
Présentation Générale :
- Titre du jeu : Castlevania: Lords of Shadow – Mirror of Fate HD
- Développeur / Éditeur : Mercury Steam / Konami
- Plateforme(s) : Nintendo 3DS
- Date de sortie : 2013 (Original) / 2014 (HD PC)
- Genre : Action / Aventure
- Temps de jeu moyen : environ 10 heures
Note des lecteurs sur ce titre :
ECOSCORE PGM
Le chaînon manquant de Lords of Shadow
Sorti initialement sur Nintendo 3DS en 2013, Mirror of Fate transpose l’univers spectaculaire de Lords of Shadow dans une aventure latérale en 2,5D. Entre tragédie familiale, exploration et combats musclés, MercurySteam signe un épisode de transition qui ne cherche pas à imiter les classiques : il les réinterprète.
Mirror of Fate occupe une place particulière dans la chronologie imaginée par MercurySteam. Le prologue retrouve Gabriel Belmont avant les événements du premier Lords of Shadow, puis le récit se déploie à travers plusieurs générations. Devenu Dracula, Gabriel n’est plus seulement l’adversaire traditionnel de la famille Belmont : il en est aussi la blessure originelle.
Ce cadre permet au jeu de relier le premier Lords of Shadow à sa suite tout en revenant à un déplacement latéral. Il ne s’agit pourtant ni d’un retour au pixel art ni d’une copie de Symphony of the Night. La progression emprunte au Metroidvania, mais reste plus dirigée et plus cinématographique, avec une place centrale accordée aux affrontements.
Graphismes :
La direction artistique constitue l’un des arguments les plus immédiats de Mirror of Fate. Le château, les grottes, les villages ruinés et les souterrains multiplient les plans de profondeur sans abandonner la lecture latérale. Des éléments surgissent de l’arrière-plan, les cadrages changent lors des combats et les décors s’ouvrent régulièrement sur des architectures beaucoup plus vastes que l’espace réellement parcouru.
Les cinématiques adoptent une esthétique dessinée proche de la bande dessinée, particulièrement adaptée à cette chronique familiale. L’édition HD gagne en netteté et en confort, même si certaines textures, animations et zones moins détaillées rappellent l’origine portable du projet. Le résultat conserve néanmoins une identité forte et demeure séduisant plus de dix ans après sa sortie.
Gameplay :
Deux boutons distinguent les attaques directes des attaques de zone. À partir de cette base s’ajoutent projections, enchaînements aériens, esquive, parade, armes secondaires, magie et compétences débloquées avec l’expérience. Le système reprend la puissance gestuelle de Lords of Shadow tout en la rendant immédiatement lisible sur un plan en deux dimensions.
Chaque protagoniste possède ses propres armes et aptitudes. Les nouvelles capacités servent autant au combat qu’à l’exploration : elles ouvrent des passages, autorisent le retour dans des secteurs auparavant inaccessibles et donnent davantage de sens à la carte. Cette variété entretient la progression, même si les combats peuvent parfois casser le rythme lorsque des ennemis trop résistants se succèdent.
Les boss impressionnent par leur mise en scène, mais leurs attaques très télégraphiées rendent certains patterns rapidement prévisibles. Konami confirme la présence de plusieurs personnages aux capacités distinctes, de trente mouvements de combat et du mode Boss Rush dans la présentation officielle de l’édition HD.
Bande-son :
La musique d’Óscar Araujo prolonge l’identité sonore de la trilogie Lords of Shadow. Les orchestrations donnent au voyage une ampleur sombre et tragique, tandis que les percussions renforcent les affrontements et les apparitions de boss. Les thèmes se montrent moins immédiatement mémorables que les mélodies les plus célèbres de la série classique, mais ils servent parfaitement la mise en scène.
Les impacts, le claquement des armes et les manifestations magiques restent clairement identifiables au milieu de l’action. Le doublage et les séquences narratives complètent une présentation sonore cohérente, davantage tournée vers le récit épique que vers l’hommage musical. La bande originale comprend dix-huit compositions attribuées à Óscar Araujo. Apple Music
Histoire et narration :
L’histoire transforme l’opposition entre Dracula et les Belmont en véritable tragédie familiale. Trevor porte les conséquences de sa filiation, Simon grandit dans la vengeance et Gabriel affronte les conséquences de sa chute. Le découpage en plusieurs époques révèle progressivement les liens entre les personnages et donne au titre sa fonction de passerelle dans la trilogie.
Cette construction est ambitieuse, mais elle demande de l’attention. Les sauts chronologiques, les ellipses et la brièveté de certaines scènes peuvent désorienter sans connaissance du premier Lords of Shadow. Le scénario gagne donc en force lorsqu’il est replacé dans l’ensemble de la saga, au prix d’une autonomie narrative moins évidente.
