TEST – The Planet Crafter : transformer un désert en paradis… et y perdre la notion du temps (Otakufan)

Publié le 28 juillet 2026 à 10:00

Présentation Générale:

  • Titre : The Planet Crafter

  • Développeur / Editeur : Miju Games

  • Plateformes : PC / Game Pass / Steam / Autres

  • Date de sortie : 10 avril 2024 (21 juillet 2026 Game Pass)

  • Genre : Survie, exploration, artisanat et terraformation

  • Mode : Solo et Coop en ligne jusqu'à 8

  • Prix : 23.99€ / inclus Game Pass

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La terraformation sans combat qui transforme la collecte en obsession

Disponible depuis le 21 juillet 2026 sur Xbox Series X|S et dans le Game Pass, après une sortie sur PC en 2024, The Planet Crafter propose une forme de survie assez singulière. Aucun monstre à combattre, aucune armée à repousser : le seul adversaire est une planète incapable d’accueillir la vie. Il faut y respirer, boire, se nourrir, construire un abri, puis modifier progressivement son oxygène, sa chaleur et sa pression atmosphérique.

Sur le papier, la formule semble familière. Une fois la première foreuse posée, elle devient pourtant redoutablement difficile à lâcher.

Graphismes

The Planet Crafter ne cherche jamais à rivaliser avec les productions les plus spectaculaires. Les reliefs sont simples, les textures manquent parfois de finesse et certaines machines conservent une apparence presque fonctionnelle. Les animations sont limitées et l’extraction des minerais se résume à un effet visuel très sommaire.

Cette sobriété ne condamne pourtant pas la direction artistique. Le désert rouge de la planète Prime possède une identité immédiatement lisible, avec ses étendues craquelées, ses formations rocheuses et ses épaves ensevelies. Surtout, le décor constitue lui-même la principale récompense du jeu. Ce qui n’était qu’une étendue hostile se couvre progressivement de lacs, d’herbe, de fleurs et d’arbres. À l’ère de l’atmosphère, le monde est devenu méconnaissable.

Le résultat n’impressionne pas par sa technologie, mais par le contraste entre le monde découvert et celui que les machines ont fait naître. L’arrivée à ce stade avancé confirme que la transformation n’est pas seulement cosmétique : la planète n’a plus ni les mêmes couleurs ni les mêmes contraintes. Peu de jeux rendent une barre de progression aussi concrète.

Gameplay

Tout commence avec quelques minerais ramassés à la main. Fer, cobalt, silicium, magnésium et titane permettent de fabriquer un sac à dos, un réservoir d’oxygène, une puce de construction et les premiers éléments d’une base. La survie impose parallèlement de surveiller l’oxygène, l’eau, la nourriture et la santé.

Cette structure élémentaire se transforme rapidement en réseau de dépendances. Une foreuse augmente la pression, un chauffage produit de la chaleur, un végétube génère de l’oxygène, mais chaque machine consomme de l’énergie. Toute nouvelle construction oblige donc à renforcer la production électrique, à repartir chercher des ressources et à réorganiser les priorités.

La progression est remarquablement dosée. Les premiers paliers apportent sacs plus grands, réservoirs améliorés, bottes d’agilité, boussole, balises, panneaux solaires, jetpack et réacteur nucléaire. La phase tardive change encore d’échelle avec une atmosphère respirable, des extracteurs T2, la fusion nucléaire, l’agriculture extérieure, les ruches, les fermes à papillons, les séquenceurs ADN, les semoirs d’arbres T3, les drones et les téléporteurs. Ces déblocages ne se contentent pas d’augmenter des statistiques : ils transforment réellement la manière d’explorer, de produire et de construire.

Les expéditions dans les épaves brisent également la routine. Elles permettent de récupérer des graines rares, des micropuces, des superalliages et des journaux de bord, avec le risque de manquer d’oxygène avant d’avoir regagné un abri. La mort reste relativement clémente puisque le matériel perdu peut être retrouvé.

