Preview - The Sinking City 2 : Quand l'horreur lovecraftienne troque la loupe pour le fusil à pompe

Publié le 23 mai 2026 à 15:05

L’eau monte, les ombres s'allongent et l’esprit vacille. Sept ans après avoir immergé les joueurs dans les eaux saumâtres d'Oakmont, le studio ukrainien Frogwares s'apprête à nous replonger dans l'indicible. Mais cette fois-ci, changez de costume : délaissez le pardessus du détective calme, enfilez les bottes étanches du survivant. La première véritable vidéo de gameplay de The Sinking City 2 vient de fuiter de l’océan, et elle promet de nous donner des sueurs froides dès cet été.


Une exploration profonde de l'enfer d'Arkham

Oubliez la relative légèreté des enquêtes d’antan. Dès les premières secondes de ce nouveau trailer, l'atmosphère pèse des tonnes. Nous voilà propulsés dans les années 1920, au cœur d’une ville d’Arkham alternative, labyrinthique, et surtout submergée par un déluge surnaturel. Visuellement, le gap est flagrant. Propulsé par l’Unreal Engine 5, le jeu sublime l’horreur : les reflets de l’eau saumâtre sur les murs décrépis, la lueur vacillante d’une lampe torche, la brume crasseuse. Tout concourt à une oppression de chaque instant. La cité n'est plus seulement un terrain de jeu ; elle respire, elle s'effondre et elle subit la montée progressive des eaux, modifiant l'architecture des niveaux au fil de votre progression.

source capture IGN


Le tournant de la discorde : Plus de plomb, moins de réflexion ?

C'est le point névralgique qui fait déjà trembler les forums de passionnés : le gameplay prend un virage résolument orienté Action / Survival-Horror. Là où le premier opus s'articulait presque exclusivement autour de ses mécaniques d'investigation, sa suite embrasse le grand frisson viscéral. 

L'influence des ténors du genre les récents remakes de Resident Evil ou le retour d'Alone in the Dark est indéniable. La caméra à l'épaule (TPS) se resserre sur le protagoniste, accentuant la claustrophobie. Face à des monstruosités issues des pires cauchemars de H.P. Lovecraft, les armes d'époque parlent. Les affrontements s'annoncent nerveux, brutaux et surtout tactiques. Car qui dit survival-horror traditionnel dit gestion drastique des ressources : un inventaire limité, des munitions comptées au compte-gouttes, et chaque recoin à fouiller méticuleusement sous peine de se retrouver face à une abomination divine les mains vides. 

Que les amateurs de la matière grise se rassurent néanmoins : Frogwares n'a pas totalement renié ses premiers amours. Un système d'enquête sera toujours présent, mais il devient optionnel. Il récompensera les joueurs les plus curieux en dévoilant des secrets, en résolvant des énigmes ou en débloquant des chemins alternatifs.

source capture IGN


Le projet en chiffres

Ancré dans l'ambiance historique et contrastée des Années folles (1920), ce projet promet de plonger les joueurs dans une véritable descente aux enfers. Le titre a d'ores et déjà suscité un immense engouement en récoltant la somme impressionnante de 554 002 euros sur Kickstarter grâce au soutien de plus de 6 100 contributeurs ; un coup de pouce vital pour ce studio ukrainien qui continue de viser l'excellence malgré un contexte géopolitique extrêmement difficile. Initialement espéré plus tôt, le jeu viendra finalement hanter nos machines durant l'été 2026 et sera déployé simultanément sur trois plateformes majeures : PC (Steam, Epic Games Store, GOG), PlayStation 5 et Xbox Series XS.


L'avis du rédacteur

En tant que connaisseuse des œuvres lovecraftiennes en jeu vidéo, l'annonce d'un virage "action" m'a d'abord fait grincer des dents. Le premier The Sinking City, malgré ses errances techniques et sa rigidité, avait ce charme fou du jeu d'enquête pur jus. Pourtant, devant ces images de gameplay, force est de constater que la formule transpire l'amour du genre. Frogwares semble avoir compris ses faiblesses passées. Plutôt que de proposer un monde ouvert parfois un peu vide, le choix d'un monde semi-ouvert plus dense, plus scripté et sublimé par l'Unreal Engine 5 redonne un second souffle à la licence. Les combats ont l'air d'avoir l'impact crasseux et lourd qu'on attend d'un vrai bon survival. Face à l'adversité, l'ambition narrative du studio reste intacte. Ce virage vers l'action-horreur n'est pas une trahison, c'est une évolution logique et nécessaire pour franchir un cap de production. Préparez vos cirés, l'été sera très pluvieux, et particulièrement terrifiant.


source capture IGN


Par Erodi Shijin