Preview - Mexican Ninja : un cocktail explosif entre plaisir immédiat et difficulté excessive (Otakufan)

Publié le 14 octobre 2026 à 20:42

Présentation Générale:

  • Titre : Mexican Ninja

  • Développeur / Editeur : Madbricks / Amber

  • Plateformes : PC (Steam) / PS5 / Xbox

  • Date de sortie : Early Access depuis le 20 Août 2026

  • Genre : Beat'em up / Roguelite / Action

  • Mode : Solo

  • Prix : 14.99€ sur Steam


Imaginez un univers dans lequel les yakuzas japonais auraient décidé de s'associer aux narcotrafiquants mexicains. Ajoutez à cela des ninjas, des combats particulièrement nerveux, une bonne dose d'humour irrévérencieux et des mécaniques de roguelite. Vous obtenez Mexican Ninja, une production du studio colombien Madbricks, éditée par Amber, qui ne manque assurément pas de personnalité.

Avec sa direction artistique colorée et son gameplay inspiré des grandes heures du beat'em up, Mexican Ninja possède de sérieux arguments pour séduire les amateurs d'action. Pourtant, derrière cette première impression particulièrement enthousiasmante, certaines décisions concernant sa difficulté viennent parfois ternir une expérience qui possède tout pour convaincre.

Après environ une heure et demie de découverte sur PC, PGM revient sur une production aussi généreuse que frustrante, dont les nombreuses qualités méritent indéniablement d'être soulignées.

Nuevo Tokyo, un univers complètement déjanté

L'aventure prend place à Nuevo Tokyo, une ville née de la collision entre les cultures mexicaine et japonaise. Les narcotrafiquants et les yakuzas ont uni leurs forces pour former les Narkuzas, une organisation criminelle qui règne désormais sur la population par l'intermédiaire de cinq puissants chefs de clans.

Face à cette domination, une résistance s'organise et place ses espoirs dans un héros particulièrement atypique : le Mexican Ninja. Armé de son sabre et d'un tempérament explosif, ce dernier entend bien remettre de l'ordre dans les rues de la ville.

L'univers constitue immédiatement l'une des grandes réussites du titre. Les environnements débordent de couleurs, les bâtiments mélangent des inspirations architecturales japonaises et mexicaines, tandis que les enseignes lumineuses et les nombreux personnages contribuent à donner vie aux différents quartiers.

Les marchés, les rues populaires et les environnements plus futuristes possèdent chacun une identité visuelle affirmée. Les décors bénéficient également de nombreuses animations qui renforcent l'impression d'évoluer dans une ville vivante.

Le jeu assume aussi pleinement son humour. Les noms des personnages, les références culturelles et les attaques volontairement extravagantes témoignent d'une volonté de proposer une expérience qui ne se prend jamais véritablement au sérieux.

Un gameplay qui rappelle les grandes heures de l'arcade

Manette en main, Mexican Ninja se montre immédiatement convaincant. Le titre reprend les fondamentaux du beat'em up en 2,5D, avec des déplacements offrant une certaine profondeur, des combats contre plusieurs adversaires et une importance particulière accordée aux enchaînements.

Les amateurs de Final Fight, Double Dragon ou Streets of Rage retrouveront rapidement des sensations familières. Le système de combat va cependant plus loin que celui de ces illustres références, notamment grâce à ses nombreuses possibilités de personnalisation.

Attaques légères, coups puissants, sauts, esquives, parades et projections aériennes permettent de multiplier les combinaisons. Les ennemis peuvent être maintenus dans les airs, offrant la possibilité de prolonger les combos et d'accumuler des dégâts considérables.

Les affrontements se distinguent également par leurs effets visuels particulièrement spectaculaires. Les impacts, les éclairs, les projections et les animations des attaques spéciales donnent une véritable puissance aux mouvements du personnage.

La prise en main demeure accessible, avec des commandes intuitives et des indications visuelles permettant de rapidement comprendre les différentes actions disponibles.

C'est précisément cette combinaison entre accessibilité et profondeur qui rend les premières minutes aussi agréables. Mexican Ninja procure rapidement cette sensation de satisfaction immédiate qui caractérise les meilleurs jeux d'action.