Tout n’est pas aussi élégant. Les ressources ne peuvent pas être empilées dans l’inventaire, ce qui multiplie les coffres et transforme rapidement le rangement en corvée. L’orientation manque également de confort avant l’obtention des balises et de la cartographie. Les extracteurs T2, les drones et le téléporteur finissent par supprimer une grande partie des trajets consacrés aux ressources, mais ils arrivent après de nombreuses heures. Les destinations du téléporteur ne peuvent en outre pas être renommées, tandis que la progression en solo conserve parfois une réelle lenteur.

Elles ne suffisent toutefois pas à briser l’élan. Il reste presque toujours une machine à améliorer, une épave à rejoindre ou un nouveau palier à observer. C’est précisément là que The Planet Crafter devient addictif.

Bande Son

La musique accompagne l’exploration avec des nappes calmes et aériennes adaptées à cette expérience sans combat. Elle laisse respirer les grands espaces et soutient le caractère contemplatif de la terraformation.

Le répertoire paraît cependant limité sur les premières heures. Les morceaux bouclent et finissent par se fondre dans l’arrière-plan. Les bruitages remplissent correctement leur fonction, qu’il s’agisse du fonctionnement des machines, des alertes vitales ou du lancement d’une fusée, sans donner à l’ensemble une identité sonore aussi forte que sa boucle de progression.

Histoire et narration

Le scénario reste volontairement en retrait. Un détenu est envoyé sur une planète hostile par Sentinel Corp avec une mission simple : rendre ce monde habitable et atteindre les objectifs imposés par le programme Planet Crafter.

La narration se construit surtout par fragments. Les messages reçus, les épaves et leurs journaux de bord évoquent d’anciennes expéditions, des atterrissages d’urgence et une force mystérieuse capable de perturber les vaisseaux. Plus tard, les explosifs, les piles à combustible et les clés des Gardiens ouvrent des passages jusque-là condamnés, menant notamment à une cité enfouie. Ces découvertes donnent enfin davantage de corps au mystère sans interrompre la liberté d’exploration.

Cette approche environnementale respecte le rythme libre du joueur. Les révélations tardives la rendent plus concrète, mais le récit ne constitue toujours pas un moteur aussi puissant que la construction ou la terraformation. Il nourrit la curiosité sans prendre le dessus sur le bac à sable.

Durée de vie et rejouabilité

Après environ 35 heures, la planète a atteint l’ère de l’atmosphère sans que la campagne soit encore terminée. L’air extérieur est respirable, les lacs peuvent fournir de l’eau et la biosphère accueille arbres, insectes, ruches et cultures en plein air. Dans le même temps, les extracteurs T2, la fusion, les téléporteurs, les drones et la fusée commerciale spatiale font basculer la base vers une véritable infrastructure planétaire. De nouveaux objectifs et plusieurs mystères demeurent pourtant accessibles : l’ampleur de la campagne ne fait désormais plus aucun doute.

Cette endurance s’accompagne d’un rythme parfois lent en solo, mais les réglages de difficulté, les paramètres de génération, le mode créatif et la coopération renforcent encore la rejouabilité. Les épaves générées de manière procédurale entretiennent la recherche de ressources rares, tandis que les contenus additionnels Planet Humble et Toxicity proposent d’autres mondes à terraformer. Le test porte uniquement sur le jeu de base et la planète Prime.

Eléments techniques

La version testée s’est montrée stable et fluide pendant les différentes sessions, y compris avec une base largement agrandie, davantage de végétation et de nombreuses machines actives. La construction répond correctement et la production électrique globale évite de recréer un réseau indépendant pour chaque avant-poste. L’absence de dégâts de chute rend également l’exploration plus permissive.

Les principales faiblesses concernent davantage l’ergonomie que les performances. À l’inventaire non empilable et aux nombreuses manipulations entre coffres s’ajoutent quelques accrocs : les larves ont nécessité un redémarrage du jeu avant d’apparaître, une ferme extérieure peut produire sur son bord et les téléporteurs ne peuvent pas être renommés. Aucun de ces problèmes n’a bloqué la progression, mais ils rappellent le caractère encore perfectible de certaines interactions.

