Titre du film : Resident Evil (2026)
Date de sortie (France) : 16 septembre 2026 au cinéma
Réalisateur : Zach Cregger (Barbare, Évanouis / Weapons)
Scénaristes : Zach Cregger et Shay Hatten (John Wick 3 & 4)
Production : Constantin Film, PlayStation Productions, Sony / Columbia Pictures.
Durée : 1 h 37 (97 minutes)
Classification France : Interdit aux moins de 12 ans
Après six films portés par Milla Jovovich et une poignée de séries aux retours mitigés, la saga culte du jeu vidéo revient sur grand écran en 2026 avec une approche inédite. Créé en 1996 sur consoles PlayStation et Sega Saturn, Resident Evil (Biohazard au Japon) s'inspirait des classiques du cinéma d'horreur des années 80 et 90.
Son postulat de départ est devenu un grand classique de la pop culture : la fuite d'un dangereux agent pathogène, le « Virus-T », qui transforme les infectés en créatures assoiffées de chair humaine, sur fond de conspiration industrielle et de cupidité de l'industrie pharmaceutique.
Si ce nouveau long-métrage reprend l'ambiance et les grandes lignes du jeu original… ce n'est pas du tout comme vous l'imaginez !
Une ambiance plus légère sous un fond serieux
Ce nouvel opus nous plonge d'emblée dans une ambiance plus légère, portée par un protagoniste bien loin du charisme habituel d'un Leon S. Kennedy. On découvre plutôt un héros jeune, immature et peu sûr de lui : adieu les muscles, place au système D ! Notre coursier maladroit enchaîne d'ordinaire les livraisons d'organes en urgence pour boucler ses fins de mois.
C'est sans compter la proposition très spéciale qu'il reçoit ce soir-là : le double de sa paie pour livrer un colis particulier dans une ville isolée au cœur des montagnes… Raccoon City. Mais sur les hauteurs, au cours de ce trajet déjà risqué, il percute une femme. À partir de cet instant, sa vie bascule dans un véritable cauchemar — et le mot est faible.
Un style qui casse les codes !
Le film enchaîne les moments de légèreté où l'on a du mal à prendre la scène ou le personnage au sérieux. On sursaute évidemment, mais on se surprend parfois à rire aux éclats — un contraste particulièrement inattendu pour la franchise Resident Evil. Plus l'intrigue avance, plus la maladroite comédie du coursier cède sa place à une horreur parfois très gore. Les tripes et les organes finissent par se mêler à ce ton décalé : le grotesque prend alors le dessus sur la crédibilité d'un scénario pourtant relativement fidèle au jeu vidéo de référence.
Mise en scène et musique : une harmonie sanglante
Tout dans ce film respire la maîtrise. Le réalisateur gère à merveille le rythme, souvent effréné, et propose des mouvements de caméra qui rappellent directement notre jeu préféré. Les clin d'œil avec les clés, la gestion des armes et des munitions, la fameuse machine à écrire et bien d'autres références à la saga culte sont bel et bien de la partie. La musique et l'habillage sonore épousent parfaitement cette atmosphère si particulière : on se cramponne à son siège en redoutant le moindre sursaut. On fait corps avec le personnage principal, on s'identifie à lui et l'on ressent toute sa terreur, même si lui conserve un calme étonnant face aux événements surréalistes qu'il traverse.
Alors, où est l'erreur dans l'horreur ?
Malgré une mise en scène très réussie, une ambiance maîtrisée, un acteur principal crédible et un scénario léger mais correct, le film manque d'un petit quelque chose pour marquer les esprits. Il aurait tout aussi bien pu s'appeler Dead Rising, La Nuit des morts-vivants ou Evil Dead. L'identité propre à Resident Evil n'y est pas vraiment palpable : le long-métrage ressemble à beaucoup de productions du genre avec son ton volontairement « gore-tesque ». Sous un autre nom, ce serait un film sympathique, sans grandes ambitions. Mais affublé d'un titre au patrimoine aussi lourd, il va forcément en décevoir plus d'un. Les fans inconditionnels de la saga ne s'y retrouveront pas. Les zombies prêtent parfois à sourire, même si un effort a été fait pour en rapprocher certains de ceux croisés dans les jeux. Malheureusement, cela ne suffit pas à recréer l'atmosphère attendue, tout particulièrement si peu de temps après la sortie du jeu Resident Evil Requiem, lui-même très cinématographique.
Verdict : Un film divertissant, gore et drole mais ...
Si vous attendiez un véritable hommage au jeu vidéo, vous risquez d'être déçus. En revanche, si le nom de Resident Evil et son héritage ne vous tiennent pas particulièrement à cœur, vous passerez un bon moment entre humour, sursauts et scènes gores. Le film tente un style qui ne colle pas vraiment à l'ADN de la franchise, même si de nombreux efforts ont été faits à travers des clins d'œil et des séquences que les connaisseurs apprécieront. Malheureusement, ces références sont mal amenées et trop rares pour imposer une atmosphère qui, sans être un échec total, ne rappelle jamais vraiment le jeu. L'humour omniprésent fait parfois trop parodique. On sent que le réalisateur n'est pas lui-même un joueur assidu de Resident Evil, mais plutôt un admirateur distant de son univers, sans l'implication qu'aurait eue un passionné. C'est finalement là que le film pêche, et ce ne sont pas quelques répliques démago du style « c'est trop bien d'être un gamer ! » qui suffiront à séduire un public exigeant. Un long-métrage qui s'appréciera tout autant dans son canapé qu'en salle, où le prix du billet ne se justifie pas vraiment — même si une suite reste probable au vu d'une fin particulièrement précipitée.
Mon ressenti :
J'ai aimé en 5 points
- La mise en scène particulièrement réussi
- La prise de risque avec le ton humoristique
- Le scénario de base du jeu vidéo relativement respecté
- La bande son horriblement efficace
- Un rythme intense et sans lenteurs
J'ai moins aimé en 5 points
- L'humour et le gore trop présent pour un Resident Evil
- Des libertés bien trop éloignées du jeu
- Les fans risque d'être décus
- Un film trop parodique à la limite du grotesque
- Une fin peu travaillée qui nous laisse sur notre faim