Une progression roguelite particulièrement généreuse

Mais Mexican Ninja ne se contente pas de proposer des affrontements spectaculaires. Sa structure roguelite occupe une place essentielle dans l'expérience.

Chaque tentative permet de découvrir de nouvelles améliorations, de renforcer certaines compétences et d'expérimenter différentes combinaisons. Les rencontres peuvent varier d'une partie à l'autre, encourageant le joueur à adapter sa stratégie aux situations rencontrées.

Les compétences passives jouent notamment un rôle important dans la progression. Certaines augmentent les dégâts des attaques, d'autres favorisent les coups critiques, améliorent les performances aériennes ou renforcent la résistance du personnage.

À cela viennent s'ajouter les Jutsus, des capacités inspirées du folklore mexicain et japonais, dont les effets peuvent considérablement modifier le déroulement d'un combat. Explosions, attaques élémentaires et techniques de contrôle des ennemis permettent de développer des stratégies particulièrement variées.

Les développeurs ont également prévu une progression permanente grâce à un arbre de compétences baptisé Way of the Donkey. Celui-ci permet de débloquer de nouvelles possibilités et de renforcer progressivement le personnage entre les différentes tentatives.

Cette mécanique constitue l'un des aspects les plus satisfaisants du jeu. Même lorsqu'une tentative se termine par une défaite, les bénéfices obtenus peuvent permettre d'aborder la suivante avec de meilleures capacités.

Les améliorations ne se limitent d'ailleurs pas à de simples augmentations statistiques. Certaines transforment suffisamment les possibilités de combat pour encourager le joueur à revoir son approche et à expérimenter de nouvelles combinaisons.

Cette générosité représente une véritable qualité, particulièrement dans un genre où la répétition peut rapidement devenir lassante lorsque la progression manque de récompenses.

Des adversaires hauts en couleur

L'autre particularité de Mexican Ninja réside dans ses personnages particulièrement extravagants. Les différents chefs de clans possèdent des apparences et des personnalités très affirmées. Les visuels dévoilent notamment des adversaires comme Tech Bros, Panda ou encore Juichi Violence, chacun bénéficiant d'une direction artistique spécifique.

Leurs attaques spectaculaires et leurs environnements participent à l'identité générale du jeu. Certains affrontements semblent également mettre l'accent sur la multiplication des effets à l'écran, renforçant cette impression de chaos volontaire.

L'ensemble rappelle régulièrement l'exagération propre à certains mangas et animés japonais, avec des effets visuels très marqués et une volonté permanente de proposer des situations mémorables.

Un enthousiasme immédiat...

Mexican Ninja fait partie de ces jeux capables de provoquer un véritable enthousiasme dès les premiers instants. Ses combats sont nerveux, ses animations plaisantes et ses nombreuses améliorations procurent une sensation de progression particulièrement gratifiante. Le plaisir de découvrir une nouvelle compétence, d'améliorer ses attaques ou de réussir un enchaînement spectaculaire constitue une excellente motivation pour poursuivre l'aventure.

Son univers fonctionne également remarquablement bien. Le mélange entre les influences mexicaines et japonaises apporte une personnalité bienvenue à un genre qui repose souvent sur des codes visuels particulièrement familiers.

Même les défaites conservent un intérêt grâce aux améliorations permanentes. On comprend progressivement les différentes mécaniques et l'on découvre de nouvelles possibilités pour rendre son personnage plus efficace. La formule possède donc de véritables arguments. Et pourtant, une partie de cet enthousiasme finit malheureusement par disparaître.

...mais une difficulté qui finit par gâcher le plaisir

Le principal problème rencontré concerne la gestion de certains dégâts environnementaux, notamment ceux provoqués par les nombreux barils explosifs présents dans les niveaux. Sur le principe, ces éléments ne constituent absolument pas une mauvaise idée. Ils peuvent toucher les adversaires et permettre de tirer parti du décor pour infliger davantage de dégâts.

Cependant, leur multiplication et les conséquences parfois importantes de leurs explosions soulèvent une question essentielle : jusqu'où peut-on pousser la difficulté sans dénaturer le plaisir de jeu ?