Accessibilité

L’absence d’ennemis et de violence rend The Planet Crafter beaucoup plus accessible que la majorité des jeux de survie. La difficulté normale laisse suffisamment de temps pour comprendre les systèmes, tandis que plusieurs réglages permettent d’assouplir ou de durcir l’expérience. Surtout, la terraformation récompense l’investissement en supprimant peu à peu ses propres contraintes : l’air devient respirable, l’eau se boit directement dans les lacs, la nourriture gagne en qualité et le téléporteur raccourcit les longues expéditions.

Les premiers objectifs guident correctement la fabrication des outils indispensables et l’interface est disponible en français. L’apprentissage devient néanmoins plus flou dès qu’il faut comprendre certaines chaînes de déblocage, organiser les ressources ou s’orienter sans balise. La détente promise n’exclut donc ni l’attention ni la préparation.

Sentiment du testeur

La première impression peut être trompeuse. Quelques minerais sur un sol rouge, une extraction minimaliste et des menus austères ne semblent pas annoncer une aventure particulièrement marquante. Pourtant, chaque demi-heure révèle une nouvelle possibilité et renforce l’envie de poursuivre.

La grande réussite de The Planet Crafter tient à cette sensation constante d’avancer. La première culture rend la survie plus autonome. Une balise sécurise les sorties. Le ciel bleu prouve que les machines ont changé le monde. Plus tard, l’atmosphère respirable, les lacs, les insectes, les arbres et l’agriculture extérieure transforment une base de fortune en programme écologique à l’échelle planétaire. Le téléporteur finit même par relier les avant-postes comme un véritable réseau.

Les défauts restent visibles et parfois franchement irritants, mais ils n’ont jamais provoqué l’envie d’arrêter. Après environ 35 heures, le jeu n’est toujours pas terminé et continue de faire apparaître de nouvelles technologies, de nouvelles ressources et de nouveaux lieux. Chaque session s’achève encore avec un objectif supplémentaire en tête, preuve que la boucle n’a rien perdu de son pouvoir d’attraction.


Critères Notes
Graphismes 8/10
Gameplay 19/20
Bande son 7/10
Histoire et narration 7/10
Durée de vie et rejouabilité 10/10
Eléments techniques 8/10
Accessibilité 8/10
Sentiment du testeur 19/20
Note finale 86/100

J’aime en 5 points

  1. Une boucle de gameplay extrêmement addictive
  2. Une terraformation visible qui donne du sens à chaque progrès
  3. Une survie sans combat mais jamais totalement passive
  4. Des épaves et des secrets qui récompensent l’exploration
  5. Une campagne de plusieurs dizaines d’heures

J’aime moins en 5 points

  1. Un inventaire sans empilement rapidement pénible

  2. Trop de manipulations avant les automatisations tardives

  3. Une progression en solo parfois très lente

  4. Une réalisation et des animations assez modestes

  5. Une bande-son agréable mais répétitive

Conclusion

The Planet Crafter ne possède ni la réalisation la plus impressionnante ni l’ergonomie la plus raffinée du genre. Il possède quelque chose de plus précieux : une progression capable de donner une importance réelle au moindre minerai ramassé.

Le passage d’un désert stérile à un monde doté d’un ciel bleu, de lacs, d’une atmosphère respirable, de végétation et d’insectes transforme chaque machine en étape d’un projet beaucoup plus vaste. Les pénuries, le rangement et la lenteur de certains paliers peuvent agacer, mais la récompense suivante reste presque toujours suffisamment proche pour relancer l’envie.

Après environ 35 heures, la campagne n’est toujours pas terminée et la lassitude n’a pas remplacé la curiosité. Accessible, généreux et remarquablement addictif, le jeu de Miju Games réussit à faire de la terraformation une aventure personnelle sans avoir besoin d’un seul ennemi. Son arrivée dans le Game Pass constitue une excellente occasion de découvrir l’un des jeux de survie les plus accueillants et les plus prenants de ces dernières années.

par Otakufan