Gamescom 2026 - Preview - NAME OF THE WILL Quand l'horreur psychologique ne cherche pas à vous faire sursauter, mais à vous faire obéir (Otakufan)

Publié le 6 septembre 2026 à 19:00

Il y a des jeux d'horreur qui vous plongent dans le noir, vous poursuivent avec des créatures ou attendent patiemment le bon moment pour vous envoyer un jumpscare en pleine figure. NAME OF THE WILL choisit une approche radicalement différente. Ici, le malaise vient de la lumière, des sourires, des règles et surtout de cette impression constante que quelque chose cherche à vous convaincre que tout ce qui se passe autour de vous est parfaitement normal.

Développé par Zeitgeist Studio et désormais édité par HYPER REAL, NAME OF THE WILL nous enferme dans HOPE, une communauté où la souffrance est présentée comme une voie vers le salut et où chaque individu doit se conformer à une doctrine particulièrement inquiétante. Le projet est loin d'être nouveau : sa démo Steam est disponible depuis le 23 août 2022, tandis qu'une nouvelle version était présentée à la Gamescom 2026. Le jeu complet est actuellement annoncé pour le premier trimestre 2027.

Et après avoir découvert une première partie de l'expérience à la Gamescom, revenir aujourd'hui dans cet univers ne fait que renforcer une impression : NAME OF THE WILL sait exactement quel type de malaise il veut provoquer.

Fiche technique

Titre: NAME OF THE WILL

Développeur: Zeitgeist Studio

Éditeur: HYPER REAL

Genre: Aventure narrative, horreur psychologique, énigmes

Plateforme annoncée: PC via Steam

Mode de jeu: Solo

Date de sortie prévue: 1er trimestre 2027

 

Bienvenue à HOPE, voisin 3279

Avant même de commencer véritablement l'aventure, NAME OF THE WILL prévient le joueur. Certaines situations abordées peuvent être moralement difficiles ou particulièrement troublantes. Manipulation psychologique, violence, automutilation et détresse mentale font partie des sujets auxquels le jeu est susceptible de confronter son public. Ce message introductif n'est pas anodin : il prépare immédiatement à ce que Zeitgeist Studio cherche à construire. Car une fois réveillé à HOPE, nous ne sommes plus vraiment une personne.

Nous sommes 3279. Autour de nous, tout le monde semble accepter les règles de cette communauté où le bonheur est obligatoire, où l'on doit "embrasser l'espoir" et où la moindre déviation par rapport aux attentes du groupe peut faire diminuer notre score de conduite. Le joueur dispose même d'un nombre limité de possibilités de se repentir avant d'être considéré comme un traître.

En quelques minutes, le principe est compris : NAME OF THE WILL ne veut pas simplement raconter l'histoire d'une secte. Il veut placer le joueur à l'intérieur de son système de contrôle. Et cela change beaucoup de choses.

L'obéissance comme mécanique de jeu

L'idée la plus intéressante de cette démo vient justement de la façon dont narration et gameplay commencent à s'entremêler. Les habitants donnent des instructions. Des salles sont assignées. Les comportements attendus sont affichés. Certaines réponses semblent évidentes lorsque l'on comprend ce que le système veut entendre. Mais faut-il réellement lui donner ce qu'il attend ?

C'est ici que NAME OF THE WILL commence à installer son véritable jeu psychologique. Chaque interaction laisse planer le doute entre conformité et résistance. Le joueur comprend rapidement qu'il est observé, évalué et intégré dans une mécanique sociale dont il ne connaît encore ni les limites ni les conséquences.

Même les situations apparemment absurdes ou les injonctions positives deviennent inquiétantes. Sourire, applaudir les autres, participer, accepter, ne pas poser trop de questions : autant de comportements normalement anodins qui prennent ici une tout autre signification.

HYPER REAL présente d'ailleurs officiellement HOPE comme un environnement reposant sur une conformité imposée par la peur. Le jeu entend faire de cette pression sociale son véritable moteur horrifique plutôt que de s'appuyer sur des monstres traditionnels.

Une horreur qui fonctionne parce qu'elle est malaisante

NAME OF THE WILL peut devenir franchement dérangeant. Et c'est un compliment. Le jeu ne cherche pas particulièrement à surprendre. Il préfère créer une sensation d'inconfort qui s'installe progressivement. Les personnages sourient alors que leur environnement raconte autre chose. Des événements extrêmement violents peuvent être accueillis avec une normalité terrifiante. La logique de HOPE semble avoir totalement remplacé celle du monde extérieur.