Mexican Ninja encourage naturellement à multiplier les combos, à attaquer plusieurs ennemis et à maintenir un rythme offensif particulièrement soutenu. Mais certaines situations donnent précisément l'impression de sanctionner cette manière de jouer.

Durant notre découverte, plusieurs affrontements ont provoqué une frustration importante, notamment lorsque notre personnage se retrouvait avec une réserve de vie extrêmement faible alors même que ses caractéristiques avaient progressivement été améliorées.

Se retrouver avec seulement une vingtaine de points de vie sur plus de 400, avant même d'avoir véritablement franchi les premiers grands obstacles de l'aventure, constitue une situation particulièrement décourageante. Le problème n'est évidemment pas de devoir recommencer. C'est même l'un des principes fondamentaux du roguelite.

En revanche, la difficulté doit permettre au joueur d'apprendre, de comprendre ses erreurs et de sentir qu'il progresse. Lorsqu'elle donne davantage le sentiment de subir les événements, elle risque de transformer une expérience initialement plaisante en succession de frustrations.

La contradiction est d'autant plus regrettable que les développeurs présentent leur système de combat comme une expérience fondée sur le placement, la précision, les parades et la maîtrise des enchaînements.

Cette philosophie est parfaitement défendable. Encore faut-il que les différents dangers rencontrés permettent effectivement au joueur d'exploiter cette maîtrise dans des conditions satisfaisantes.

Les grands classiques du beat'em up ont eux aussi proposé des environnements dangereux, mais sans nécessairement faire reposer une part aussi importante de la difficulté sur leur multiplication.

De son côté, The Binding of Isaac démontre parfaitement qu'un roguelite peut se montrer exigeant, parfois particulièrement punitif, tout en donnant au joueur l'envie de recommencer pour aller toujours plus loin. C'est précisément ce que nous aimerions retrouver avec davantage de constance dans Mexican Ninja.

Un jeu qui mérite mieux que ses frustrations

Le plus regrettable reste finalement que Mexican Ninja possède déjà toutes les qualités nécessaires pour convaincre. Son système de combat fonctionne, sa direction artistique est réussie et sa progression roguelite se montre suffisamment généreuse pour encourager de nouvelles tentatives.

Il n'a donc pas besoin de multiplier excessivement les situations punitives pour démontrer son intérêt. Quelques autres réserves méritent également d'être mentionnées, notamment concernant le suivi des quêtes, qui manque de lisibilité durant notre découverte. Il devient parfois difficile de retrouver précisément les objectifs en cours et de comprendre les conditions nécessaires à leur progression.

L'absence de localisation française constitue également un regret. Alors que le titre propose six langues, dont l'anglais, l'allemand, le japonais ou encore le chinois simplifié, les joueurs francophones doivent se contenter d'une langue étrangère pour comprendre les descriptions des nombreuses compétences.

Ce manque est particulièrement regrettable pour un jeu dans lequel la compréhension des améliorations et de leurs différentes interactions joue un rôle aussi important.

Pour autant, notre ressenti reste largement positif. Mexican Ninja ne manque ni de générosité ni de personnalité, et son système de combat possède suffisamment de qualités pour mériter l'attention des amateurs du genre. Il reste simplement à espérer que son équilibrage évoluera dans une direction permettant de mieux concilier exigence et satisfaction.

Conclusion

Mexican Ninja est une découverte particulièrement encourageante. Son univers original, son humour déjanté, son gameplay nerveux et ses nombreuses possibilités de progression constituent autant d'arguments qui donnent envie de poursuivre l'aventure.

Malheureusement, certains choix concernant les dégâts environnementaux viennent parfois transformer un plaisir immédiat en frustration excessive.

Cette preview demeure néanmoins très positive. Le titre possède une identité forte et des bases suffisamment solides pour devenir une excellente expérience à condition de mieux maîtriser certains aspects de sa difficulté.

Car un bon jeu n'a pas besoin de constamment punir ses joueurs pour leur donner envie de progresser.

Et Mexican Ninja possède déjà quelque chose de bien plus important : le pouvoir de nous donner envie de jouer.