoriale.
Le pilote transforme ainsi les principes militaires de TINY METAL en enjeu dramatique : derrière chaque unité et chaque décision stratégique se trouvent désormais des personnages, des convictions et la crainte de voir le passé recommencer.
Interrogé par Kayane sur la difficulté de passer du jeu vidéo à l’animation, le réalisateur Hiroyasu Kobayashi a insisté sur cette possibilité d’apporter davantage d’informations et d’histoire que le joueur ne peut pas forcément percevoir en pleine partie. L’animé devient donc un complément narratif, pas une simple illustration : il donne du temps aux regards, aux tensions et aux conséquences humaines que le rythme d’un tactical peut laisser à l’arrière-plan.
Hiroyasu Kobayashi et SAFEHOUSE : la 3D comme langage commun
La réalisation a été confiée à Hiroyasu Kobayashi, membre de khara et spécialiste reconnu de l’image en trois dimensions. Son parcours, qui comprend notamment la direction artistique CG d’Evangelion: 3.0+1.0 Thrice Upon a Time, correspond au parti pris par ZERO LINE : une animation 3D stylisée, capable de préserver les silhouettes très lisibles de la licence tout en donnant du poids aux véhicules, aux armes et aux mouvements de troupe.
La production de l’animation est assurée par SAFEHOUSE, déjà remarqué pour Mobile Suit Gundam: Requiem for Vengeance. Ce choix crée une continuité directe entre l’animé et TINY METAL 2, dont SAFEHOUSE réalise également les séquences cinématiques.
Le scénario est signé Hirotaka Inaba à partir d’une histoire originale produite par Hiroaki Yura, tandis que Go Takahashi et Yusuke Kozaki interviennent au character design. L’ensemble ne donne pas l’impression d’une adaptation greffée après coup, mais d’un univers développé simultanément sur plusieurs supports.
Lysandra Echo, le trait d’union avec TINY METAL 2
La conférence a offert un autre moment révélateur avec Yusuke Kozaki. Connu notamment pour son travail sur Fire Emblem, No More Heroes ou Pokémon GO, l’artiste a expliqué avoir conçu Lysandra Echo en veillant à ne pas trahir le langage visuel établi par Go Takahashi.
Son défi consistait à créer une nouvelle héroïne immédiatement identifiable, capable de se distinguer des autres personnages tout en conservant une part de mystère et un léger décalage dans son attitude.
Lysandra possède surtout un rôle charnière. Elle apparaît dans le nouveau projet animé, mais doit également faire ses débuts dans TINY METAL 2. Sa présence relie donc directement les deux productions.
Sur scène, cette continuité a pris une forme très concrète : la cosplayeuse Eiri est venue incarner le personnage, tandis que Kozaki relevait un défi de live drawing express devant le public. En quelques traits projetés sur grand écran, la conférence montrait littéralement comment une héroïne passe du dessin à l’incarnation.
Quand la musique quitte à son tour l’écran
AREA 35 n’a pas limité sa présentation aux images. Go Shiina, compositeur de la bande originale de TINY METAL 2, faisait partie des invités associés au projet. La conférence a permis d’entendre en avant-première un morceau dont l’identité de l’interprète n’avait pas encore été dévoilée. Avant cette écoute, un court trailer est venu rappeler la proximité entre le jeu et l’animé.
Hiroaki Yura a ensuite repris son archet pour accompagner la musique au violon. Producteur et créateur, il possède aussi une longue expérience de musicien : le voir revenir à l’instrument sur une scène consacrée à TINY METAL résumait à lui seul l’esprit de la présentation.
Stratégie, animation, illustration, cosplay et concert ne formaient pas des séquences indépendantes, mais différentes portes d’entrée vers un même univers.
Une distribution prestigieuse, mais encore beaucoup de zones d’ombre
Depuis cette avant-première, la communication officielle a confirmé plusieurs voix japonaises : Toshiyuki Toyonaga interprète Nathan Gries, Mikako Komatsu prête sa voix à Wolfram, Riho Kuma incarne Nora Godwin et Kenjiro Tsuda joue Isoroku Tsukumo. L’interprète de Lysandra Echo reste, pour sa part, à révéler.
Le synopsis, l’équipe créative et cette première partie de la distribution ont été détaillés après la projection, parallèlement à la publication du teaser officiel de TINY METAL: ZERO LINE. Anime Trending en reprend les principales informations.
La conférence n’a toutefois pas fourni de calendrier de diffusion, de plateforme ni de nombre définitif d’épisodes. Lorsque Kayane a abordé ces questions, l’équipe a invité le public à suivre ses réseaux sociaux et les prochains événements.
Il faut donc conserver une distinction importante : Japan Expo a présenté un pilote et officialisé une ambition, pas encore le plan de sortie complet d’une série.
L’interview d’AREA 35 donne une autre dimension à cette avant-première
Vécue le jeudi, cette présentation pouvait d’abord apparaître comme une extension spectaculaire de la licence. L’interview accordée plus tard à PGM par AREA 35 permet de mieux comprendre sa cohérence.
Le studio appartient à The Core, un ensemble qui réunit également SAFEHOUSE pour l’image et l’animation, ainsi que WHISTLER pour le son. Autrement dit, la structure nécessaire pour faire circuler TINY METAL d’un jeu à une série animée, puis à une performance musicale, existe déjà au sein du même écosystème créatif.
Cette logique se retrouve dans les autres projets évoqués pendant notre entretien. TINY METAL 2 doit approfondir les batailles terrestres, aériennes et navales, tandis que Project Blitz — encore un nom de travail — explore l’action multijoueur en vue du dessus jusqu’à quatre participants.
AREA 35 prévoit d’en dévoiler l’identité officielle à la Gamescom. ZERO LINE ne constitue donc pas une parenthèse : il est l’un des fronts d’une stratégie plus vaste destinée à rendre cet univers accessible à plusieurs publics.
Un pilote, mais déjà une déclaration d’intention
En choisissant Japan Expo pour cette première mondiale, AREA 35 n’est pas venu avec une simple bande-annonce. Le studio a présenté un pilote, réuni ses créateurs, exposé la naissance d’un personnage, fait entrer son cosplay sur scène et prolongé le tout par une performance musicale.
Cette densité donnait à la rencontre la forme d’un manifeste : TINY METAL ne veut plus être seulement une série de jeux de stratégie appréciée des amateurs du genre, mais un univers capable de vivre par le récit, l’image et le son.
Il reste encore des questions essentielles, à commencer par la date et le mode de diffusion de TINY METAL: ZERO LINE. Mais la première ligne a bien été franchie à Villepinte. Pour les spectateurs présents sur la scène Kuri, la guerre tactique d’AREA 35 venait, pour la première fois, de prendre vie.
Article écrit par Otakufan