Durée de vie :
Une première partie réclame généralement autour d’une dizaine d’heures, selon le niveau de difficulté et le temps consacré à l’exploration. Les secrets, les parchemins, les améliorations et le pourcentage de carte encouragent à revenir dans les anciennes zones. Le mode Boss Rush, les classements de l’édition HD et les difficultés supérieures prolongent ensuite l’expérience.
Le contenu reste plus compact que celui des Castlevania les plus généreux en exploration. Cette relative brièveté évite toutefois l’étirement artificiel et convient à une aventure construite comme une succession de destins. La recherche du 100 % apporte le principal supplément de durée.
Éléments Techniques :
L’édition HD améliore la définition et met mieux en valeur les modèles, les effets de lumière et les arrière-plans. La progression sur un plan fixe limite les problèmes de caméra, tandis que l’interface communique clairement la santé, la magie, les armes secondaires et les objectifs. Dans la captation, l’ensemble demeure fluide et réactif, y compris lorsque les effets se multiplient.
Cette conversion ne masque pas entièrement sa filiation avec la Nintendo 3DS. Certains gros plans exposent des textures simples, les transitions peuvent manquer de souplesse et quelques animations paraissent plus fonctionnelles que naturelles. Aucun de ces défauts ne compromet l’aventure, mais ils empêchent l’édition HD de ressembler à une production conçue dès l’origine pour les écrans de salon.
Accessibilité :
Les premiers instants expliquent clairement attaques directes, coups de zone, saut, esquive, armes secondaires et magie. Plusieurs niveaux de difficulté permettent d’adapter la résistance des affrontements, tandis que les fontaines de santé, les points de sauvegarde et la carte réduisent le risque de blocage. L’apprentissage se fait sans noyer l’écran sous les explications.
L’accessibilité n’efface pas toute exigence. Certaines attaques occupent une grande partie de l’écran, les zones sombres peuvent diminuer la lisibilité et les séquences de plateformes réclament un timing précis. Le mode facile demeure néanmoins suffisamment permissif pour découvrir l’histoire sans transformer chaque combat en épreuve d’endurance.
Sentiment du Testeur :
L’impression dominante reste celle d’un épisode particulièrement attachant. Mirror of Fate comprend ce qui rend Castlevania immédiatement reconnaissable — un château inquiétant, une lignée maudite et des pouvoirs qui enrichissent l’exploration — tout en conservant la puissance visuelle et le système de combat de Lords of Shadow. Il ne donne jamais le sentiment d’un simple épisode portable agrandi.
Il n’atteint ni la profondeur d’exploration des meilleurs Metroidvania de la série, ni la précision immédiate d’un Super Castlevania IV. En revanche, il propose une synthèse personnelle, spectaculaire et accessible. Cette identité intermédiaire, longtemps considérée comme une concession, constitue aujourd’hui sa principale qualité.
| Critères | Note |
|---|---|
| Graphisme | 9/10 |
| Gameplay | 17/20 |
| Bande-son | 9/10 |
| Histoire et narration | 8/10 |
| Durée de vie | 8/10 |
| Eléments techniques | 8/10 |
| Accessibilité | 8/10 |
| Sentiment du Testeur | 18/20 |
| Note finale | 85/100 |
Conclusion
Castlevania: Lords of Shadow – Mirror of Fate HD réussit là où son concept pouvait sembler contradictoire : faire entrer la démesure de Lords of Shadow dans un Castlevania latéral. Son exploration reste plus balisée que celle des épisodes les plus profonds et son héritage portable demeure visible, mais la qualité de sa direction artistique, la richesse de ses combats et la force de sa tragédie familiale compensent largement ces limites.
Plus de dix ans après sa sortie, cet épisode mérite encore d’être joué. Il ne remplace ni les Castlevania classiques ni les Metroidvania de la série : il occupe son propre territoire entre les deux. Un retour en force de la 2D, non par nostalgie, mais par réinterprétation.
Ce que j'ai aimé en 5 points :
- Une direction artistique gothique toujours séduisante
- Des combats riches, lisibles et immédiatement plaisants
- Plusieurs protagonistes aux capacités distinctes
- Une narration familiale qui complète la trilogie
- Une excellente bande-son orchestrale
Ce que j'ai moins aimé en 5 points :
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Une exploration moins profonde que dans les meilleurs Metroidvania
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Des ennemis parfois trop résistants et répétitifs
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Des patterns de boss souvent faciles à anticiper
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Une chronologie peu limpide sans connaître Lords of Shadow
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Des traces techniques héritées de la version Nintendo 3DS