Tokyo Game Show 2026 : Square Enix dégaine un line-up colossal porté par Final Fantasy VII Revelation et Kingdom Hearts IV

Publié le 23 septembre 2026 à 16:46

L’événement était incontournable à la rentrée vidéoludique, qui a battu son plein. Du 17 au 20 septembre 2026, le salon du Tokyo Game Show (TGS) a ouvert ses portes au Japon et concentré l'attention des joueurs du monde entier. Si de nombreux acteurs de l'industrie ont fait le déplacement, Square Enix a confirmé sa présence en dévoilant un catalogue de jeux extrêmement riche. Entre titres fondateurs, blockbusters ambitieux et l'officialisation en filigrane d'un fort soutien à la prochaine génération de consoles Nintendo, l'éditeur japonais a décidé de frapper un grand coup.

L'artillerie lourde : Final Fantasy et Kingdom Hearts en tête d'affiche

C'est la nouvelle qui avait d'ores et déjà enflammé la sphère vidéoludique : le prochain chapitre majeur de l'univers de Cloud Strife, baptisé Final Fantasy VII Revelation, a été non seulement présenté, mais surtout a été jouable lors du salon. Il s'agit d'une annonce colossale, car elle marque une étape décisive dans le projet tentaculaire de refonte du septième épisode entamé il y a plusieurs années. Une aubaine inestimable pour les fans et la presse spécialisée qui ont pu enfin poser les mains sur ce titre très attendu et disséquer les éventuelles nouveautés du système de combat hybride qui a fait la renommée du Remake et de Rebirth. Prévu pour avril 2027 sur PS5, Xbox Series, PC et sur la très discutée "Switch 2", ce nouvel opus promet de pousser les capacités matérielles dans leurs retranchements, tout en poursuivant l'audacieuse réécriture narrative initiée par les équipes de Yoshinori Kitase. Les spéculations vont d'ailleurs bon train concernant les pans de l'histoire originelle qui sont explorés dans cette mouture jouable au salon.

L'autre fer de lance de ce line-up, et non des moindres, n'a été autre que Kingdom Hearts IV. Si Square Enix s'est montré un peu plus conservateur quant à la nature exacte de sa présentation, le jeu n'y a fait qu'une "apparition", suggérant un nouveau trailer plutôt qu'une version jouable, sa simple évocation a suffit à créer une effervescence monstre. Ce quatrième épisode canonique marquera le début de "l'Arc du Maître Perdu", plongeant Sora, Donald et Dingo dans un univers visuellement déroutant et bien plus réaliste, aux antipodes du style cartoon traditionnel, avec un premier monde très urbain nommé Quadratum.

Mais pour préparer le terrain de cette suite très attendue sur consoles de dernière génération et PC, la franchise a eu la brillante idée de s'offrir une belle mise en bouche. L'éditeur met en avant la sortie d'une vaste compilation, sobrement intitulée Kingdom Hearts Collection [I et III]. Cette anthologie, attendue sur PS5, Xbox Series, PC et, fait notable, sur Switch 2, regroupera tous les épisodes majeurs de la série. C’est une démarche particulièrement bienvenue pour les nouveaux joueurs souhaitant rattraper une intrigue réputée pour sa densité et sa complexité avant de plonger dans le quatrième volet, tout en permettant aux vétérans de retrouver ces mondes interconnectant les univers de Disney et de Square Enix avec une fluidité technique optimale.


Dragon Quest : Le roi du J-RPG occupe le terrain

Difficile d’évoquer la présence de Square Enix au Japon sans parler de sa franchise historique, la mythique saga Dragon Quest, qui s’est arrogé d'ailleurs la part du lion dans ce programme avec pas moins de cinq productions distinctes. L'éditeur entendait bien couvrir tout le spectre de sa communauté de fans en s'attaquant à la fois à ses origines avec le septième opus, titré Dragon Quest VII Reimagined. Bien que cette réinterprétation magistrale soit déjà disponible depuis février dernier sur PS5, Xbox Series, Switch, l'inédite Switch 2 et PC, ce classique dépoussiéré a continué de s'offrir une place de choix sur les stands pour séduire un nouveau public.