Certaines scènes montrent rapidement jusqu'où le jeu semble prêt à aller dans les thèmes qu'il aborde. Elles confirment surtout que l'avertissement placé au lancement n'était pas là pour la décoration. Le résultat fonctionne précisément parce que NAME OF THE WILL ne semble jamais vouloir dire au joueur : "regardez comme mon jeu est effrayant". Il se contente de présenter son monde. Et c'est ce monde qui devient effrayant.

Une direction artistique qui préfère l'identité à la démonstration technique

Techniquement, NAME OF THE WILL n'a rien d'un monstre graphique et ne cherche manifestement pas à l'être. Sa force se situe ailleurs. Son rendu 2D dessiné à la main possède une véritable personnalité. Les visages, les animations et les environnements participent directement à l'étrangeté de HOPE. Les couleurs parfois presque chaleureuses contrastent volontairement avec ce qui se déroule à l'écran.

Ce contraste devient même l'un des éléments les plus intéressants de sa direction artistique. L'animation des personnages fonctionne également particulièrement bien et contribue à donner une présence étonnante à cet univers pourtant très stylisé.

Tout n'est cependant pas encore parfaitement propre. Quelques problèmes visuels, notamment certains éléments de clipping, peuvent encore apparaître et rappellent que le titre reste en développement. Mais à ce stade, ils ne suffisent pas à détruire une identité visuelle qui possède déjà quelque chose de très personnel.

Explorer, observer et résoudre

NAME OF THE WILL ne repose pas uniquement sur son histoire. La progression demande également d'explorer HOPE, de récupérer différents objets, de lire les informations disséminées dans l'environnement et de résoudre quelques énigmes relativement classiques.

Codes de salles, symboles à identifier, documents, objets particuliers ou informations trouvées dans les différentes pièces viennent ainsi ponctuer l'exploration. Rien de révolutionnaire pris individuellement, mais ces petites énigmes ont une fonction importante : elles obligent le joueur à observer cet univers plutôt qu'à simplement traverser une succession de dialogues.

Et dans un jeu où la découverte progressive du fonctionnement de la communauté semble être au centre de l'expérience, c'est probablement la bonne approche.

Une démo qui accomplit précisément sa mission

Une bonne démo n'a pas besoin de tout montrer. Elle doit surtout provoquer une réaction extrêmement simple : "Je veux voir la suite." C'est précisément ce que réussit NAME OF THE WILL. Au terme de cette première approche, énormément de questions restent ouvertes. Qui est réellement 3279 ? Pourquoi se trouve-t-il à HOPE ? Jusqu'où s'étend le contrôle de cette communauté ? Que cache réellement cette doctrine de "l'espoir" ? Jusqu'où le jeu permettra-t-il de se conformer ou au contraire de résister ? Et surtout : quelles seront les conséquences de ces choix ?

La démo parvient à susciter cette curiosité sans donner l'impression d'avoir déjà dévoilé son jeu. C'était l'une des grandes qualités ressenties lors de sa découverte et cela reste aujourd'hui l'une de ses principales forces. Le fait qu'un projet dont la première démo remonte à 2022 vise désormais une sortie en 2027 témoigne également d'un développement particulièrement long. Ce n'est évidemment pas une garantie de qualité, mais Zeitgeist Studio a encore plusieurs mois pour peaufiner une proposition dont les fondations sont déjà particulièrement intéressantes.

    Notre avis provisoire : NAME OF THE WILL sait déjà nous mettre profondément mal à l'aise

    NAME OF THE WILL fait partie de ces jeux dont l'intérêt devient beaucoup plus évident lorsqu'on commence réellement à y jouer. Visuellement, il ne cherche pas la prouesse technique. Dans ses mécaniques, il utilise pour le moment des éléments relativement classiques d'aventure narrative et d'énigmes. Pourtant, l'association de ces différents éléments avec son univers donne naissance à quelque chose de beaucoup plus singulier. Parce que le véritable adversaire ne semble pas être une créature. C'est HOPE elle-même.

    Ses règles. Ses sourires. Son besoin permanent de conformité. Cette façon de faire progressivement accepter l'inacceptable en le transformant simplement en nouvelle norme. Oui, le jeu est malaisant. Oui, certaines situations sont difficiles. Mais c'est précisément ce qu'il cherche à provoquer. Et lorsqu'un jeu d'horreur psychologique réussit déjà, en quelques dizaines de minutes, à faire naître une véritable sensation d'inconfort tout en donnant immédiatement envie de comprendre ce qui se cache derrière son univers, une bonne partie du travail est accomplie.

    NAME OF THE WILL reste donc l'un des titres indépendants découverts à la Gamescom qui nous intrigue le plus.

    Maintenant, une seule chose compte : savoir jusqu'où Zeitgeist Studio est prêt à pousser son concept.

    Réponse prévue au premier trimestre 2027.

     

     

    Par Otakufan