Parallèlement, l'éditeur continue d'abreuver le marché de ses spin-offs à succès avec Dragon Quest Monsters: The Withered World, le tout nouveau volet de la célèbre série dérivée axée sur la capture et l'élevage de monstres, lui aussi prévu pour une sortie multiplateforme massive incluant les consoles PlayStation, Xbox, les deux écosystèmes Switch et le PC. Ce déploiement majeur confirme également la stratégie de l'entreprise de soutenir fermement la future console de Nintendo, comme en témoigne la présence remarquée de Dragon Quest XI S: Echoes of an Elusive Age, Definitive Edition listé spécifiquement pour la Switch 2. Enfin, l'éditeur n'oublie pas l'imposante manne financière du jeu à service et du marché nomade, en présentant simultanément Dragon Quest X Online, son increvable MMORPG dans ses versions PS4, Switch et PC, ainsi que son incursion mobile Dragon Quest Smash/Grow (iOS/Android), annoncée l'an passé et mélangeant l'univers de la franchise à des mécaniques de type "survivant", prouvant que la licence compte bien régner en maître sur toutes les plateformes.


Un univers étendu entre MMORPG, spin-offs et marché mobile

Le reste du catalogue confirme la volonté stratégique de l'éditeur nippon d'occuper absolument tous les segments du marché, de la console de salon surpuissante au smartphone, en passant par les machines hybrides. L'inusable Final Fantasy XIV, qui rassemble aujourd'hui l'une des communautés les plus actives et dévouées du monde du MMORPG, a été mise évidemment mis à l'honneur. Square Enix y a présenté Evercold, qui s'apparente à la prochaine extension massive ou mise à jour majeure du titre. La véritable prouesse réside dans sa volonté de ratisser extrêmement large : au-delà des traditionnelles versions PS5, Xbox Series, PS4 et PC, cette itération marquera l'arrivée très attendue du MMO sur la Switch 2. L'éditeur promet ainsi de fait une portabilité inédite pour les aventuriers d'Éorzéa, un défi technique de taille pour un monde persistant de cette envergure.

Du côté des jeux traditionnels, les visiteurs du salon ont pu également découvrir de nouvelles propositions, à l'image de Final Fantasy Resonance. Attendu pour le 22 octobre 2026, ce RPG au tour par tour en HD-2D, codéveloppé avec Lancarse, sortira sur la totalité du parc installé (PS5, Xbox Series, Switch), sur PC, ainsi que sur la future Switch 2. Il laisse présager un titre misant davantage sur une direction artistique léchée et une identité visuelle forte plutôt que sur une course effrénée au photoréalisme. C'est d'ailleurs souvent par ce biais, en privilégiant l'esthétique et la profondeur mécanique à la force brute matérielle, que les spin-offs parviennent à s'affranchir des limitations techniques pour proposer des expériences mémorables.

Enfin, Square Enix n'oublie pas la rentabilité redoutable du marché tactile. Les possesseurs de smartphones sous iOS et Android pourront s'essayer à Dissidia Duellum Final Fantasy. Cette nouvelle déclinaison mobile du célèbre jeu de combat en arène de l'éditeur mettra une fois de plus en scène les héros et antagonistes emblématiques de la franchise. Le gameplay devrait être repensé et optimisé pour les interfaces tactiles, favorisant des affrontements dynamiques et de courtes sessions de jeu. Une stratégie de diversification exhaustive qui prouve que la firme sait parfaitement jongler entre les épopées narratives au long cours et les expériences de jeu plus instantanées.


L'avis du rédacteur

Ce line-up dévoilé par Square Enix pour le TGS 2026 est, disons-le franchement, une véritable déclaration de force. On sent une stratégie très claire : rassurer son public en s'appuyant massivement sur les trois piliers historiques de la maison que sont Final Fantasy, Dragon Quest et Kingdom Hearts. La possibilité de pouvoir jouer à "Final Fantasy VII Revelation" est un énorme coup marketing qui monopolise l'attention et les allées du salon.

Étant particulièrement attachée à la direction artistique et à la profondeur narrative dans les jeux, je ne peux qu'être interpellée par des propositions comme "Final Fantasy Resonance", qui prouvent que le studio tente d'équilibrer ses remakes flamboyants ultra-réalistes avec le développement d'histoires privilégiant un cachet visuel fort et assumé.

Toutefois, le détail le plus fascinant de cette annonce reste commercial. En listant ouvertement la "Switch 2" comme plateforme d'accueil pour la quasi-totalité de ses blockbusters, Square Enix officialise un soutien total et absolu au prochain hardware de Nintendo, là où la première Switch n'avait souvent eu droit qu'à des portages tardifs ou à des jeux mineurs. L'ambition est immense.

Seul bémol dans cette partition qui frise le sans-faute : avec une telle avalanche de titres, l'éditeur prend le risque de saturer son propre calendrier et de noyer certaines sorties sous le poids des autres. Reste que la promesse est tenue, d'autant que l'événement s'inscrit dans la continuité d'une fin d'été particulièrement riche, à l'image de ma couverture de la Gamescom le mois dernier. Le Tokyo Game Show 2026 s'impose définitivement comme un temps fort incontournable pour "Petits Gamers Magazine".

Par Erodi Shijin